« Nous ne pourrons pas appréhender les enjeux du moyen et du long termes, si nous ne faisons pas du traitement de la donnée et de notre politique numérique, incluant les questions de l’intelligence artificielle (IA), un axe fort de nos politiques publiques et de nos choix stratégiques ». Le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, a, d’emblée, posé l’enjeu de son projet de création d’un service public de la donnée et de l’intelligence artificielle (IA), qui a été examiné jeudi en fin d’après-midi à l’Assemblée de Corse. « Cet enjeu, qui peut sembler technique, est fondamentalement politique et fait écho au rapport Corsica pruspettiva 2050. Nous essayons, comme tous les territoires, de maîtriser le plus largement possible notre destin, de protéger nos citoyens, également de saisir les opportunités d’un monde en profonde mutation, qui est à la fois soumis à des crises profondes et violentes, mais aussi à des perspectives qui s’accélèrent de façon exponentielle. Le numérique est un instrument véritablement structurant, essentiel de la capacité individuelle et collective à innover, à construire son identité, à la défendre et à la faire rayonner ». Le numérique est une priorité pour l’Exécutif nationaliste depuis son accession aux responsabilités en décembre 2015 dans sa stratégie de réduction des dépendances. Avec des réalisations comme, par exemple, le Très haut débit et une couverture de 100 % du territoire contre 70 % pour la moyenne européenne, l’espace Leia pour les établissements scolaires et la création du CSIRT (Centre de réponse à incident) pour la cybersécurité.
Des objectifs ambitieux
Ce projet s’inscrit dans le cadre de cette stratégie Smart Isula et repose sur trois piliers : l’accès et la maîtrise des infrastructures numériques et de l’information stratégique dans tous les domaines, le renforcement de la cybersécurité et l’affirmation de la donnée comme « bien commun » pour éviter une appropriation privative et garantir la confidentialité des données. Gilles Simeoni égrène des objectifs clairs et ambitieux : « premièrement, renforcer l’efficacité et la transparence de notre action publique, y compris en rendant accessible au plus grand nombre, les informations essentielles qui concernent la vie collective des Corses. Deuxièmement, accompagner et stimuler l’innovation, y compris dans le domaine économique, en ouvrant à l’ensemble des acteurs du territoire des outils qui leur permettront de dégager une véritable plus-value. Enfin, un enjeu de démocratie avec la protection des citoyens à travers une sorte de coffre-fort juridique et numérique qui permettra de garantir que les données stratégiques ne peuvent pas être exploitées ou détournées par des acteurs extérieurs, notamment des acteurs qui ont d’autres objectifs que l’utilité publique et l’intérêt général ». L’idée est de sécuriser au plan juridique le potentiel formidable, mais dangereux que représente l’IA. « Nous avons jeté les bases d’un écosystème global qui permet d’impliquer l’ensemble des acteurs et de nous appuyer dans le cadre d’un partenariat avec l’Université de Corse, notamment le Master « Droit du numérique » », ajoute-t-il.
Des objectifs ambitieux
Ce projet s’inscrit dans le cadre de cette stratégie Smart Isula et repose sur trois piliers : l’accès et la maîtrise des infrastructures numériques et de l’information stratégique dans tous les domaines, le renforcement de la cybersécurité et l’affirmation de la donnée comme « bien commun » pour éviter une appropriation privative et garantir la confidentialité des données. Gilles Simeoni égrène des objectifs clairs et ambitieux : « premièrement, renforcer l’efficacité et la transparence de notre action publique, y compris en rendant accessible au plus grand nombre, les informations essentielles qui concernent la vie collective des Corses. Deuxièmement, accompagner et stimuler l’innovation, y compris dans le domaine économique, en ouvrant à l’ensemble des acteurs du territoire des outils qui leur permettront de dégager une véritable plus-value. Enfin, un enjeu de démocratie avec la protection des citoyens à travers une sorte de coffre-fort juridique et numérique qui permettra de garantir que les données stratégiques ne peuvent pas être exploitées ou détournées par des acteurs extérieurs, notamment des acteurs qui ont d’autres objectifs que l’utilité publique et l’intérêt général ». L’idée est de sécuriser au plan juridique le potentiel formidable, mais dangereux que représente l’IA. « Nous avons jeté les bases d’un écosystème global qui permet d’impliquer l’ensemble des acteurs et de nous appuyer dans le cadre d’un partenariat avec l’Université de Corse, notamment le Master « Droit du numérique » », ajoute-t-il.
