Ils ont choisi de prendre la parole à quelques heures du vote solennel de l’Assemblée nationale sur le projet de loi constitutionnelle relatif au statut d’autonomie de la Corse au sein de la République. Dans un communiqué, Ghjuvan Pé Susini, Nanou Battestini, Louis Sarocchi, Jo Peraldi et Petru Poggioli, anciens prisonniers politiques et figures historiques du mouvement nationaliste, livrent leur analyse du processus engagé autour de l'autonomie de la Corse.
Revenant d'abord sur leur parcours militant, ils rappellent que leur engagement remonte au début des années 1970, lorsque les mouvements régionalistes faisaient émerger la revendication d'une autonomie interne. Une revendication portée par A Chjama di u Castellare, puis reprise par l'ARC, et « la majorité des mouvements autonomistes d’alors ». « Nous sommes alors devenus nationalistes. Puis, après Aléria et la création du FLNC, chacun d’entre nous a suivi sa route, mais toujours dans une perspective de défense des droits du peuple corse sur sa terre », écrivent-ils.
Réunis à nouveau depuis 2015 au sein d'un groupe d' « anciens mais toujours militants de la cause corse », ils expliquent avoir décidé de soutenir la démarche engagée par l'État à partir de 2022, après l'assassinat d'Yvan Colonna et l'annonce par Gérald Darmanin de l'ouverture de discussions sur un statut d'autonomie, avec pour référence « le statut d’autonomie interne des autonomistes de l’avant-Aleria ». « Celle-ci n’avait rien à voir avec une décentralisation en France, ni une autonomie de simple gestion administrative. Pour notre groupe, la revendication du peuple corse sur sa terre et la défense et primauté des droits collectifs des Corses chez eux était et devait être l’axe central et la colonne vertébrale de tout nouveau statut », martèlent-ils.
" Nous avons été agacés, outrés, choqués, en colère, voire dégoûtés par le mépris et le peu de considération portés à notre peuple et à son combat d'émancipation "
Dans ce droit fil, ils rappellent s’être ensuite positionnés en soutien de la motion majoritaire votée par la Collectivité de Corse et soulignent que si « l'autonomie n'est pas l'indépendance », elle doit pour leur part être assortie de « certains pouvoirs de légiférer (seul ou en co-législation avec le Gouvernement) dans de nombreux domaines susceptibles d’améliorer la situation économie et la vie au quotidien des Corse » afin de permettre aux institutions corses de répondre plus efficacement aux réalités de l'île.
Regrettant que les débats parlementaires autour du projet de loi constitutionnelle interviennent « après nombre de péripéties, de blocages, d'atermoiements, d'hésitations du Gouvernement français », ils disent par ailleurs avoir été profondément marqués par la teneur des échanges. « Au vu des débats, des interventions des uns et des autres, des propositions des différents partis et de leurs amendements, nous avons été agacés, outrés, choqués, en colère, voire dégoûtés par l'incompréhension, naturelle ou volontaire, la méconnaissance, voire le mépris et le peu de considération portés à notre peuple et à son combat d'émancipation », fustigent-ils en ciblant notamment le député de la 2e circonscription de Haute-Corse, François-Xavier Ceccoli, dont ils qualifient la position de « rétrograde, archaïque et réactionnaire frisant l'anti-corsisme, digne de l’ancienne CFR de jadis ».
Ils pointent en outre « le jeu trouble » du Rassemblement national et de La France insoumise à travers leurs amendements, reprochant au premier son texte sur la « préférence régionale », qualifié de « pernicieux », et au second un amendement qu'ils jugent « ambigu, voire inutile », estimant qu'il va à l'encontre de leur revendication de voir reconnaître « les droits prioritaires des Corses chez eux ».
" Si le statut final qui ne nous agrée pas, nous considérerons que cette démarche d’autonomie sera nulle et non avenue "
Indiquant qu'ils continueront à suivre « avec attention » les prochaines étapes du processus, des votes de l'Assemblée nationale et du Sénat à un éventuel Congrès puis un référendum, les « anciens » indiquent qu’ils donneront ensuite leur analyse finale sur la démarche, en prévenant : « Pour notre groupe, si ce cheminement-parcours du combattant conduit à un nouveau statut final qui ne nous agrée pas, - et la teneur de certains débats quant au contenu de ce statut envisagé, nous inquiètent -, au vu de tous les combats et sacrifices de tant de militants depuis le début, nous considérerons que cette démarche d’autonomie sera nulle et non avenue ». Et de conclure : « Le peuple corse devra alors reprendre et poursuivre le chemin du long combat pour l’émancipation, que nous accompagnerons, car notre foi, nos convictions et nos espoirs pour notre peuple et ses droits imprescriptibles et inaliénables sur sa terre, sont toujours là, même si le temps a passé et si nos vingt ans sont derrière nous ».
