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Corse-du-Sud : des associations dénoncent l’enterrement de procédures pour infractions environnementales


La rédaction le Lundi 19 Janvier 2026 à 19:16

Un collectif d’associations de protection de l’environnement affirme que plusieurs procédures judiciaires ouvertes par le parquet d’Ajaccio pour des infractions environnementales graves en Corse-du-Sud auraient été bloquées, étouffées ou abandonnées sans explication.



Corse-du-Sud : des associations dénoncent l’enterrement de procédures pour infractions environnementales
Les associations Global Earth Keeper, Agir pour le Vivant et les Espèces Sauvages, le Groupe National de Surveillance des Arbres, l’Association Nationale pour la Biodiversité, la Société Herpétologique de France, la fondation Planeta, l’Association Herpétologique de Provence Alpes Méditerranée et Nature Right disent s’inquiéter d’une remise en cause de l’application du droit de l’environnement dans le département.

Selon elles, plusieurs enquêtes pénales ouvertes en 2019 et 2020 portaient sur des atteintes graves à des espèces protégées et à des milieux naturels. Elles évoquent notamment la destruction, sans autorisation, d’habitats de tortues d’Hermann à Ajaccio, Mezzavia et Bastelicaccia, ainsi que la mort d’une cinquantaine d’individus sur un chantier ajaccien. Le collectif cite également des infractions à la législation sur l’eau à Porto, avec du béton déversé dans le lit mineur du fleuve.

Les associations affirment avoir effectué des signalements étayés et que des constats formels ont été réalisés, mais disent avoir ensuite constaté l’absence de suites judiciaires.

Le collectif interpelle aujourd’hui le procureur de la République d’Ajaccio afin d’obtenir des explications sur ces dossiers ouverts à l’époque par le procureur Éric Bouillard. Il saisit également l’Office français de la biodiversité (OFB), auquel il demande de préciser son rôle dans le suivi de ces procédures.

Dans une lettre ouverte, les associations réclament davantage de transparence, la communication des motifs d’abandon des enquêtes, la désignation de référents dédiés au sein du parquet et de l’OFB, et l’application, selon elles, rigoureuse du droit de l’environnement afin d’éviter toute impunité.

« La protection de la nature ne peut être effective que si la loi est appliquée à tous », affirment les représentants du collectif.