Un jumeau numérique
Ce service public s’appuiera sur cinq piliers essentiels. Le premier, ce sont les infrastructures souveraines pour garantir la maîtrise des données. « Aujourd’hui, la conservation et la gestion de nos données numériques dépendent largement d’opérateurs extérieurs à travers une délégation de service public (DSP) que nous sommes en train d’attribuer. Nous allons construire un écosystème de très haut débit autonome, avec notamment un GIX (point d’échange Internet) local et des centres de données hébergés sur le territoire insulaire », précise le président Simeoni. Le deuxième pilier est la plate-forme globale DATA CORSICA, une plateforme centralisée d’échange et de valorisation des données, hébergée en Corse. « C’est un guichet unique numérique, Data - IA, qui recueillera et conservera l’ensemble des données publiques et d’intérêt général à partir desquelles nous pourrons développer des applications innovantes, les croiser, les mettre en perspective, les comparer etc. Un jumeau numérique de la Corse qui permettra de récolter l’ensemble des données et de les gérer, par exemple, sur les ressources en eau, les risques naturels, le réchauffement climatiques ou, dans le domaine culturel, notre patrimoine matériel et immatériel, linguistique, musical et autres ». Le troisième pilier est une gouvernance partagée avec la création d’un consortium qui travaillera à la mise en œuvre de ce service public. Il sera géré par une gouvernance associant la collectivité de Corse, les communes, l’Université, les entreprises, voire les services de l’État, « tous ceux qui en Corse soit produisent, soit utilisent les données ayant une dimension d’intérêt général ».
Une charte éthique
La gestion de ces données sera effectuée à travers une charte éthique que le président de l’Exécutif demande à l’assemblée de valider. « La charte a été rédigée autour de principes fondamentaux comme la transparence avec des données publiques ouvertes par défaut, sauf exception ou restriction justifiée, la souveraineté avec des données qui resteront en Corse et sous le contrôle des institutions de la Corse. C’est le guide des bonnes pratiques d’une intelligence artificielle de confiance qui fournira le socle de la garantie de l’utilisation ». La démarche se veut dynamique avec une offre de service, des formations, de l’accompagnement juridique, des outils et des applications afin que l’ensemble des acteurs puisse l’utiliser, en tirer profit et l’intégrer dans sa vision stratégique. Elle s’accompagne d’une animation territoriale. « Cette plate-forme a vocation à être investie par les acteurs pour générer une dynamique collective avec des ateliers, des appels à projets et des référents qui se chargent de l’animation. Avec aussi l’inclusion la plus large possible afin de permettre aux structures et institutions, comme les petites communes, les TPE ou les acteurs associatifs, qui n'ont pas suffisamment de moyens humains, financiers ou techniques pour s’emparer de ces données, de participer à la dynamique globale ». Ce projet se fera sous financement propre de la collectivité de Corse avec des fonds FEDER et CPER. Il associe déjà plus de 50 partenaires et institutions. Pour Gilles Simeoni, l’objectif est clair : « faire de la Corse, dans les deux années à venir, un territoire pionnier qui construit sa souveraineté numérique dans le domaine de la gestion des DATA et de l’IA et qui nous permettra d’ajouter cette corde à l’arc de notre développement, à la fois ouvert sur le monde et maîtrisé par rapport à nos principes fondamentaux ».
Une activité productive
Le sujet n’a pas suscité de débat. La présidente de l’Assemblée, Nanette Maupertuis, qui, dans le cadre de Corsica pruspettiva 2050 - rapport examiné juste avant - a organisé à Bastia une conférence sur l’IA, intervient pour rappeler les possibilités inédites qu’offre l’IA. « Aujourd’hui, nous connaissons les risques, qui sont parfois un peu surjoués, mais aussi toute la potentialité de l’IA en termes économique, à la fois pour améliorer les process d’organisation, ses résultats en termes d’augmentation de productivité et leur caractère pleinement opérationnel dans les industries créatives dont elle constitue la matière première ». Elle cite en exemple la jeune entreprise corse Armada qui a travaillé sur les effets spéciaux du film « The Substance ». : « C’est le type d’activité qui n’est pas soumise aux surcoûts de transports. C’est de l’économie immatérielle. C’est délocalisable, relocalisable, et cela crée de la productivité. C’est le type d’économie qui nous intéresse dans les scénarios 3 et 4 pour le futur de la Corse ». Ceci dit, elle convient, que compte-tenu de la sensibilité des milliards de données qui sont traités, il faut en la matière « une politique publique affirmée parce qu’il en va, non seulement de la protection, mais aussi des principes démocratiques auxquels nous tenons fortement ». Le rapport a été adopté à l’unanimité.
N.M.
