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La préfète de Corse, a lancé la campagne hivernale à l’occasion d’une maraude aux côtés de la Croix-Rouge


Rédigé par Vincent Marcelli le Jeudi 1 Novembre 2018 à 14:30 | Modifié le Jeudi 1 Novembre 2018 - 09:57


À l’occasion du lancement de la campagne hivernale (1er novembre au 31 mars), Josiane Chevalier, préfète de Corse a rendu visite à la délégation départementale de la Croix-Rouge, rue Général Campi, à Ajaccio. Après avoir longuement discuté avec les responsables, évoquant ensemble, la précarité qui frappe, de plus en plus l’île, elle a été à la rencontre des sans-abris à l’occasion d’une maraude qui s’est déroulée dans plusieurs quartiers de la ville…


(Photo Michel Luccioni)
(Photo Michel Luccioni)
Chaque année, l’Etat met en place du 1er novembre au 31 mars, le dispositif de protection des personnes sans-abris. Une période qui marque la suspension des expulsions locatives et le renforcement des capacités d’hébergement. Pour la région corse, 297 places pérennes sont mobilisées et 150 places supplémentaires durant l’hiver en cas d’épisode de grand froid.
Confirmant son souhait, lors de sa prise de fonction, d’être une femme de terrain, Josiane Chevalier, préfète de Corse est allée, ce mardi à la rencontre des plus démunis. Une soirée débutée par la visite de l’antenne départementale de la Croix-Rouge, rue Général Campi, à Ajaccio.
La préfète y a rencontré Sylviane Herbaux, présidente intérimaire, Sylviane Crétal, responsable de la Corse-du-Sud, Cindy Montoya, chargée de communication et du pôle jeunesse et Jean-Michel Bisgambiglia, l’un des soixante bénévoles.
Il a été question, dans un premier temps, pour l’antenne départementale, d’évoquer la problématique avec la représentante de l’Etat. « J’ai souhaité venir à votre rencontre dans cette perspective, souligne Josiane Chevalier, l’objectif, à terme, consiste à ce qu’il n’y ait plus de personnes dans la rue. Nous savons ce que cela implique au niveau de l’Etat comme au niveau des différentes associations. Elles doivent être complémentaires et travailler main dans la main. »

Cent personnes aidées par mois
Pour les responsables départementaux de la Croix-Rouge, « la situation est critique, nous sommes dans l’urgence et cela ne va pas aller en s’améliorant. Pour nous, ce combat s’étale 365 jours sur 365, il ne s’arrête malheureusement pas à la seule période hivernale et touche cent personnes par mois. . Les moyens dont nous disposons sont limités ^par rapport au Continent et à d’autres régions où il y a plus de possibilités notamment en termes de formation. Sans compter sur le monde rural où la situation est également compliquée. »
Une situation qui s’intensifie, malgré un élan de solidarité qui semble encore présent, du moins plus qu’il ne l’est sur le Continent. Ce n’est pas toujours évident, les Corses sont pudiques, ils refusent de montrer leur misère pour ceux qui y sont confrontés mais elle est bien réelle. Par ailleurs,  on parle d’insertion mais il faut savoir que nous avons, parmi nos bénéficiaires, 70% de femmes seules de moins de 70 ans qui vivent avec 700 euros par mois. Difficile d’évoquer une réinsertion. »
Parmi les autres problèmes évoqués, la nécessité d’avoir une meilleure visibilité au niveau des locaux. « Ils sont enclavés, personne ne sait vraiment où ils sont situés et nous cherchons, également un local pour y mettre en place une boutique solidaire. Même éphémère dans un premier temps… »
L’échange avec Josiane Chevalier, consciente de la situation et très à l’écoute, s’est poursuivi pendant près de deux heures. Avant d’aller sur le terrain à la rencontre des plus démunis. Au cœur de la cité impériale puis, dans la périphérie jusqu’à Mezavia. Toutes les personnes rencontrées ont été émues de voir la préfète de Corse leur prêter attention et se préoccuper de leur situation. Certains acceptant même d’être photographiés en sa compagnie. Et de partager quelques instants qui resteront gravés dans leur mémoire. Enzo vient de sortir de ce monde après huit mois difficile. « C’est la jungle, explique-t-il avec une grande franchise, quand on est dedans, ce n’est pas facile d’en sortir. Mais on arrive en s’accrochant. Je m’en suis sorti et je viens de trouver un appartement mais je pense à tous les autres qui galèrent. Et il y a, comme moi, beaucoup de Corse, crediti mi puru… »

La précarité n’est pas une fatalité
Une vraie leçon de vie donnée par ces personnes qui ont été, à un moment donné dans leur vie, frappées par la précarité sans avoir fait quoi que ce soit pour y arriver. Une adversité qui peut sévir à tout moment. « Nous sommes surtout là pour tisser un lien social, souligne Cindy Montoya, l’aide alimentaire reste importante, bien sûr mais ce n’est pas le plus important. »
Il est vingt-trois heures trente. L’équipe des bénévoles accompagnée de la préfète de Corse vient d’achever la maraude après avoir apporté surtout de la chaleur humaine aux plus démunis. Pour la Croix-Rouge locale, un jour nouveau va se lever avec le même combat à poursuivre.
La précarité, une réalité qui sensibilise beaucoup Josiane Chevalier. Sous peu, la Préfète va organiser une rencontre entre toutes les associations concernées (après les avoir toutes visitées) afin d’essayer de trouver des solutions communes. Parce que la précarité n’est pas une fatalité…
 




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