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Des ATR 72 transformés en bombardiers d’eau : Corsica Technics s’engage aux côtés de Kepplair Evolution


Léana Serve le Jeudi 16 Juillet 2026 à 19:00

Corsica Technics et Kepplair Evolution ont signé un accord pour participer au développement du KEPPLAIR 72, un avion bombardier d’eau permettant de participer à la lutte contre les feux de forêt. La société bastiaise ambitionne d’accompagner cette transformation et de faire de la Corse un point d’appui pour cette nouvelle activité aéronautique.



Le KEPPLAIR 72 en phase de largage (© Kepplair Evolution)
Le KEPPLAIR 72 en phase de largage (© Kepplair Evolution)

Transformer des ATR 72 en avions bombardiers d’eau : c’est l’objectif de Kepplair Evolution et Corsica Technics, qui viennent de signer une lettre d’intention portant sur l’acquisition de dix kits de conversion KEPPLAIR 72. À travers cet accord, la société bastiaise spécialisée dans la maintenance aéronautique entend participer au développement d’une nouvelle génération d’appareils destinés à la lutte contre les feux de forêt, engagé en 2012 par David Joubert et sa société Kepplair Evolution. « On a développé un savoir-faire scientifique avec l’institut de mécanique des fluides de Toulouse qui nous a permis de mettre en œuvre une stratégie de conversion d’avion pour adapter le meilleur système de largage possible en fonction de l’avion sur lequel on veut l’installer », explique le président de la société. « Au fur et à mesure de notre évolution, on a identifié différents besoins, et en 2023, il est devenu évident qu'il fallait trouver une solution d'avion de moyenne taille, entre 6 000 et 10 000 litres d'eau, pour venir renouveler les flottes existantes qui étaient en train de vieillir. »
 

Le choix s’est alors porté sur l’ATR 72, un appareil franco-italien largement utilisé dans le transport régional. Pour Kepplair Evolution, cet avion présente plusieurs atouts : « il est fiable puisque ça fait plus de 40 ans qu'il est développé et il a été amélioré au fil du temps, et il peut utiliser des fiouls synthétiques, avec de très bonnes performances à basse vitesse et dans les endroits escarpés ». « C’est aussi un avion qui nous permet d'installer un réservoir de sept tonnes et demi avec un système de largage extrêmement performant qui peut faire des largages à effet de souffle ou des largages à flot constant pour larguer du retardant et venir déposer des lignes d'appui au retardant qui permettent aux pompiers d'évoluer dans une zone où le feu se déplace un peu moins vite », précise-t-il.
 

Pour Corsica Technics, le rapprochement avec Kepplair Evolution s’est fait naturellement, la société bastiaise faisant de la maintenance sur des ATR et des A320. « La Corse subit des incendies depuis des décennies. Elle a toujours été une région qui a été grandement doté par la Sécurité civile avec des appareils de type Canadair ou Dash, et je pense que le fait de transformer les futurs avions bombardiers d’eau en Corse et peut-être les faire voler en Corse est la solution de demain », souligne Jean-Marc Cristelli, président de l’entreprise. Un nouvel équipement d’autant plus important que l’avion est modulable. « Pendant la saison des feux, il pourra lutter pendant plusieurs mois sur des incendies, et le reste de l’année, il pourra être utilisé pour d'autres activités, comme des activités cargo ou des évacuations sanitaires et pallier l’isolement de certaines régions comme la Corse. »
 

Cette ambition s’inscrit dans le développement plus large de Corsica Technics, qui souhaite faire de Bastia un point d’appui pour ses activités de maintenance aéronautique. La société prépare notamment la construction d’un hangar de 2 700 m² sur la plateforme aéroportuaire de Bastia-Poretta, destiné à accueillir des opérations de maintenance sur des appareils de type ATR. « On va créer des emplois, mettre en place de nouveaux cursus de formation aéronautique en Corse et on va attirer des entreprises partenaires. »
 

Du côté de Kepplair Evolution, le programme entre désormais dans une phase opérationnelle. Après plusieurs années de développement et de travaux d’ingénierie, et une subvention de 5 millions d’euros au titre de France 2030, l’entreprise doit accueillir prochainement son avion prototype à Toulouse afin de procéder à sa conversion. Les premiers essais en vol sont prévus d’ici la fin de l’année, avant des premiers essais de largage début 2027. L’objectif affiché est d’obtenir la certification de l’appareil et de procéder à une première livraison en 2027. « Le KEPPLAIR 72 s'inscrit pour venir en complémentarité de ce qui existe déjà pour la France et pour la Corse, et l’idée, c’est de pouvoir surtout fournir des avions rapidement », indique David Joubert. « On sera capable de fournir les premiers avions à partir de l'année prochaine et ensuite on montera en puissance pour être capable de livrer 12 avions par an à partir de 2030 et bien sûr on espère que la France pourra être cliente. »