Ce service public s’appuiera sur cinq piliers essentiels. Le premier, ce sont les infrastructures souveraines pour garantir la maîtrise des données. « Aujourd’hui, la conservation et la gestion de nos données numériques dépendent largement d’opérateurs extérieurs à travers une délégation de service public (DSP) que nous sommes en train d’attribuer. Nous allons construire un écosystème de très haut débit autonome, avec notamment un GIX (point d’échange Internet) local et des centres de données hébergés sur le territoire insulaire », précise le président Simeoni. Le deuxième pilier est la plate-forme globale DATA CORSICA, une plateforme centralisée d’échange et de valorisation des données, hébergée en Corse. « C’est un guichet unique numérique, Data - IA, qui recueillera et conservera l’ensemble des données publiques et d’intérêt général à partir desquelles nous pourrons développer des applications innovantes, les croiser, les mettre en perspective, les comparer etc. Un jumeau numérique de la Corse qui permettra de récolter l’ensemble des données et de les gérer, par exemple, sur les ressources en eau, les risques naturels, le réchauffement climatiques ou, dans le domaine culturel, notre patrimoine matériel et immatériel, linguistique, musical et autres ». Le troisième pilier est une gouvernance partagée avec la création d’un consortium qui travaillera à la mise en œuvre de ce service public. Il sera géré par une gouvernance associant la collectivité de Corse, les communes, l’Université, les entreprises, voire les services de l’État, « tous ceux qui en Corse soit produisent, soit utilisent les données ayant une dimension d’intérêt général ».
Une charte éthique
La gestion de ces données sera effectuée à travers une charte éthique que le président de l’Exécutif demande à l’assemblée de valider. « La charte a été rédigée autour de principes fondamentaux comme la transparence avec des données publiques ouvertes par défaut, sauf exception ou restriction justifiée, la souveraineté avec des données qui resteront en Corse et sous le contrôle des institutions de la Corse. C’est le guide des bonnes pratiques d’une intelligence artificielle de confiance qui fournira le socle de la garantie de l’utilisation ». La démarche se veut dynamique avec une offre de service, des formations, de l’accompagnement juridique, des outils et des applications afin que l’ensemble des acteurs puisse l’utiliser, en tirer profit et l’intégrer dans sa vision stratégique. Elle s’accompagne d’une animation territoriale. « Cette plate-forme a vocation à être investie par les acteurs pour générer une dynamique collective avec des ateliers, des appels à projets et des référents qui se chargent de l’animation. Avec aussi l’inclusion la plus large possible afin de permettre aux structures et institutions, comme les petites communes, les TPE ou les acteurs associatifs, qui n'ont pas suffisamment de moyens humains, financiers ou techniques pour s’emparer de ces données, de participer à la dynamique globale ». Ce projet se fera sous financement propre de la collectivité de Corse avec des fonds FEDER et CPER. Il associe déjà plus de 50 partenaires et institutions. Pour Gilles Simeoni, l’objectif est clair : « faire de la Corse, dans les deux années à venir, un territoire pionnier qui construit sa souveraineté numérique dans le domaine de la gestion des DATA et de l’IA et qui nous permettra d’ajouter cette corde à l’arc de notre développement, à la fois ouvert sur le monde et maîtrisé par rapport à nos principes fondamentaux ».
Une activité productive
Le sujet n’a pas suscité de débat. La présidente de l’Assemblée, Nanette Maupertuis, qui, dans le cadre de Corsica pruspettiva 2050 - rapport examiné juste avant - a organisé à Bastia une conférence sur l’IA, intervient pour rappeler les possibilités inédites qu’offre l’IA. « Aujourd’hui, nous connaissons les risques, qui sont parfois un peu surjoués, mais aussi toute la potentialité de l’IA en termes économique, à la fois pour améliorer les process d’organisation, ses résultats en termes d’augmentation de productivité et leur caractère pleinement opérationnel dans les industries créatives dont elle constitue la matière première ». Elle cite en exemple la jeune entreprise corse Armada qui a travaillé sur les effets spéciaux du film « The Substance ». : « C’est le type d’activité qui n’est pas soumise aux surcoûts de transports. C’est de l’économie immatérielle. C’est délocalisable, relocalisable, et cela crée de la productivité. C’est le type d’économie qui nous intéresse dans les scénarios 3 et 4 pour le futur de la Corse ». Ceci dit, elle convient, que compte-tenu de la sensibilité des milliards de données qui sont traités, il faut en la matière « une politique publique affirmée parce qu’il en va, non seulement de la protection, mais aussi des principes démocratiques auxquels nous tenons fortement ». Le rapport a été adopté à l’unanimité.
N.M.










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