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Vazziu et fioul lourd : le ras-le-bol unanime des élus municipaux d'Ajaccio


Rédigé par José Fanchi le Mardi 27 Mai 2014 à 22:30 | Modifié le Mercredi 28 Mai 2014 - 00:56


Polémiques, inquiétudes, interrogations, effet néfaste sur la santé publique, le Vazziu n’a certainement pas fini de faire couler encre et salive. Et le reste, qui continue de se déverser sur nos têtes sans que rien ne soit fait, sans qu’EDF n’intervienne, sans que l’Etat ne lève le petit doigt. Il y en a marre. Les élus haussent le ton. Il est temps d’agir pour de bon avant qu’il ne soit trop tard. Les exemples ne manquent pas. Tchernobyl 1986…Pollution quand tu nous tiens !


Laurent Marcangeli l’a encore répété lundi soir en ouverture de la séance du Conseil Municipal devant une Assemblée unanime pour reconnaître que U tropu stropia et qu’il est maintenant temps que s’arrête le déversement de cette pollution sur Ajaccio et la région. Le voile jaunâtre qui recouvre le pourtour du golfe tôt le matin, les fumées noires qui se répandent autour de la ville, le fioul lourd qui pèse sur notre santé, tout cela doit impérativement cesser le plus rapidement possible.


Laurent Marcangeli : "Et les engagements de M. Proglio ?"

 Il ne reste que deux centrales comme le Vazziu dans le monde, il est temps de prendre position afin de cessent ces retombées qui frappent la population de plein fouet. Laurent Marcangeli s’est montré ferme sur ce point : « Il nous faut prendre position. Je l’ai personnellement fait auprès du président de la République en écrivant une lettre en tant que parlementaire et il est maintenant temps que la ville soit en mesure de dire ce qu’elle pense de cette situation. Il nous faut adopter une position ferme et sans ambiguïté  pour avoir plus de transparence. Personne n’a oublié les propos « rassurants » de M. Proglio lors de sa venue à Ajaccio. Des engagements ont été pris devant la presse, devant les élus, mais depuis, plus rien. Il semble aujourd’hui qu’EDF s’en désintéresse totalement. Bien sûr tout le monde veut une centrale au gaz. On devait passer dans un premier temps au fioul léger, mais comme sœur Anne, on ne voit rien venir. Il serait maintenant normal qu’EDF se positionne clairement. De notre côté, nous songeons à mettre en place une cellule de veille afin d’étudier un plan adapté à cette situation. »

José Filippi : un problème de santé publique
Voilà des mois que José Filippi évoque ce problème récurrent de santé publique. Durant la campagne des municipales, Aiacciu Cità Nova s’était fait l’écho de ce fléau qui frappe notre ville. Le conseiller municipal d’opposition a soumis un texte de motion au vote du conseil municipal : « La longue histoire des relations entre EDF et la Corse s’apparente depuis plus d’un demi-siècle à un marché de dupes » lance-t-il en s’adressant au conseil municipal.

Sans revenir sur les dizaines de manifestations et autres grandioses mobilisations sur la période 1977-1987, la centrale du Vazziu a continué de s’élever sans permis de construire avant même qu’une enquête publique de soit ouverte. En 1981, l’élu rappelle que les deux moteurs étaient d’ores et déjà branchés sur le réseau, avec ce que cela a entraîné comme pollution et problèmes de santé publique sur le quart de la population de l’île : « Nous pouvons affirmer aujourd’hui que depuis 1981, plusieurs milliers de nos concitoyens et de la proche région sont morts prématurément du fait des pollutions de la centrale. Sachant que la centrale du Vazziu est la deuxième au fioul lourd du monde, les responsables politiques de l’île et l’Etat se doivent de faire sortir Aiacciu et sa région de la catastrophe sanitaire chronique subie par la population depuis 33 ans. Depuis la visite de M. Proglio à Aiacciu, la situation du Vazziu n’a jamais été évoquée par EDF. Nous sommes convaincus que la vieille centrale rafistolée récemment avec plusieurs millions d’euros, poursuivra son œuvre destructrice pendant une vingtaine d’année encore. Nous n’avons pas le droit de laisser faire. »


