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Plan France Relance : La Corse demande à Olivier Dussopt de tenir compte de la réalité insulaire


Pierre-Manuel Pescetti le Vendredi 27 Août 2021 à 19:08

Avant de s'envoler vers la cité impériale, ce vendredi 27 août, le ministre Olivier Dussopt tenait une réunion avec les élus et les acteurs du monde économique insulaire. L'occasion pour ces derniers de rappeler la nécessité d'adapter les dispositifs du Plan France Relance aux spécificités socio-économiques de la Corse qui pourrait être lésée par rapport aux autres régions métropolitaines. De l'écoute, mais pas d'assurance.



Le ministre Olivier Dussopt en discussion avec les élus corses et les représentants du monde économique insulaire. Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti
Le ministre Olivier Dussopt en discussion avec les élus corses et les représentants du monde économique insulaire. Crédits Photo : Pierre-Manuel Pescetti
En clôture de son étape cortenaise, le ministre délégué chargé des Comptes publics ,Olivier Dussopt, a rencontré, lors d'une réunion à huis-clos dans les locaux de la présidence de l’Université de Corse, les responsables des chambres consulaires, les représentants des fédérations professionnelles, les chefs d'entreprises et les élus corses, notamment le président de l'Exécutif, Gilles Simeoni.

L’occasion pour la Chambre de Commerce et d’Industrie de Corse de remercier le gouvernement pour les mesures d’aide déployées depuis le printemps 2020 visant à minimiser les effets de la crise sanitaire sur le monde économique. Des aides comme les PGE (Prêts Garantis par l’Etat), le fonds de solidarité, l’activité partielle et l’exonération de charges "chiffrées à près de 600 millions d’euros, rien qu’en Corse", selon le ministre Olivier Dussopt.

Place maintenant à l’avenir et à la reprise économique, fer de lance du plan France Relance. Si tous les acteurs sont d’accord sur la nécessité d’un coup de pouce de l’Etat, les avis divergent sur sa mise en place. Pour le président de l'Exécutif de la Collectivité de Corse, comme pour la CCI, le compte n’y est pas.

Un manque à gagner pour la Corse

Selon la CCI, « La Corse est la région métropolitaine la plus impactée économiquement par la crise » en raison de sa dépendance au tourisme qui représente 30 % du PIB de l’île.

D’autre part, « la principale mesure du Plan France Relance, les 20 milliards d’euros de baisse des impôts de production ne vont bénéficier à la Corse qu’à moitié ». Selon la CCI, la dernière estimation des retombées est de l’ordre de 0,22 % alors que le poids économique de l’île au niveau national représente le double, soit 0,5 % du PIB français. La faute à un ciblage de ces aides sur le secteur industriel, très peu développé en Corse.

Adapter le Plan France Relance à la réalité socio-économique insulaire

Fort de ce constat partagé, l'Exécutif corse et les chefs d’entreprises présents ont martelé la nécessité d'adapter les dispositifs nationaux à la réalité économique et sociale de la Corse en prenant en compte de ses spécificités. En ligne de mire pour l'Exécutif : les critères des appels à projets dans le cadre du Plan France Relance, totalement inadaptés à la réalité insulaire.

Autre sujet d'inquiétude : le Fonds national de transition que le gouvernement va mettre en place pour abonder les entreprises qui continueraient d’avoir des problèmes, mais les critères pressentis ne sont, là aussi, atteignables que par de grandes entreprises dont la taille est supérieure à celles de la majorité des entreprises de l'île. D’une même voix, élus et professionnels ont demandé au ministre de veiller à ce que toutes les entreprises corses, malgré leur petite taille, soient éligibles à ce dispositif.

Le ministre a estimé, cependant, qu’il n’y avait pas de problème concernant le PGE (Prêt garanti par l’Etat), mais ses interlocuteurs insulaires lui ont fait remarquer qu’il n’y en avait pas encore parce que les entreprises n’avaient pas encore commencé à rembourser. Le premier remboursement est prévu en mai 2022.

Les trois propositions de la CCI

Dans la foulée, le président de la CCI de Corse, Jean Dominici, a fait trois propositions au ministre.

La première concerne le traitement du Mur de dettes. La CCI demande de transformer au cas par cas les aides directes, de refinancer les entreprises grâce à des prêts participatifs et d'allonger les durées de remboursement. Autre point important, le retraitement des dettes sociales pour tenir compte de la dépendance de l’économie insulaire au tourisme. « il n’est pas juste que seules les ZTI (Zones touristiques Internationales définies à l'article 242 de la loi MACRON) aient pu bénéficier de l’extension du dispositif d’exonération », indique Jean Dominici. Une extension dont n’a pas bénéficié la Corse.

Deuxièmement, la CCI a demandé une aide en ingénierie de projet pour permettre aux TPE et PME qui composent l’essentiel du tissu économique insulaire, d’être outillées au mieux pour pouvoir candidater aux différents dispositifs inclus dans le Plan France Relance. D’autant plus que la durée pour candidater a rétréci. « Il faut donner à nos entrepreneurs les moyens techniques et financiers qui leur manquent pour finaliser ou monter leurs dossiers de candidature. Nous insistons depuis l’année dernière, car nous sommes sollicités de toutes parts et seuls, nous sommes bien démunis pour y répondre », plaide Jean Dominici.

Troisièmement, l’accélération de la réforme des institutions consulaires spécifiques à la Corse prévue dans l’article 46 de la loi PACTE. La réunification des trois CCI de Corse étant faite, le rapprochement avec la Chambre de Métiers et d’Artisanat étant acté, « il est grand temps de coordonner l’ensemble des instituions économiques locales sous l’égide du statut particulier de la Corse, de la loi NOTRe et du SRDE2I (Schéma régional de développement économique d'innovation et d'internationalisation), de la Collectivité de Corse et de son rôle de chef de file dans tous nos domaines d’interventions », affirme le président de la CCI de Corse qui ajoute  « Il est temps de se dépêtrer de ces mille-feuilles institutionnels qui minent et entravent nos actions ».

Des recommandations auxquelles, semble-t-il, le ministre a prêté une oreille attentive puisqu’au sortir de la réunion, les équipes de la CCI de Corse se sont dites « satisfaites par la réponse favorable à nos attentes », tout en gardant une pointe de scepticisme, concluant l’échange par un « On verra bien ! » jeté au loin.
 














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