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Tourisme d’affaires : La Corse expose son potentiel à l’IBTM World de Barcelone


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 29 Novembre 2018 à 19:46 | Modifié le Vendredi 30 Novembre 2018 - 13:13


La Corse, destination privilégiée du tourisme d’affaires ? C’est le message que l’Agence du tourisme de la Corse (ATC) entend faire passer au salon IBTM World qui s’est tenu du 27 au 29 novembre à Barcelone. Fort de ses premiers succès qui placent l’île dans le top 10 des destinations d’affaires dans le monde, le Corsica Convention Bureau, mis en place par l’ATC, a ouvert son stand aux professionnels insulaires pour promouvoir la destination et présenter une offre diversifiée aux acheteurs européens et internationaux.


La délégation corse à l'IBTM World de Barcelone..
La délégation corse à l'IBTM World de Barcelone..
Le salon IBTM World de Barcelone, c’est un peu la Mecque du tourisme d’affaires. Toutes les grandes nations touristiques de la planète s’y pressent, étalent leurs atouts et leurs atours dans de vastes stands qui rivalisent de luxe et de séduction. Paysages, patrimoine, culture, gastronomie, terroirs, authenticité… chaque destination sort le grand jeu pour promouvoir son potentiel et tenter de séduire acheteurs européens et internationaux, associations, fédérations, entreprises, agences... C’est que l’enjeu est d’importance : près de 15 000 professionnels venus de 150 pays déambulent dans les allées. Si tous recherchent, d’abord, des informations sur l’offre hôtelière et la capacité des villes à accueillir congrès et séminaires, notamment en matière d’infrastructures, des contrats y sont quotidiennement signés aux montants parfois vertigineux. L’industrie du MICE (Meeting Incentives Conferencing  Exhibition) est en plein boom, la reprise mondiale profite en plein à la Corse qui revient en force sur un marché dont les potentialités sont énormes en termes tant de développement que de retombées économiques. Même si le tourisme d’affaires reste un tourisme de niche et ne représente que 6% du tourisme insulaire, un congressiste dépense deux à trois fois plus qu’un touriste lambda.
 
Une filière structurée
Le stand de l’Agence du tourisme de la Corse (ATC), situé sur l’allée centrale dans l’espace Atout France, accueille, aux côtés du Corsica Convention Bureau, les professionnels insulaires, affiliés au Cluster MICE de la Région Corse, notamment les DMC (Destination management company) Corsica Events et l’hôtel Radisson Blu Resort & Spa Ajaccio Bay du groupe Ollandini, Corse Incentive et Linea Events. « A un moment donné, les professionnels ont ressenti le besoin de se fédérer et de structurer pour pouvoir évoluer dans le secteur. L’ATC a, donc, créé un Convention Bureau, c’est-à-dire un département en charge de promouvoir le tourisme d’affaires. Cela regroupe plusieurs segments : les séminaires, les conférences, les congrès, les incentives… tout ce qui a trait aux rencontres professionnelles. Notre objectif est de développer l’attractivité de la Corse sur cette filière. On vient à Barcelone parce que c’est le carrefour international des rencontres professionnelles, c’est là où l’on rencontre les principaux organisateurs et décideurs d’évènements internationaux. Il est important de pouvoir mettre les professionnels corses en contact avec eux », explique Marie-Ange Celli-Battistelli, chargée de mission en charge de promouvoir le secteur Tourisme d’affaires à l’ATC.
 
Un cluster dédié
L’ATC joue un rôle d’interface entre les six acteurs locaux et les professionnels extérieurs. « La présidente de l’ATC, Nanette Maupertuis, a décidé que la promotion de la destination se ferait au travers de niches spécifiques par l’intermédiaire d’un cluster. Le tourisme d’affaires en fait partie. Il y aura, aussi, un cluster culture, un cluster bien-être, un cluster sport-nature… Le cluster est un outil de promotion, un espace d’échanges et de rencontres, de retours d’expériences et d’expertises entre les différents adhérents sur pas mal de sujets liés à la problématique de la filière Affaires ». Le cluster fédère tous les institutionnels – Palais des Congrès, Office de tourisme d’Ajaccio -, les structures hôtelières et d’hébergement, les compagnies maritimes et aériennes. « Le but est que chaque acteur devienne un moteur du développement de la filière. Nous élaborons, avec ces acteurs, la stratégie promotionnelle à mettre en place et nous leur mettons à disposition des outils marketing dédiés. L’ATC leur donne accès à de grandes manifestations, comme le salon de Barcelone, et leur offre une visibilité qu’ils ne pourraient pas avoir tout seul. Nous déployons tout l’arsenal de communication : réseaux sociaux, newsletters, films professionnels, brochures… L’idée est de fédérer, d’informer et de promouvoir ». Si les professionnels corses signent rarement des contrats directement en salon, ils engagent, avec des entreprises ou des agences organisatrices d’évènements, des discussions qui débouchent, ensuite, sur des contrats fermes.