Julia Sanguinetti : "La Corse doit exploiter son potentiel énergétique…"
Voilà un sujet que Julia Sanguinetti, élue de l’opposition, maîtrise parfaitement. Elle approuve et apprécie l’intérêt que porte l’assemblée communale sur cette question cruciale pour la santé de la population : « Je défends toujours l’idée que les constats et les revendications n’ont de sens que si elles sortent de la posture et tentent d’être constructives. Il me semble en ce sens, opportun d’apporter quelques suggestions à joindre à cette motion et nous positionner de façon plus pragmatique sur cette question. Vous avez choisi de vous positionner par une motion sur la question énergétique et son rôle pour la santé publique. Vous interpellez l’Etat et la collectivité territoriale. En cela, le point 3 que vous suggérez semble tout  à fait pertinent. Nous pourrions plutôt suggérer à cet interlocuteur de « sortir » l’hydraulique du plafond arbitraire des 30% d’énergie considérées intermittentes et ainsi laisser à la Corse la possibilité d’exploiter son potentiel de production énergétique locale et non polluant.

Si nous avons une véritable et sincère volonté de peser sur la résolution de ce dossier, il convient :
-  D’exiger de l’Etat une modification immédiate de la PPI afin qu’elle intègre définitivement l’arrivée du gaz en Corse
-  De suggérer de « sortir » l’hydraulique du plafond arbitraire des 30% d’énergies intermittentes
-  De présenter une étude complète et objective dont doit découler une planification régionale. »

Paul-Antoine Luciani a rappelé que l’ancienne équipe municipale s’était elle aussi engagée contre la centrale : « le maire avait engagé une procédure judiciaire contre EDF. Nous sommes aujourd’hui encore d’accord pour continuer cette lutte… »

Marie-Antoinette Santoni-Brunelli ajoute en substance « qu’ EDF se doit de répondre à une demande de l’Etat car c’est à lui de choisir le terrain.. Je suggère qu’on s’adresse directement à l’Etat avant même de s’adresser à l’EDF. Nous sommes tous d’accord pour que ce problème soit enfin résolu. »  

Pour M. Paoli, il s’agit avant tout « de ne pas entrer dans une polémique de morbidité. Il ne faut pas induire des preuves sur la population dont on ne peut pas envisager les conséquences. Il faut dire les choses avec pondération mais éviter de choquer. Il faut éviter les formules… »

Propos qui n’eurent par l’heur de satisfaire l’assemblée !

« Il s’agit là d’une décision politique. Il nous faut prendre nos responsabilités, nous réunir pour une motion commune, afin de servir le seul intérêt qui compte : celui de défendre les ajacciennes et les ajacciens » a conclu Laurent Marcangeli.  

J .F.


41 ans de fidélité à la mairie d’Ajaccio : Le dernier conseil municipal de Danielle Bernardini

Voilà plusieurs décennies que sa silhouette est indissociable du conseil municipal d’Ajaccio.Mme Danielle Bernardini tire sa révérence. Dans son allocution d’ouverture de la séance de lundi, le député-maire de la ville a salué le travail de Danielle Bernardini, son engagement pour sa ville et son efficacité, sa passion pour le service public : « Cette une femme de dossiers, une employée modèle qui a connu plusieurs mandatures et qui a toujours exercé son travail avec le pragmatisme qu’on lui connaît. Danielle Bernardini va désormais nous quitter. Nous lui souhaitons une excellente retraite. »
Femme de qualité, collaboratrice d’une rare efficacité, Danielle Bernardini, directrice générale des services a servi la commune avec sérieux et application. Son travail a mainte fois été souligné par les élus et collaborateurs qu’elle a côtoyés durant de longues années. 
J. F.




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