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Jean-Guy Talamoni : L’hydromaréthermie pour lutter contre la pollution de l’air en Corse ?


Rédigé par Philippe Jammes le Jeudi 19 Juillet 2018 à 15:53 | Modifié le Vendredi 20 Juillet 2018 - 00:24


Lors d’une conférence presse tenue ce jeudi à Bastia, Jean-Guy Talamoni, le président de l’Assemblée de Corse a fait le point sur la lutte contre la pollution de l’air notamment dans les ports insulaires.


"La pollution atmosphérique, particulièrement en zone urbaine, est un enjeu majeur de santé publique" a déclaré Jean-GuyTalamoni.  « Elle  est  notamment  due  aux  navires  marchands  comme  aux  bateaux  de  croisière  qui  utilisent essentiellement comme carburant un fioul lourd, sous-produit du pétrole, qui émet en grande  quantité des particules fines, des oxydes d’azotes, et, surtout, des oxydes de soufre ». 


Face à cette situation et à l’inquiétude des citoyens et des élus, en septembre 2017, Jean-Guy Talamoni avait présenté à l’Assemblée de Corse une motion portant création d’une commission ad hoc visant  à réfléchir à  l’utilisation de l’énergie thermique de la mer pour alimenter les navires à quai.
Cette commission a, dans un premier temps, exploré la piste de  l’hydromaréthermie.  « Ce  procédé  de  production d’énergie,  neutre  pour  l’environnement,  est  déjà  utilisé  avec succès en Corse, notamment près de Propriano » souligne le président de l’Assemblée de Corse, « il  pourrait être adapté  soit pour des  installations directement  embarquées à bord des 7 navires assurant la continuité territoriale, soit pour des installations équipant les 5 ports de commerce accueillant ces navires ». 

Concrètement cela permettrait d’accumuler des réserves d’eau froide et d’eau chaude jusqu’à 60 ° ainsi que de distribuer la climatisation et le chauffage, éléments les plus grands consommateurs d’énergie  à  bord  des  navires.  Cela permettrait aussi de faire baisser  significativement  le  coût  combustible. « Utiliser  l’énergie thermique de la mer présente donc  le double  avantage de réduire l’impact environnemental et le coût  d’exploitation » commente encore Jean-Guy Talamoni.
Actuellement la commission ad hoc, mise en place l’an passé, poursuit ses travaux sur ce sujet. 


Une motion en débat les 26 et 27 juillet
Dans  cette  perspective,  le  président  de  l’Assemblée  de  Corse présentera à la séance publique des 26 et 27 juillet  une motion visant à inscrire la Méditerranée en zone ECA  (Emission Control Area  –  Zone d’émission contrôlée), ce  qui  permettrait  ainsi  de  réduire  considérablement  les  émissions d’oxyde d’azote et d’oxyde de soufre.
« Il s’agit de demander au gouvernement français, à l’Union  Européenne  ainsi  qu’à  l’OMI (Organisation  Maritime  Internationale) d’engager  un  processus  devant  conduire, à terme, au classement de la Méditerranée en zones SECA et NECA » précise le président de l'assemblée de Corse. Les zones SECA et NECA sont  des zones spécifiques dans lesquelles les émissions d’oxyde  de soufre (SECA) et d’oxyde  d’azote (NECA) sont rigoureusement contrôlées et réglementées. 
Ce jeudi, le président de l’assemblée a mis en avant l’exemple Danois. En effet, selon le  ministère  danois  de  l’environnement  grâce au classement en zones SECA et NECA, les  émissions  d’oxyde  de soufre (SOx) présent  dans l’air, ont reculé de 60% dans la zone d’émissions spéciale Manche  -  Mer du Nord  -  Baltique. » 


Quid de l’hydromaréthermie 
Le principe de l’hydromaréthermie est de capter l’énergie thermique de la mer. Elle constitue une branche des énergies marines renouvelables définissant une technologie reposant sur l’exploitation simultanée du potentiel d’accumulateur thermique solaire de la couche de surface de la mer, sa convection, ses caractéristiques  d’inertie thermique, et sa salinité.
La couche de surface de la mer sert donc de capteur solaire thermique. La technologie moderne consiste à placer un échangeur thermique directement au fond de la mer. Ce procédé  permet en effet d’éviter l’utilisation d’un circuit de puisage avec filtration puis rejet de l’eau de mer et de se limiter à un circuit fermé, contenant uniquement de l’eau douce.  


Un premier rapport de préfaisabilité va être publié d’ici quelques semaines et permettra de voir si le projet est viable ou non. La commission Ad hoc est, d’ores et déjà, au travail et des réuninons ont déjà eu lieu avec les acteurs du projet comme les compagnies maritimes et les CCI. « Tous ces acteurs ont montré une réelle volonté de s’impliquer dans le projet » précise Jean-Guy Talamoni. « Certains points ont été actés et il y a aujourd’hui des éléments favorables pour qu’on puisse travailler assez vite sur le sujet »  




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