Rien ne le prédestinait à exercer ce métier. Et pourtant, il travaille aujourd'hui aux côtés des plus grands. Originaire de Taglio-Isolaccio, Alan Simoni est ingénieur du son à Los Angeles, où il travaille sur des films, séries et documentaires. Un parcours atypique pour ce passionné d’informatique, qui a découvert un intérêt pour la musique électronique à l’âge de 12 ans. « Je faisais des remix, des mashups, et de fil en aiguille, c'est passé à plus », raconte-t-il. Rapidement, il se tourne vers la composition et se passionne pour les musiques de films. « J’ai toujours été passionné par les films en général et les musiques de films : je trouve que c'est vraiment ce qui apporte l'émotion. »
Suite aux conseils de sa mère et de son meilleur ami, « un Américain qui travaillait à Paris », il quitte la Corse à l’âge de 28 ans pour aller se former au métier d’ingénieur du son sur le continent. « Mon meilleur ami m’a conseillé d'aller me perfectionner sur le mixage et le mastering dans un studio d'enregistrement à Paris. J’ai travaillé dans un studio et en parallèle je me formais au métier d'ingénieur du son. » Au bout de deux ans, et souhaitant se perfectionner dans la musique de films, il s’inscrit à l’Abbey Road Institute, « une école spécialisée dans la production musicale et l'ingénierie du son dans la section film ». Pendant un an, il jongle entre Paris et Londres, et suit deux jours de cours par semaine.
Après sa formation à Londres, Alan Simoni prend le chemin de Los Angeles, conseillé une nouvelle fois par son ami américain. « Je suis allé en vacances avec lui là-bas, il m’a fait visiter les studios et j’ai fini par postuler. Je suis retourné en Corse et ils m’ont appelé pour me dire que j’étais pris, alors j’ai fait un visa et je suis parti. Ça fait six ans que j’y suis », confie-t-il. À son arrivée, il commence comme ingénieur du son, mixant la musique avant le mix final des films et séries. « Comme j'aime la composition, j'ai voulu me perfectionner dans la composition musicale », poursuit-il.
Aujourd’hui, il travaille sur des musiques additionnelles pour des films, des documentaires, et même des séries comme Curb Your Enthusiasm, où il a réarrangé certaines scènes musicales et le générique. « J’ai aussi fait quelques musiques additionnelles pour la série, c’était un de mes premiers projets et ça m’a vraiment marqué. » Pourtant, son parcours dans la musique de film n’a pas été immédiat. « Pour le côté composition, ça a été un peu compliqué de se faire une place. Les productions ont leurs compositeurs, mais parfois, ils sont à court de temps alors que le projet doit être rendu rapidement, alors ils font appel à d’autres compositeurs pour les aider à faire des scènes en parallèle. Ça peut parfois être une scène de seulement dix secondes. J’ai commencé comme ça, avec des musiques de bandes annonces. Une fois qu’on est dedans et qu’on a des contacts, ça va plus vite. »
Très attaché à la Corse, Alan Simoni indique que ses origines ont également influencé son parcours musical. « J’ai été bercé par la musique, parce qu’on est passionné par la musique traditionnelle, et la musique en général. Je pense que le fait d'être Corse m'a un petit peu influencé, et d'ailleurs, je continue à écouter des musiques corses encore là-bas. J'essaie de revenir le plus souvent possible en Corse parce que j’y suis né, j’y ai grandi, toute ma famille est là-bas. D’ailleurs, je n'avais jamais quitté la Corse avant de partir à Paris pour travailler au début, donc j'essaie de revenir le plus possible », souligne-t-il.
Aujourd’hui, Alan Simoni travaille sur un film d’animation dont la sortie est prévue en mai, pour lequel il a composé la bande-annonce et quelques musiques additionnelles. « Je travaille aussi sur un reportage sur les crimes, qui est une production sud-coréenne et américaine, parce que je travaille aussi en Corée et au Japon, et je vais faire toute la musique du reportage, dans la même lignée que ce que j’avais fait pour un autre reportage de Netflix avec une production coréenne. Normalement, ça sort cette année. »
Malgré un parcours déjà bien rempli, il garde un rêve : celui de composer entièrement les musiques d’un blockbuster américain. « Mais j’ai déjà de la chance d’en être arrivé là grâce à des gens qui m’ont soutenu. Je n'aurais jamais cru être là aujourd'hui, parce que rien ne me prédestinait à l’être. J'ai eu la chance de travailler sur un film avec Mel Gibson, et aujourd'hui, mon rêve, ce serait d'être le compositeur principal d'un blockbuster américain, ou même de travailler avec un grand comme John Williams, ça serait extraordinaire », glisse-t-il.
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