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Lydia Nicanorova : « Les années bonifaciennes 1924 -1930 »


Rédigé par le Mercredi 8 Novembre 2017 à 18:57 | Modifié le Mercredi 8 Novembre 2017 - 19:19


La Maison de la Corse sous l’égide de l’association de la Fédération des groupements corses de Marseille et des Bouches du Rhône s’est associée avec Marie Artemo-Testa, responsable des collections Lydia Nicanorova, pour présenter une exposition de la peintre Lydia Nicanorova. L’exposition « Les années bonifaciennes, 1924-1930 » propose une série de vingt-deux impressions pigmentaires des aquarelles de Lydia Nicanorova, pour la plupart, ignorées du public depuis 1930*. Ces éditions permettront à chacun d’accéder à cette vision de Bonifacio d’il y a près d’un siècle.


: Du haut des falaises, Lydia Nicanorova , aquarelle sur Papier, 37,5 x 50,5 cm, exposée en 1930 Galerie René Zivy
: Du haut des falaises, Lydia Nicanorova , aquarelle sur Papier, 37,5 x 50,5 cm, exposée en 1930 Galerie René Zivy
Photographies, documents et courriers mettront en perspective cette halte bonifacienne dans la vie de l’artiste. Le séjour à Bonifacio entre 1924 et 1930, fut, dans l’itinéraire de cette mathématicienne de formation, artiste peintre de passion, une halte de bonheur. Arrivée en Corse avec son mari, peintre, Georges Artemo , qui participe alors à la réalisation des décors du lm « Les ombres qui passent » d’Alexandre Volko , Lydia Nicanorova puise dans ces années sereines la luminosité d’une cinquantaine d’aquarelles qu’elle exposera en 1930 à la Galerie René Zivy à Paris.  

Ce projet actuel d’exposition, à caractère itinérant, a été réalisé pour la première fois, en 2014, à l’Espace Saint-Jacques de Bonifacio, en partenariat avec l’Ofice ce Municipal de Tourisme et la mairie de Bonifacio, puis dans le sud ouest de la France à Revel en 2015. L’ artiste a aussi fait l’objet de manifestions à la fondation Soljenitsyne de Moscou en 2013 et 2015 et connaît actuellement un intérêt croissant de la part des amateurs d’art et d’histoire russe, Lydia étant l’héroïne du roman célèbre «Devant le miroir» de Véniamine Kaverine (traduit en français, publié aux éditions Robert Laffont et comparé à la princesse de Clèves).

Cette manifestation qui présente la ville de Bonifacio sublimée par l’artiste dans ces années d’entre deux guerres est aussi l’occasion de rapeler la présence importante d’artistes russes en Corse et leur passion pour l’île de beauté.
Marie Artemo -Testa racontera cette histoire passionnée lors d’une conférence le vendredi 17 novembre à partir de 18 heures. Elle proposera aussi des visites sur rendez-vous durant l’exposition afin de pouvoir donner les clefs historiques de l’œuvre au public .
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*Exposition du vendredi 10 au vendredi 24 novembre 2017 Vernissage le vendredi 10 novembre à partir de 18 heures à la Maison de la Corse 


Vue de la pergola, Lydia Nicanorova , aquarelle sur Papier, 26 x 34,5 cm, exposée en 1930 Galerie René Zivy
Vue de la pergola, Lydia Nicanorova , aquarelle sur Papier, 26 x 34,5 cm, exposée en 1930 Galerie René Zivy
Née en 1898 à Brest-Litovsk, en Russie, elle délaisse ses études de mathématiques pour se consacrer entièrement à la peinture, d’abord à Saint-Pétersbourg, puis à Yalta et en n à Constantinople où poursuivant sa passion pour Byzance, elle réalise de nombreuses copies de fresques et mosaïques de l’église orthodoxe Kahrié-Djami, certaines de ses oeuvres sont achetées par le Victoria and Albert Muséum de Londres. Ses correspondances avec Pavel Aleksandrovitch Bezsonov inspireront le roman célèbre de Véniamine Kaverine « Devant le miroir ».  

Elle rencontre Georges Artemo lors d’une exposition de l’Union des Peintres Russes à Taxim. Le couple parvient à gagner Paris en 1923. Ils créent alors un atelier coopératif d’artistes avec Serge Pimeno et Sandro Minervine. Ils réalisent alors la décoration à Montmartre, du célèbre «Château et Caveau Caucasiens», que Joseph Kessel décrit dans le roman «Nuit de Prince».

Grâce à Victor Tourjansky et Serge Pimeno , ils participent aux décors pour les studios de cinéma Ermolie et la société Albatros. En 1924, Pimeno , qui travaillera pour Delannoy et Max Ophuls, leur propose de le suivre sur le tournage du lm «Les ombres qui passent » d’Alexandre Volko . En suivant les cinéastes russes, ils découvrent la Corse et Bonifacio.

En 1924, le couple s’installe à Bonifacio. Avec leurs amis corses, les familles Varsi, Lantieri, Maxiola, Simoni, le berger Joseph Terrazoni dont ils réaliseront de nombreux portraits, et tant d’autres. Une grande production artistique est réalisée par le couple, sculptures, peintures et aquarelles. En 1925, Georges et Lydia intègrent l’Union des Peintres Russes en France.

Les ventes d’œuvres leur permettent l’achat d’un petit bateau, ce qui, à Bonifacio, ne manquera pas de renforcer leurs liens locaux. Six ans de bonheur pendant lesquels ils partagent leur temps entre Paris et Bonifacio. La Corse restera pour eux, la période la plus heureuse de leur vie. En 1929, le krach boursier les contraint à quitter Bonifacio.

En 1930, Lydia expose avec Georges à Paris dans la galerie René Zivy, rue Montaigne, cinquante aquarelles de Corse. Une commande de fresques pour le château de Verrières le Buisson par l’architecte Jacques Saulnier, leur permet de renouer avec les thèmes de l’Asie et de la littérature populaire russe et d’acheter une petite maison à Clamart. Une communauté russe importante y réside, ils recevront souvent en visite le philosophe et théologien Serge Boulgakov, la poétesse russe Marina Tsvetaïeva, Julie de Reïtlinger et bien d’autres ...

En 1935, le couple expose au Musée des Colonies. A Paris, ils connaissent des di cultés nancières. Julie de Reïtliger, propose à Jeanne Astre, qu’elle a côtoyé chez Maurice Denis, d’aider un couple d’artistes russes.

Georges et Lydia vont rejoindre Jeanne à Lencastre au bord du lac de St Férréol, près de Revel. Emportée par la maladie, Lydia s’éteint le 2 Août 1938, à l’âge de quarante-trois ans.




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