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​Les Restos du Cœur mobilisés en Corse-du-Sud pour la grande collecte des 6 et 7 mars


Patrice Paquier Lorenzi le Mardi 3 Mars 2026 à 20:35

Dans un contexte d’inflation persistante et d’aggravation de la précarité, les Restos du Cœur relancent leur grande collecte nationale les 6 et 7 mars 2026. En Corse-du-Sud, les bénévoles seront présents dans les supermarchés d’Ajaccio, Porticcio, Propriano, Sartène et Porto-Vecchio pour recueillir des denrées alimentaires et des produits d’hygiène indispensables. Un rendez-vous annuel crucial qui permet de garantir la gratuité des distributions, d’assurer une alimentation plus variée aux bénéficiaires et de répondre à des besoins qui ne cessent de croître sur l’île et notamment en Corse- du-Sud, où près de 1 600 personnes dépendent aujourd’hui de l’aide alimentaire.



Les 6 et 7 mars prochains, les bénévoles des Restos du Cœur se mobiliseront partout en France pour la collecte nationale annuelle, un moment clé pour l’association. Plus de 80 000 bénévoles seront présents dans près de 7 500 magasins afin de récolter des produits alimentaires non périssables et des produits d’hygiène. Chaque année, les dons en nature représentent environ la moitié des produits distribués, et la collecte permet, en seulement quelques jours, de réunir près de 12 % de ces dons. En 2025, la générosité du public avait permis d’atteindre environ 9 000 tonnes au niveau national, l’objectif est de 10 tonnes cette année.
 

En Corse-du-Sud, une quinzaine de points de collecte seront installés, principalement dans les grandes surfaces d’Ajaccio, Porticcio, Propriano, Sartène et Porto-Vecchio. Plus de 200 bénévoles se relaieront durant le week-end. « On n’a jamais suffisamment de bénévoles, on a toujours besoin de monde », rappelle Jean-Marie Carli. « C’est un gros travail d’organisation, avec des roulements, parce qu’on ne peut pas demander à quelqu’un de rester une demi-journée complète en poste. Mais c’est aussi un moment très convivial, un moment important pour nos équipes. »
 
« Donner plus de choix, préserver la dignité »
Pour le président départemental, l’enjeu dépasse largement la seule question des volumes collectés. « L’objectif principal, c’est de ramasser des denrées pour nos personnes accueillies. Quel que soit le volume, cela permet d’apporter un peu plus de variété, un peu plus de choix. » La collecte améliore concrètement le quotidien des bénéficiaires en diversifiant les produits proposés lors des distributions. « Nous pratiquons la distribution accompagnée. Les personnes font leurs “courses” comme dans un magasin. On les accompagne, on discute avec elles, on prend en compte leurs difficultés. Elles doivent pouvoir choisir. Si elles ont toujours la même chose, ça devient lassant, même si elles s’en accommodent. La variété, c’est important pour leur dignité. »
 
Il insiste également sur la réalité des aides apportées : « Nous distribuons un repas par personne et par semaine. On comprend bien que cela ne suffit pas pour couvrir tous les besoins. On mange quatorze fois par semaine. Les Restos ne sont pas exclusifs, les personnes doivent pouvoir solliciter d’autres aides. »
 
Une précarité bien réelle en Corse-du-Sud
En Corse-du-Sud, environ 1 600 personnes sont inscrites, soit près de 750 familles, dont 80 bébés de moins de trois ans et 541 enfants mineurs. Chaque année, près de 400 000 repas sont distribués sur le territoire. Si le nombre de bénéficiaires reste relativement stable, Jean-Marie Carli souligne que « nous sommes très loin de toucher toutes les personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté ». Certaines ne s’inscrivent pas, notamment en raison des difficultés de déplacement, en particulier dans les villages. « C’est pour cela que nous allons aussi les chercher dans le rural. »
 
Le profil des personnes accueillies révèle une forte proportion de personnes seules. « Sur le continent, elles représentent environ 40 %. Ici, nous sommes autour de 60 %, et près de 80 % en zone rurale. Entre les familles monoparentales et les personnes seules, cela représente plus de 80 % des personnes que nous accueillons. » Dans un contexte marqué par une inflation persistante et une situation régionale cumulant fort taux de pauvreté et coût de la vie élevé, la mobilisation est plus que jamais nécessaire.
 
Quels produits donner ?
Les besoins portent avant tout sur des produits non périssables en petit conditionnement — plus faciles à redistribuer — comme les conserves de légumes, légumes secs, riz, conserves de poisson ou de viande, desserts, compotes, biscuits, confitures ou chocolats. Les produits pour bébés (couches, petits pots, hygiène) et les produits d’hygiène (savons, gels douche, shampoings, rasoirs, brosses à dents, dentifrice, protections féminines) sont également recherchés. « Les produits d’hygiène sont complémentaires, mais on en a besoin. Et surtout, il faut penser aux petits conditionnements, sinon nous sommes en difficulté pour les distribuer », précise le président. À quelques jours de la collecte, Jean-Marie Carli lance un appel simple et direct : « Ce week-end n’est pas seulement une question de chiffres. C’est un moment de solidarité. Chaque don compte. On compte sur vous. »