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La fonction publique appelle à une forte mobilisation le 22 mars


Rédigé par le Mardi 20 Mars 2018 à 00:26 | Modifié le Mardi 20 Mars 2018 - 00:31


Après les annonces du gouvernement en février dernier sur les nouvelles politiques publiques, les fonctionnaires regroupée en intersyndicale appelle à la grève le 22 mars prochain. Une journée d’action nationale contre l’aggravation d’une situation déjà désagrégée selon les syndicats.


50 ans après mai 68, pourrait t’on voir la France se mobiliser aussi fortement pour ses droits? C’est à cela que se prennent à rêver les membres de l’intersyndical de la fonction publique réunis ce lundi 19 mars dans les locaux de la CGT à Ajaccio. 

En dépit de la forte mobilisation unitaire du 10 octobre dernier, le gouvernement semble rester sourd aux revendications portées par les agents de la fonction publique. L’intersyndicale CGT, FO, FSU CGC, UNSA appelle donc à une nouvelle journée de grève le 22 mars prochain. 

Une manière de montrer leur mécontentement et de protéger avant tout le statut de fonctionnaire. La volonté est d’entrer dans une négociation pour le dégel de la valeur du point d’indice, le rattrapage des pertes subies et l’augmentation du pouvoir d’achat. Sur ce dernier point, Claude Perrin, membre de la commission exécutive de l’Union Départemental CGT de Corse-du-Sud rappelle que les salariés de la fonction publique ont perdu 14,8 % de ce précieux pouvoir depuis 2000. L’intersyndicale souhaite donc l’augmentation des salaires. 

Elle revendique également l’abrogation de toutes les formes de salaires au mérite, la création d’emplois statutaires et l’arrêt de toutes les suppressions d’emplois. L’emploi public en Corse représente 28 % de l’emploi salarié, soit 7 points de plus que le taux national. La Corse arrive derrière le Limousin, autre région rurale et parmi les moins riches de France. 

 

Pour le syndicat FO, la Collectivité Unique est un très bon exemple de la dégradation du service public. Trois entités qui ont fusionné laissant l’administration des finances en charge de la gestion de ces collectivités orpheline de 14 emplois.  

‘’Aujourd’hui on supprime tellement d’emplois (50 000 prévu par le plan d’action 2022) que les structures sont au minimum de leur faisabilité et de leur efficacité, assure Matthieu Caillaud, secrétaire départemental FO-Finances. On supprime les structures, on les fusionne et on abandonne même certaines missions. Des missions qui sont transférées sur le continent comme la gestion des ressources humaines par exemple ou la gestion de recouvrement de certaines taxes. ’’

 

Le non rétablissement du jour de carence qui faisait déjà partie des revendications de la manifestation d’octobre est de nouveau mis sur la table. La défense et le développement des missions publiques, l’abandon des projets de privatisation sont également revendiqués. Mais ce n’est pas tout ; la reconnaissance de la pénibilité, le maintien et le renforcement du système de retraite, la revalorisation des pensions versées et des moyens pour la formation professionnelle sont aussi défendus par les fonctionnaires.

 

Les trois fonctions publiques font partie du plan d’Action Publique 2022 qui vise à transformer en profondeur le service public afin de moderniser les administrations. 

‘’Cette révision des politiques publiques ne prévoit rien de moins que des transferts de missions vers d’autres niveaux de collectivités ou vers le privé. Nous allons tout droit vers la disparition du service public, se désole Claude Perrin ’’. 

 

En Corse, l’impact de ces politiques est tout à fait visible notamment avec les nombreux conflits de ces derniers mois. Le milieu hospitalier a été touché, les finances publiques, qui ont luté pour éviter la suppression de certains bureaux dans l’extrême Sud, l’éducation nationale, la Poste et les douanes .

 

Jean-Michel Medori, représentant FSU, secrétaire académique SNEP revient sur l’importance de la continuité du service public dans l’enseignement. 

‘’ Dans l’éducation nationale, pour assurer cette continuité, un corps de professeurs remplaçants existe afin qu’il y est un remplacement en cas d’absence de certains enseignants. Malgré une augmentation des élèves dans le second degré, on constate une baisse de ces recrutements , entre 15 et 20 % de moins. Pour la Corse, on constate une augmentation de la précarisation avec une hausse des postes titulaires vacants.’’

 

‘’Ce qui compte aussi c’est la qualité du service public de proximité, assure Christine Josset Villanova, représentante de l’UNSA territorial. Au-delà de l’Etat et des services hospitaliers, nous devons protéger ces services. Les administrés doivent comprendre que plus ont va privatiser les services de proximité, moins il y en aura, jusqu’à ce qu’ils disparaissent totalement. C’est une réelle marchandisation du secteur public. La gratuité va finir disparaitre.’’ 

 

La politique du gouvernement va à l’encontre de la loi Montage selon Matthieu Caillaud. La Corse, reconnu île montagne par la loi du 28 décembre 2016, dispose selon le syndicaliste d’un statut qui lui confère le droit d’obtenir une réévaluation du niveau de ses services publics en tenant compte de la spécificité géographique. 

 

Une nouvelle mobilisation

 

Le 10 octobre 2017, une forte mobilisation unitaire avait déjà réuni les agents de la fonction publique dans le rue. Depuis, sur l’ensemble du territoire national, les syndicats ont observé la suppression des petits rectorats, des sous-préfectures, des délégations de services publics au profit du service privé, la suppression des appuis techniques de l’Etat aux petites collectivités rurales.

Puis il y a eu les annonces du gouvernement du 1er février 2018 et notamment le plan de départ volontaire pour accompagner les abandons de missions et les suppressions de postes. Le recours accru au non titulariat et à la précarité. Selon l’intersyndicale, la fonction publique compterait 1,3 millions de postes précaires dont 495 mille dans la fonction publique de l’Etat. 

 

‘’Le danger est grave et éminent, avertit Pierre-Vincent Ortoli, représentant CFE-CGC. C’est la République sociale qui est inscrite dans la constitution française qui est remise en cause aujourd’hui, avec méthode. On saucissonne l’ensemble des entreprises pour mieux les abattre. Il y a une accélération du processus dans la fonction publique. On s’attaque au statut de la SNCF, en 2019 ce sera au tour du régime des retraites et cela va continuer à se propager.’’ 

 

Si leurs revendications ne sont pas  entendues, l’intersyndicale assure qu’il faudra appeler à une grève illimitée afin de s’opposer à une ‘’politique macronnienne destructrice’’.

La conférence ce conclue sur un proverbe qui assure que ‘’C’est devant le mûr qu’on reconnait le maçon. Nous verrons donc si nous sommes de bons maçons.’’

L’ensemble de la population est appelé à manifester jeudi 22 mars. Le départ est prévu à 10h 00 devant la gare d’Ajaccio. 

 

 

 

 

Patrice Bossart, secrétaire général union départemental CGT 

"Le syndicat régional de l’énergie appel également à la mobilisation. Il y a eu une journée de mobilisation dans les Epahd avec un rendez-vous à l’ARS et la position de la ministre de la Santé Agnès Buzyn ne permet pas selon le syndicat de répondre à la demande de la population vieillissante. Les syndicats des Ehpad se joignent donc également à la journée de mobilisation. Une manière de se mobilisé face à un gouvernement qui ‘’perd pieds et qui n’est plus en phase avec la réalité sociale du pays.’’
J




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