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Fin du fonds de solidarité : l'accueil mitigé des professionnels corses


Pierre-Manuel Pescetti le Mardi 31 Août 2021 à 20:04

Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a annoncé ce lundi 30 août la fin du fonds de solidarité généralisé le 30 septembre. Il sera poursuivi pour certains secteurs d’activité grâce à la mise en place d'un dispositif d'aides aux entreprises les plus en difficulté. La fin du « quoi qu’il en coûte » au profit d’aides plus ciblées, est tout à la fois salué et critiqué par les représentants du tissu économique insulaire.



Bruno Le Maire s'exprimant sur la fin du fonds de solidarité au ministère de l'Economie ce 30 août. Photo Twitter @BrunoLeMaire
Bruno Le Maire s'exprimant sur la fin du fonds de solidarité au ministère de l'Economie ce 30 août. Photo Twitter @BrunoLeMaire
Fini le « quoi qu’il en coûte ». Comme annoncé par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire ce 30 août, le dispositif d’aides généralisées prendra fin dès ce 30 septembre avec une prolongation pour certains secteurs d’activité. L'hôtellerie, la restauration, les parcs d'attractions, les salles de sport ou encore les cinémas vont avoir le droit à une prolongation du fonds de solidarité pour compenser leur perte de chiffre d'affaires à partir du 1er octobre. Mais pas sans conditions.

Après cela, c’est un nouveau dispositif qui prendra le relais, celui dit des coûts fixes. Chaque chef d'entreprise devra calculer la différence entre ses recettes et ses dépenses. Si l’entreprise se trouve en déficit, l'État remboursera à hauteur de 90% pour les petites entreprises et 70% pour les autres, après étude du dossier.

Pas totalement rassurés

« On annonce la fin du quoi qu’il en coûte mais pas celle du quoi qu’il en soit » se rassure Bernard Giudicelli, président régional de l’UMIH (Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie). S’il salue l’arrêt progressif des aides et le soutien des secteurs d’activités qu’il représente, la prudence est de mise. « Nous avons appris à être très prudents quant à la différence entre les annonces, les décrets et la réalité du terrain. Que se cache-t-il dans ce nouveau dispositif ? Pour l’instant c’est encore flou mais nous devrions avoir des éclaircissements dans quelques jours » ajoute Bernard Giudicelli.

Du côté du MEDEF le ton est plus incisif. Son président régional, Charles Zuccarelli aurait préféré « que le dispositif soit prolongé pour la Corse. Encore une fois, l’Etat ne prend pas en compte les spécificités de l’économie insulaire, bien que nous n’ayons de cesse de les leur rappeler ».

Croissance et saisonnalité

Si Bruno Le Maire justifie l’arrêt du dispositif par une croissance nationale plus que satisfaisante – elle devrait atteindre 6 % sur l’année 2021 – le constat n’est pas partagé par Charles Zuccarelli : « je doute qu’en Corse nous ayons des chiffres aussi bons ». Un doute expliqué selon lui par la forte dépendance de l’économie insulaire au tourisme, estimé à près de 30 % du PIB corse.

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Avec une saison en demi-teinte « ayant réellement débuté vers la mi-juillet » selon Charles Zuccarelli, le manque à gagner sera important pour la suite de l’année. « Si les entreprises liées au tourisme ne font pas une bonne saison c’est autant de retombées indirectes qui sont perdues pour l’ensemble de l’île, pour le reste de l’hiver. Quand on parle de 30 % de PIB, on parle de retombées directes, mais il faut penser aussi aux indirectes, aux investissements faits par les professionnels du tourisme pour préparer la saison d’après ou pour vivre tout l’hiver, tout simplement » expose Charles Zuccarelli.

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L’objectif maintenant est de garantir l’arrière-saison. « Nous aurions aimé que le dispositif soit prolongé pour garantir une certaine stabilité dans les derniers mois de la saison » explique Bernard Giudicelli. S’il va tout de même permettre de soutenir les entreprises les plus en difficulté, la plus grande crainte ne vient pas de tel ou tel dispositif d’aides, mais plutôt de l’incertitude de la situation sanitaire qui semble s’améliorer en France. Au contraire de certains pays étrangers, pourtant plus en avance sur la vaccination comme Israël.

Eviter la débâcle de l’automne 2020

Le spectre de l’arrêt brutal des activités fin octobre 2020, après un été passé sans encombre, reste ancré dans les esprits. « Il faut espérer une stabilité sanitaire pour éviter ce qui s’est passé l’année dernière » tente de se convaincre Bernard Giudicelli. Une stabilité au niveau national oui mais également international. « En septembre-octobre 2020, tout le nord de l’Europe nous considérait comme une zone à risque et a donc suspendu les rotations vers l’île. Ça a été une fin de saison très brutale » se remémore le président de l’UMIH.

À la différence que cette année, des dispositifs plus ciblés devraient permettre aux plus en difficulté de garder la tête hors de l’eau. Un dispositif faisant office de filet de sécurité qui rassure d’un côté, laisse craindre un rebond de l’épidémie de l’autre, mettant certains secteurs en grande difficulté. « Le filet de sécurité c’est bien, ne pas tomber c’est mieux » conclut Bernard Giudicelli.














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