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En Corse, la loi sur « l'aide à mourir » continue de diviser


Léana Serve le Jeudi 16 Juillet 2026 à 17:17

L’Assemblée nationale a définitivement adopté mercredi la proposition de loi créant un droit à l’aide à mourir pour les personnes atteintes de certaines pathologies. En Corse, aucun des quatre députés n’a voté en faveur du texte : trois s’y sont opposés et un s’est abstenu. Un positionnement qui suscite des réactions contrastées sur l’île.



Photo d'illustration
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La France franchit une nouvelle étape dans le débat sur la fin de vie. L’Assemblée nationale vient d’adopter définitivement, mercredi 15 juillet, la proposition de loi visant à créer un droit à « l’aide à mourir », par 291 voix pour, 241 contre et 29 abstentions. Le texte permet, sous certaines conditions, à des personnes atteintes de pathologies graves et incurables d’obtenir l’administration d’une substance létale. En Corse, aucun des quatre députés n’a voté en faveur de cette proposition de loi. Paul-André Colombani, Laurent Marcangeli et François-Xavier Ceccoli s’y sont opposés, tandis que Michel Castellani s'est abstenu. Une position qui fait réagir, tant chez les partisans que chez les opposants au texte.
 

Pour Robert Cohen, délégué régional de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité en Corse (ADMD), ce vote constitue « une avancée », voire « un succès », après plusieurs années de débats. « C’est un grand progrès parce que ça fait longtemps qu’on essaie de faire passer cette loi, comme nos amis Belges, mais ce n’est pas parfait », estime-t-il. Il regrette que « les directives anticipées ne soient pas prises en compte ». « Si vous écrivez vos directives anticipées aujourd’hui et que dans un certain temps, vous êtes malheureusement dans l’incapacité de parler ou d’écrire, les directives anticipées ne pourront pas être prises en compte pour la décision finale. » L'association attend désormais la publication des décrets d'application. « Il faut qu’ils soient pris rapidement. Sinon, s’il y a un changement à la tête de l’État en 2027, ce n'est pas sûr que ça suive », prévient-il.
 

À l’inverse, Jean-François Giffon, délégué du Parti chrétien-démocrate pour la Corse, voit dans cette adoption « une contradiction anthropologique ». Selon lui, la priorité aurait dû être le développement des soins palliatifs plutôt que la création d’un droit à l’aide à mourir. « Politiquement, c’est une contradiction au titre de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. La fraternité imposerait justement le soin palliatif. Ça a été prouvé scientifiquement que quand on donne des arguments et une possibilité de vivre cette vie autrement à des gens, même esseulés et en fin de vie, par exemple en faisant venir des clowns dans les hôpitaux, des violonistes, des comédiens, ça leur montre qu’il y a toujours de belles choses et que même quand on est face à la maladie, ça vaut toujours la peine de se battre. »
 

Il estime également que ce texte aurait mérité d'être soumis à un référendum. « Là où je suis surpris, c'est que l’écart s’est réduit. Au premier vote de l’Assemblée nationale, on avait 100 députés d'écart, et maintenant, on en a 50. Ça veut dire qu’il y a un débat, et cette loi aurait mérité de passer par référendum. » S’il se félicite que trois députés corses aient voté contre, le Parti chrétien-démocrate ayant appelé à plusieurs reprises les députés insulaires à s'opposer à cette proposition de loi, il regrette l'abstention de Michel Castellani. « Les autres députés ont choisi de faire un choix, un choix conscient, de prendre une décision, et je pense que sur des votes comme ça, on doit prendre position. C’est regrettable, parce qu'à titre politique, moral et éthique, cette loi va à l'inverse de tout. »