Elle a été découverte par hasard à la fin du XIXe siècle à Grossa, près de Sartène. Témoin de l’occupation du Néolithique moyen en Corse, la statuette préhistorique dite de Campu Fiureddu a depuis bien longtemps quitté l’île. Mais la demande d’un retour chez elle de ce trésor inestimable se fait insistante depuis quelques années. À l’occasion de la séance de questions orales de la session de l’Assemblée de Corse du 30 janvier, le conseiller territorial de Core in Fronte, Jean-Noël Profizi, a souligné qu’à l’automne 2023, la mise en ligne d’une pétition pour le retour en Corse de cette Vénus préhistorique de 7 cm de haut « avait relancé l’attrait pour cet objet archéologique » et recueilli plus d’un millier de signatures.
Rappelant que la statuette est la propriété du British Museum depuis 1927, après avoir été achetée par un paléontologue anglais, l’élu a indiqué qu’une découverte importante a été réalisée en 2024. « Une équipe de chercheurs corses et anglais a localisé une nouvelle statuette au musée de Cambridge. Celle-ci serait l'originale, acquise dès 1926. Celle du British Museum n'aurait été qu'une copie de travail réalisée par le fameux paléontologue », a-t-il détaillé en constatant qu’aujourd’hui les deux objets « ne sont plus exposés et se trouvent dans les réserves de ces musées ». Or, a-t-il argué « ces deux statuettes participent du patrimoine archéologique et culturel de la Corse » et constituent « un témoignage emblématique de notre histoire très ancienne ». Dans la même ligne, l’élu a en outre regretté que « plusieurs milliers d’objets archéologiques provenant de Corse dorment dans les réserves des musées français et européens ».
S’il convient que « le débat sur la restitution des biens culturels », bien que légitime est juridiquement complexe – en témoignent les interpellations du député Paul-André Colombani en 2019 et des sénateurs Jean-Jacques Panunzi et Paulu Santu Parigi en 2023 « restées lettres mortes » - Jean-Noël Profizi ne désespère pas pour autant que les deux statuettes – la vraie et la copie - puissent un jour retrouver le chemin de l’île. « Des solutions alternatives simples à mettre en œuvre, comme le transfert, la donation, le prêt à long terme ou le dépôt provisoire, existent », a-t-il glissé en insistant : « Il est de notre devoir que ces deux statuettes puissent être exposées au public dans les musées archéologiques de Sartène ou de Levie ».
Dans ce droit fil, il a noté qu’« en novembre 2023, l’Exécutif annonçait un partenariat avec le British Museum pour le prêt et l’exposition en Corse de la statuette», bien que « deux ans après, cet objet n'est toujours pas revenu en Corse ». « Où en est le partenariat avec le British Museum, annoncé fin 2023, pour faire en sorte que la statuette de Campu Fiureddu revienne en Corse, précisément un siècle après sa disparition ? », a-t-il de facto interrogé l’Exécutif.
En réponse, Anne-Laure Santucci, conseillère exécutive en charge de la culture et du patrimoine, a confié que « ce sujet a été abordé très récemment » lors d’une visite de terrain avec les équipes de la Direction du patrimoine et du musée d’archéologie de la Corse à Sartène. « La question du retour en Corse de la statuette, comme d’autres éléments de notre patrimoine, fait partie des préoccupations qui m’animent depuis ma prise de fonction », a-t-elle assuré.
Concernant spécifiquement la statuette de Campu Fiureddu, elle a rappelé que « l’intérêt de la Collectivité de Corse pour son retour, même temporaire, n’est pas nouveau ». Pour preuve, une première demande de prêt dans les années 2000 avait été refusée. En 2024, les choses avaient semblé s’accélérer puisqu’« un accord avait été trouvé pour un prêt court, au musée de l'Alta Rocca, suivi d'un prêt long au musée d'archéologie de la Corse à Sartène ». « Ce projet avait d'ailleurs bénéficié d'un arrêté d'insaisissabilité délivré par le ministère de la culture. Toutefois, les démarches ont dû être interrompues en raison du coût très élevé de ce transport imposé par le musée prêteur », a-t-elle expliqué.
Précisant que les deux statuettes sont « détenues légalement » et « inaliénables », excluant toute restitution juridique, Anne-Laure Santucci a néanmoins confirmé que « cela n’empêche pas d’envisager un prêt de longue durée ». Les services de la Collectivité de Corse, en lien avec le ministère de la Culture, travaillent d’ailleurs actuellement « au renouvellement d’une demande de prêt long portant sur les deux statuettes ». « Nous avons des éléments qui nous permettent de penser que cette démarche aboutira très prochainement », a-t-elle glissé.