Marie-Ange Celli-Battistelli (à gauche)au stand Visit-Corsica.com.
Marie-Ange Celli-Battistelli (à gauche)au stand Visit-Corsica.com.
Le potentiel corse
La Corse a-t-elle les infrastructures et les moyens d’accueillir de tels évènements et de satisfaire une clientèle qui passe pour être particulièrement exigeante ? « C’est une clientèle très exigeante à tous les niveaux, mais la destination Corse est, depuis cinq ans, bien montée en gamme, ne serait-ce qu’au niveau des établissements hôteliers. Beaucoup d’efforts ont été faits, beaucoup de 4 étoiles sont passés en 5 étoiles, des 3 étoiles sont passés en 4 étoiles… Des aides ont été apportées par l’ATC pour développer des salles de séminaires. Le palais des Congrès d’Ajaccio peut accueillir jusqu’à 430 personnes dans son auditorium. Il y a aussi pas mal de salles, comme l’espace Diamant, et des salles à potentiel historique, comme le théâtre de Bastia. De nouvelles structures se montent en Haute-Corse comme l’hôtel Mercure à Biguglia. La Corse commence à avoir un vrai potentiel », affirme Marie-Ange Celli-Battistelli. Si le tourisme d’affaires a généré près de 1,123 million de nuitées dans l’île, c’est Ajaccio qui rafle la part du lion. Elle engrange 55 % des 110 000 voyageurs professionnels grâce à de grandes structures hôtelières comme le Sofitel, le Radisson Blue Resort et une flopée d’hôtels 3 et 4 étoiles qui propose, chacun, une centaine de chambres. Porto-Vecchio tire également son épingle du jeu grâce à ses nombreux complexes hôteliers et des salles de séminaires, comme l’espace Jean-Paul de Rocca-Serra et son auditorium qui peut accueillir 320 personnes…
 
De belles opportunités
Pour cette offre touristique marchande, le touriste d’affaires, qui ne vient, ni en été, ni en hiver, est une opportunité à ne pas manquer. « Le tourisme d’affaires travaille beaucoup sur les ailes de saison. Il fonctionne très bien d’avril à juin. Son développement en arrière-saison, de septembre à fin octobre, est magnifique. La plupart des hôtels, concernés par ce segment, jouent le jeu. Développer le hors-saison est beaucoup plus compliqué ! Cela dépend de l’ouverture des établissements et des connexions aériennes directes ». Pour la responsable du secteur à l’ATC, la Corse a vraiment une carte à jouer : « Cette clientèle recherche le soleil, mais aussi la professionnalisation, le dépaysement, l’authenticité… La Corse a tout à offrir et est, en plus, proche des marchés émetteurs européens ». 87% de la clientèle est nationale, le reste vient de Belgique, de Suisse ou d’Allemagne. Les Scandinaves, Suédois et Danois essentiellement, et les Néerlandais commencent à s’intéresser à la Corse. « Notre objectif est de faire preuve de cohérence, d’organiser de beaux séminaires et d’obtenir un retour de clientèle 100 % satisfait. Pour l’instant, les retours d’expérience sont très bons », poursuit Marie-Ange Celli-Battistelli.
 
Une charte des bonnes pratiques
L’ATC innove, aussi, en proposant, depuis octobre, à cette clientèle et aux professionnels qui la drainent, une charte environnementale des bonnes pratiques. « Nous avons construit cette charte avec les membres du cluster pour sensibiliser la clientèle et les organisateurs à la protection des sites sur lesquels sont organisées les activités. Nous leur demandons de respecter les endroits, de trier les déchets, de réduire au minimum les nuisances sur l’environnement, de privilégier les pratiques sportives douces qui ont le moins d’impact écologique. Nous les incitons à visiter les producteurs Bio, les éleveurs, les fromagers, les artisans… C’est un moyen de véhiculer l’image de la Corse, île verte de Méditerranée ». La charte a surpris plus d’un organisateur d’évènements. « La charte se met en place petit à petit. Nous la lancerons vraiment début 2019 ».
 
N.M.

A suivre : Les professionnels corses du tourisme d'affaires au salon de Barcelone





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