Il aura fallu près d'un mois de réflexion pour que Frédéric Ferrandez tranche. Très marqué par la relégation du GFCA Volley en Ligue B, l'entraîneur ajaccien avait sérieusement envisagé de tourner la page. Finalement, celui qui dirige l'équipe première depuis 2006 a décidé de prolonger son aventure d'une saison supplémentaire, avec la volonté de participer à la reconstruction d'un club fragilisé par les difficultés financières et sportives traversées ces derniers mois. Au lendemain de la descente, le technicien ne cachait pourtant pas son profond découragement. « Je ne me voyais pas repartir. J'avais énormément de questionnements et je pensais que c'était peut-être le moment de m'arrêter », confie-t-il. Une réflexion qu'il mûrissait depuis quelque temps déjà, renforcée par une saison éprouvante sur tous les plans.
Mais son attachement au Gazélec a finalement pris le dessus. « Ça reste une passion, ça reste mon club. Je ne veux pas l'abandonner dans cette situation. » Surtout, la forte volonté exprimée par les dirigeants, le staff et son entourage de le voir poursuivre l'aventure a pesé dans sa décision. « J'ai senti que ce n'était pas le moment de lâcher. Tout le monde souhaitait que je reste. Alors j'ai coupé pendant un mois, sans parler volley, pour prendre la bonne décision. »
Une relégation toujours difficile à accepter
Plusieurs semaines après la fin de la saison, Frédéric Ferrandez admet avoir encore du mal à digérer cette relégation, qu'il juge profondément injuste sur le plan sportif. Le GFCA avait pourtant assuré son maintien sur le terrain malgré une saison jalonnée d'obstacles : retrait de trois points, départ contraint de certains joueurs, effectif diminué et pression permanente liée aux difficultés budgétaires du club. « Sportivement, on s'est maintenus. Malgré toutes les sanctions, malgré les difficultés, on a réussi à rester en Ligue A. C'était un énorme exploit. »
Pour le technicien, cette saison aura surtout laissé des traces psychologiques. « Mentalement, c'était très difficile. Chaque semaine, il fallait trouver des solutions, faire progresser plus vite les jeunes, gérer une pression permanente. » Cette expérience doit désormais servir de leçon. « Les dirigeants aussi ont appris. Certains découvraient le haut niveau. Aujourd'hui, tout le monde sait ce qu'il faut faire pour éviter que cela se reproduise. »
Rebâtir avant de vouloir remonter
Le discours du coach est désormais clair : le GFCA ne doit pas se fixer comme obsession une remontée immédiate en Marmara SpikeLigue. Le club repartira avec un effectif largement renouvelé, composé de cinq à six joueurs professionnels entourés de nombreux éléments issus du centre de formation. « On a pratiquement tout changé. Il ne reste que quelques joueurs de la saison dernière. On a fait un recrutement intelligent, sans aucune folie, tout en respectant strictement notre budget. » Le coach ajaccien préfère parler de construction que d'accession. « L'objectif est d'intégrer le Final Four de Ligue B. Il n'y aura aucune pression pour remonter tout de suite. Il faut prendre le temps de reconstruire un club solide avant de penser à retrouver la Ligue A. » Une philosophie qu'il résume simplement : « Si un jour on remonte, ce sera parce qu'on l'aura mérité. »
Des inquiétudes sur les moyens du quotidien
Si l'effectif est désormais bouclé, plusieurs incertitudes demeurent autour des conditions de travail de l’équipe. Le retard dans le versement des subventions publiques a fortement fragilisé les finances du club, contraint de puiser dans ses fonds propres pour faire face à un découvert ayant atteint près de 100 000 euros. Cette situation pourrait avoir des conséquences directes sur le fonctionnement quotidien du groupe, notamment concernant les entraînements au Palatinu. « Aujourd'hui, les matches auront lieu au Palatinu. En revanche, on entend dire que certains entraînements pourraient être délocalisés. Ça m'inquiète un peu. Il y a encore une partie de flou. »
À 20 ans de présence sur le banc ajaccien, le technicien s'apprête donc à ouvrir un nouveau chapitre. Un exercice sans promesse de remontée immédiate, mais avec une ambition assumée : reconstruire patiemment un club plus stable, plus structuré et capable, à terme, de retrouver durablement l'élite du volley français. « Il faut d'abord bien penser les choses, bien structurer le club, être solides à tous les étages, du secteur amateur jusqu'au professionnel. C'est seulement ensuite que l'on pourra de nouveau regarder vers le haut. »
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