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Natation - Pauline Lacroix, championne de France sur 200 m : "J’ai la chance d’avoir une coach exceptionnelle"


Christophe Giudicelli le Dimanche 25 Janvier 2026 à 18:58

Récompensée aux Trophées des sports 2025 décernés par l'Ujsf Corse, la nageuse insulaire Pauline Lacroix, 15 ans, licenciée au club 2B Natation, a marqué la saison par ses performances nationales et internationales. Double championne de France jeunes sur 100 et 200 mètres dos et médaillée d’argent en Coupe du monde jeunes avec l’équipe de France, la jeune nageuse brille malgré des conditions d’entraînement limitées sur l’île.



Natation : rencontre avec Pauline Lacroix, la jeune Bastiaise championne de France sur 200 m
Natation : rencontre avec Pauline Lacroix, la jeune Bastiaise championne de France sur 200 m
– Un prix qui récompense une saison remarquable ?
– Oui, clairement. D’autant plus que mon club est très récent : il n’a que deux ans. Être récompensée dans ces conditions, avec les moyens dont on dispose, c’est forcément gratifiant. Cela valorise le travail accompli et met aussi en lumière un sport qui reste peu visible.

– La natation n’est pas un sport majeur en Corse. Vous évoquez souvent le manque d’installations, notamment l’absence de piscine olympique. Pourtant, les résultats sont là…
– Sur le continent, les nageuses de mon âge s’entraînent entre 20 et 25 heures par semaine. Moi, je suis à 12 heures. Elles ont une à deux séances de musculation hebdomadaires, contre une seule pour moi, et bénéficient de préparateurs physiques dédiés. Forcément, on part avec un handicap. Mais on s’accroche, et heureusement, on est bien entourés.

– Comment compense-t-on ce déficit au quotidien ?
– J’ai la chance d’avoir une coach exceptionnelle. Elle sait que le temps qu’on ne passe pas dans l’eau doit être récupéré autrement. On fait de la musculation, de la course à pied, on cherche en permanence des solutions. Elle sait gérer ça, elle est formée pour.

– En compétition, faut-il aussi “compenser” davantage pour performer ?
– Oui, clairement. On n’a pas de bassin de 50 mètres à l’entraînement et, en plus, il faut souvent prendre l’avion pour les compétitions. Les jambes sont vite lourdes. Il faut retrouver ses repères : passer d’un bassin de 25 à un bassin de 50 mètres change tout. Les sensations ne sont pas les mêmes, l’effort doit être géré différemment. C’est ce qu’on travaille en permanence à l’entraînement : l’adaptation.

– On a pourtant le sentiment qu’une génération de nageurs corses émerge avec un bon niveau.
– C’est particulièrement vrai en natation synchronisée, avec des résultats visibles aux championnats de France et même au niveau mondial. En natation course, on était plus discrets. L’arrivée de ma coach a changé les choses : elle nous a ouvert les portes du haut niveau et donné les moyens d’y croire.

– Rendre ces performances plus visibles peut-il accélérer le développement des infrastructures ?
– Le projet d’un bassin de 50 mètres a été débattu pendant des années, sans aboutir pour l’instant. Mais nos résultats sont un argument supplémentaire. Ils montrent qu’on a besoin de créneaux d’entraînement le matin, de salles de musculation, d’infrastructures adaptées pour élever le niveau en Corse.

– Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?
– L’an prochain, j’espère partir. C’est la suite logique. Si je reste, je ne pense pas pouvoir bénéficier de meilleures conditions. Mon objectif, c’est de participer aux championnats d’Europe et, pourquoi pas un jour, de viser les Jeux olympiques.