Revenant d'abord sur leur parcours militant, ils rappellent que leur engagement remonte au début des années 1970, lorsque les mouvements régionalistes faisaient émerger la revendication d'une autonomie interne. Une revendication portée par A Chjama di u Castellare, puis reprise par l'ARC, et « la majorité des mouvements autonomistes d’alors ». « Nous sommes alors devenus nationalistes. Puis, après Aléria et la création du FLNC, chacun d’entre nous a suivi sa route, mais toujours dans une perspective de défense des droits du peuple corse sur sa terre », écrivent-ils.
Réunis à nouveau depuis 2015 au sein d'un groupe d' « anciens mais toujours militants de la cause corse », ils expliquent avoir décidé de soutenir la démarche engagée par l'État à partir de 2022, après l'assassinat d'Yvan Colonna et l'annonce par Gérald Darmanin de l'ouverture de discussions sur un statut d'autonomie, avec pour référence « le statut d’autonomie interne des autonomistes de l’avant-Aleria ». « Celle-ci n’avait rien à voir avec une décentralisation en France, ni une autonomie de simple gestion administrative. Pour notre groupe, la revendication du peuple corse sur sa terre et la défense et primauté des droits collectifs des Corses chez eux était et devait être l’axe central et la colonne vertébrale de tout nouveau statut », martèlent-ils.
" Nous avons été agacés, outrés, choqués, en colère, voire dégoûtés par le mépris et le peu de considération portés à notre peuple et à son combat d'émancipation "
Dans ce droit fil, ils rappellent s’être ensuite positionnés en soutien de la motion majoritaire votée par la Collectivité de Corse et soulignent que si « l'autonomie n'est pas l'indépendance », elle doit pour leur part être assortie de « certains pouvoirs de légiférer (seul ou en co-législation avec le Gouvernement) dans de nombreux domaines susceptibles d’améliorer la situation économie et la vie au quotidien des Corse » afin de permettre aux institutions corses de répondre plus efficacement aux réalités de l'île.
Regrettant que les débats parlementaires autour du projet de loi constitutionnelle interviennent « après nombre de péripéties, de blocages, d'atermoiements, d'hésitations du Gouvernement français », ils disent par ailleurs avoir été profondément marqués par la teneur des échanges. « Au vu des débats, des interventions des uns et des autres, des propositions des différents partis et de leurs amendements, nous avons été agacés, outrés, choqués, en colère, voire dégoûtés par l'incompréhension, naturelle ou volontaire, la méconnaissance, voire le mépris et le peu de considération portés à notre peuple et à son combat d'émancipation », fustigent-ils en ciblant notamment le député de la 2e circonscription de Haute-Corse, François-Xavier Ceccoli, dont ils qualifient la position de « rétrograde, archaïque et réactionnaire frisant l'anti-corsisme, digne de l’ancienne CFR de jadis ».
Ils pointent en outre « le jeu trouble » du Rassemblement national et de La France insoumise à travers leurs amendements, reprochant au premier son texte sur la « préférence régionale », qualifié de « pernicieux », et au second un amendement qu'ils jugent « ambigu, voire inutile », estimant qu'il va à l'encontre de leur revendication de voir reconnaître « les droits prioritaires des Corses chez eux ».
" Si le statut final qui ne nous agrée pas, nous considérerons que cette démarche d’autonomie sera nulle et non avenue "
Indiquant qu'ils continueront à suivre « avec attention » les prochaines étapes du processus, des votes de l'Assemblée nationale et du Sénat à un éventuel Congrès puis un référendum, les « anciens » indiquent qu’ils donneront ensuite leur analyse finale sur la démarche, en prévenant : « Pour notre groupe, si ce cheminement-parcours du combattant conduit à un nouveau statut final qui ne nous agrée pas, - et la teneur de certains débats quant au contenu de ce statut envisagé, nous inquiètent -, au vu de tous les combats et sacrifices de tant de militants depuis le début, nous considérerons que cette démarche d’autonomie sera nulle et non avenue ». Et de conclure : « Le peuple corse devra alors reprendre et poursuivre le chemin du long combat pour l’émancipation, que nous accompagnerons, car notre foi, nos convictions et nos espoirs pour notre peuple et ses droits imprescriptibles et inaliénables sur sa terre, sont toujours là, même si le temps a passé et si nos vingt ans sont derrière nous ».
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