Plus loin, Anne-Laure Santucci a tenu à mettre en exergue qu’au-delà des contraintes juridiques, l’enjeu dépasse la seule question muséale. « Si restituer signifie rendre un bien à son propriétaire, alors le retour de ces objets emblématiques est un acte de reconnaissance. Reconnaissance envers notre histoire, notre mémoire collective et notre capacité à la transmettre », a-t-elle insisté, évoquant « un véritable enjeu de souveraineté culturelle ».
Rappelant que la statuette est la propriété du British Museum depuis 1927, après avoir été achetée par un paléontologue anglais, l’élu a indiqué qu’une découverte importante a été réalisée en 2024. « Une équipe de chercheurs corses et anglais a localisé une nouvelle statuette au musée de Cambridge. Celle-ci serait l'originale, acquise dès 1926. Celle du British Museum n'aurait été qu'une copie de travail réalisée par le fameux paléontologue », a-t-il détaillé en constatant qu’aujourd’hui les deux objets « ne sont plus exposés et se trouvent dans les réserves de ces musées ». Or, a-t-il argué « ces deux statuettes participent du patrimoine archéologique et culturel de la Corse » et constituent « un témoignage emblématique de notre histoire très ancienne ». Dans la même ligne, l’élu a en outre regretté que « plusieurs milliers d’objets archéologiques provenant de Corse dorment dans les réserves des musées français et européens ».
S’il convient que « le débat sur la restitution des biens culturels », bien que légitime est juridiquement complexe – en témoignent les interpellations du député Paul-André Colombani en 2019 et des sénateurs Jean-Jacques Panunzi et Paulu Santu Parigi en 2023 « restées lettres mortes » - Jean-Noël Profizi ne désespère pas pour autant que les deux statuettes – la vraie et la copie - puissent un jour retrouver le chemin de l’île. « Des solutions alternatives simples à mettre en œuvre, comme le transfert, la donation, le prêt à long terme ou le dépôt provisoire, existent », a-t-il glissé en insistant : « Il est de notre devoir que ces deux statuettes puissent être exposées au public dans les musées archéologiques de Sartène ou de Levie ».
Dans ce droit fil, il a noté qu’« en novembre 2023, l’Exécutif annonçait un partenariat avec le British Museum pour le prêt et l’exposition en Corse de la statuette», bien que « deux ans après, cet objet n'est toujours pas revenu en Corse ». « Où en est le partenariat avec le British Museum, annoncé fin 2023, pour faire en sorte que la statuette de Campu Fiureddu revienne en Corse, précisément un siècle après sa disparition ? », a-t-il de facto interrogé l’Exécutif.
En réponse, Anne-Laure Santucci, conseillère exécutive en charge de la culture et du patrimoine, a confié que « ce sujet a été abordé très récemment » lors d’une visite de terrain avec les équipes de la Direction du patrimoine et du musée d’archéologie de la Corse à Sartène. « La question du retour en Corse de la statuette, comme d’autres éléments de notre patrimoine, fait partie des préoccupations qui m’animent depuis ma prise de fonction », a-t-elle assuré.
Concernant spécifiquement la statuette de Campu Fiureddu, elle a rappelé que « l’intérêt de la Collectivité de Corse pour son retour, même temporaire, n’est pas nouveau ». Pour preuve, une première demande de prêt dans les années 2000 avait été refusée. En 2024, les choses avaient semblé s’accélérer puisqu’« un accord avait été trouvé pour un prêt court, au musée de l'Alta Rocca, suivi d'un prêt long au musée d'archéologie de la Corse à Sartène ». « Ce projet avait d'ailleurs bénéficié d'un arrêté d'insaisissabilité délivré par le ministère de la culture. Toutefois, les démarches ont dû être interrompues en raison du coût très élevé de ce transport imposé par le musée prêteur », a-t-elle expliqué.
Précisant que les deux statuettes sont « détenues légalement » et « inaliénables », excluant toute restitution juridique, Anne-Laure Santucci a néanmoins confirmé que « cela n’empêche pas d’envisager un prêt de longue durée ». Les services de la Collectivité de Corse, en lien avec le ministère de la Culture, travaillent d’ailleurs actuellement « au renouvellement d’une demande de prêt long portant sur les deux statuettes ». « Nous avons des éléments qui nous permettent de penser que cette démarche aboutira très prochainement », a-t-elle glissé.
Plus loin, Anne-Laure Santucci a tenu à mettre en exergue qu’au-delà des contraintes juridiques, l’enjeu dépasse la seule question muséale. « Si restituer signifie rendre un bien à son propriétaire, alors le retour de ces objets emblématiques est un acte de reconnaissance. Reconnaissance envers notre histoire, notre mémoire collective et notre capacité à la transmettre », a-t-elle insisté, évoquant « un véritable enjeu de souveraineté culturelle ».
(Photo : association Arcu di Sapè)










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