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L’ATC mise sur le tourisme d’affaire : Les opérateurs Belges au workshop d’Ajaccio


Rédigé par José Fanchi le Samedi 2 Juin 2018 à 17:58 | Modifié le Samedi 2 Juin 2018 - 18:28


L’Agence du Tourisme de la Corse a organisé ces derniers jours un workshop au palais des congrès d’Ajaccio en réunissant plusieurs agences belges. C’est une nouvelle carte qu’abat l’ATC en misant sur le développement des séjours professionnels, décidant ainsi de parier sur le secteur MICE (Meeting, Incentives, Congrès, Evénementiel), un secteur économique de poids et d’avenir qui fait intervenir de nombreux acteurs. L’objectif poursuivi  étant l’étalement de la saison. Exemple concret avec la venue de ces tour-opérateurs Belges, hôtes de marque de l’ATC Jusqu’a ce dimanche


En finir avec le tourisme de masse. Tourner le dos au slogan un brin éculé « soleil et plages. » C’est la politique actuelle de l’Agence du Tourisme de la Corse et de sa présidente Marie-Antoinette Maupertuis. « La feuille de route du Tourisme » votée à l’unanimité à l’Assemblée de Corse, ne dit  pas autre chose d’ailleurs. Le document propose à ce titre « un changement de paradigme ».Cela consiste notamment à améliorer l’offre insulaire sur l’avant et l’après saison. A diversifier la clientèle aussi. Pour cela, les prestations doivent être étoffées et repensées. Les sept tour-opérateurs belges arrivés tout droit de Charleroi découvrent actuellement  notre destination sous un angle précis : le tourisme d’affaire. Le temps d’un « workshop » et d’une rencontre entre professionnels du secteur.   


Manette Maupertuis : Corse, île verte…
Améliorer l’offre insulaire et miser sur l’avant et l’après saison est un argument régulièrement employé par Manette Maupertuis. Son point de vue est clair et précis. Elle déclarait notamment :   

"La Corse a tous les atouts pour accueillir le tourisme d’affaires. Avec le MICE nous pouvons allonger la saison touristique, car nous pouvons alterner les réunions professionnelles et les visites découvertes. Cela est possible sur un territoire circonscrit comme le nôtre .Le tout en positionnant la Corse comme l’île verte de la Méditerranée. En toile de fond, l’écotourisme est bien présent et demeure un enjeu structurant.»    
Aussi, une interrogation fleurit. La  Corse, pourrait-elle devenir un  haut lieu de ce que l’on nomme « intelligence économique » ? C’est, en tout cas, le résultat d’une enquête récente consacrée par le magazine « voyage et stratégie.» Cette revue, parue en Mars  2017, classe notre île dans le « Top 10 » des destinations  mondiales incontournables liées au « Tourisme d’affaires. » Autant dire que la transformation est à l’œuvre. Désormais, on vient aussi chez nous pour la tenue de congrès et de séminaires.A l’appui, un chiffre : Plus  de  10%  des  séjours sur l’île sont aujourd’hui liés aux séjours professionnels. D’autant que les marges de progression demeurent  importantes.   


Croire à l’étalement de la saison  
Dans le registre bien connu des « savoir-faire » de la Corse, il y a désormais l’organisation de congrès et séminaires. Ainsi, en 2016, la Corse recevait le congrès de la Fédération française du Bâtiment, celui des avocats conseils ou encore le congrès Européen des Orthodontistes. Un an plus tard,  on s’en souvient, l’île accueillait sur une durée de 4 jours  le 124 ème  congrès national des sapeurs-pompiers. Un évènement qui drainait près de 3 500 personnes dans les rues d’Ajaccio. La même année, les « 7ème Assises de la biodiversité » et leurs 700 participants n’étaient pas en reste non plus. Sans oublier l’incontournable salon « Connect », le rendez-vous annuel du développement des connexions aériennes en Europe. L’édition 2017 a battu tous les records de fréquentation avec  2 000 nuitées hôtelières et 30 prestataires locaux  impliqués directement dans l’organisation. Ces quelques exemples suffisent à démontrer que le potentiel du tourisme Corse s’accroit et multiplie les  segments d’attractivité.   
On retiendra aussi que l’île est devenue en peu de temps  une terre d’accueil du voyage d’affaires. Elle assume aussi parfaitement son rôle de challenger entre Moscou, Prague, l’île Maurice ou encore le Liban. Une détermination saluée par régions magazine qui lui a décerné le trophée de l’innovation dans la catégorie tourisme d’affaires. Rien n’est dû au fait du hasard pour autant.  Depuis  plus deux ans maintenant, l’Agence du Tourisme de la Corse (ATC) œuvre en ce sens. Pour cela, une méthode a servi de fil rouge : la mise en place du « cluster tourisme d’Affaires. » Raison pour laquelle la mise en commun de l’ensemble des  acteurs de la chaîne du tourisme Corse permet de viser des objectifs bien précis :  
  • Fédérer l’offre insulaire pour une meilleure lisibilité sur les marchés émetteurs
  • Améliorer la connaissance des clientèles étrangères
  • Contribuer à l’adéquation entre l’offre et la demande. 

Des Belges enthousiasmés

Si la Belgique a été retenue avec d’autres parmi  les  marchés prioritaires de l’ATC dans le secteur « tourisme d’affaires », notons que c’est en raison de sa situation économique favorable, d’un bon pouvoir d’achat de ses habitants, de nouvelles lignes aériennes avec des vols directs sur Liège ou Charleroi :

s lors que notre destination est en connexion directe avec la Belgique, les organisateurs de séjours professionnels sont à la recherche de nouveaux produits pour leur clientèle. » précise Marie-Ange Celli-Battistelli, du service promotion de l’Agence du Tourisme de la Corse. Elle ajoute : « la complémentarité mer-montagne, le patrimoine culturel, l’œnologie, la gastronomie, l’art de vivre : le charme opère chez les belges."
Parallèlement, il  faut aussi savoir que  lorsqu’un organisateur choisit la Corse, il attire en moyenne 20 à 30% de participants en plus. Notons aussi que les chiffres des entrées sur le territoire Corse des mois d’Avril, mai et juin 2017 sont à la hausse. De septembre à Octobre, une  croissance de + 10 (par rapport à 2016) a été enregistrée.  Quant au mois de  Septembre à Octobre, on note une augmentation des entrées de + 8, 8 (source ATC-INSEE).  Enfin, entre  Avril et octobre, La Corse a enregistré 206 583 entrées supplémentaires. Ce qui signifie que 80% de la croissance est portée par l’avant et l’après saison. Si la dessaisonalisation se confirme, le tourisme d’affaires peut et doit contribuer à cela. En attendant, la Corse a marqué des points auprès des tour-opérateurs Belges. D’ailleurs, un nouveau rendez-vous est pris, le 25 Juin. Cette fois ci, c’est l’ATC qui prendra la direction de Bruxelles. Afin de finaliser les échanges. 

J.F.





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