« Regardez ces pins. Vous les voyez ? Ils sont déjà morts. » Etienne Cesari montre du doigt deux grands pins maritimes, sur un terrain attenant au sien, distants d’une cinquantaine de mètres. De là où on se trouve, on n’en distingue que les parties supérieures, et elles font peine à voir : plus une seule aiguille à l’horizon, les cimes sont totalement dégarnies. Propriétaire du camping Arutoli à Porto-Vecchio, Etienne Cesari a dû couper « des dizaines » de pins maritimes en dépérissement sur son terrain. Des arbres qui, lorsqu’ils étaient encore en bonne santé, offraient une ombre salvatrice à ses clients, l’été. « J’ai été obligé des les couper, par sécurité. Au début ça concernait un ou deux pins, mais aujourd’hui on les compte par dizaines ou vingtaines », s’alarme-t-il, tout en ayant réussi à identifier la cause du problème : « C’est le scolyte du pin. »
Cet insecte ravageur est un coléoptère, grand de quelques millimètres. Son corps, de couleur foncée, est cylindrique. Il dispose d’une carapace et d’une paire d’élytres, qui protègent ses ailes. Le scolyte aime creuser l’écorce des pins, afin de s’y insérer et pondre. Il détruit ainsi l’assise génératrice du bois, au niveau du tronc et des branches, en se nourrissant des tissus qui font circuler la sève. Résultat, les aiguilles des arbres se mettent à jaunir avant de tomber. Les branches se dégarnissent, le tronc s’assèche. C’est la fin.
Le scolyte du pin, endémique en Corse
Elagueur dans la région de Porto-Vecchio, Thibaut Mauriller confirme être confronté aux ravages du scolyte : « Ce n’est pas nouveau, mais avant c’était beaucoup plus sporadique. Depuis environ cinq ans, j’ai constaté une accélération du phénomène sur les populations de pins maritimes. Chez un client, route de Piccovaggia, j’ai dû en couper une bonne trentaine sur environ 1,5 hectare. Et du côté de Cala Rossa aussi. » La microrégion n’est pas la seule affectée : « Sur Eccica-Suarella et Coti-Chiavari, il y a des pinèdes qui ont été meurtries à cause du scolyte du pin », souligne Orso Cerati, technicien forestier au CRPF, le centre régional de la propriété forestière. En tant que correspondant observateur de la santé des forêts, son rôle est de remonter toute information au ministère de l’Agriculture. Et le scolyte « est un problème récurrent, connu de la vie du biotope », contextualise-t-il.
Cet insecte ravageur est un coléoptère, grand de quelques millimètres. Son corps, de couleur foncée, est cylindrique. Il dispose d’une carapace et d’une paire d’élytres, qui protègent ses ailes. Le scolyte aime creuser l’écorce des pins, afin de s’y insérer et pondre. Il détruit ainsi l’assise génératrice du bois, au niveau du tronc et des branches, en se nourrissant des tissus qui font circuler la sève. Résultat, les aiguilles des arbres se mettent à jaunir avant de tomber. Les branches se dégarnissent, le tronc s’assèche. C’est la fin.
Le scolyte du pin, endémique en Corse
Elagueur dans la région de Porto-Vecchio, Thibaut Mauriller confirme être confronté aux ravages du scolyte : « Ce n’est pas nouveau, mais avant c’était beaucoup plus sporadique. Depuis environ cinq ans, j’ai constaté une accélération du phénomène sur les populations de pins maritimes. Chez un client, route de Piccovaggia, j’ai dû en couper une bonne trentaine sur environ 1,5 hectare. Et du côté de Cala Rossa aussi. » La microrégion n’est pas la seule affectée : « Sur Eccica-Suarella et Coti-Chiavari, il y a des pinèdes qui ont été meurtries à cause du scolyte du pin », souligne Orso Cerati, technicien forestier au CRPF, le centre régional de la propriété forestière. En tant que correspondant observateur de la santé des forêts, son rôle est de remonter toute information au ministère de l’Agriculture. Et le scolyte « est un problème récurrent, connu de la vie du biotope », contextualise-t-il.
Etienne Cesari, dans son camping, a dû faire abattre "des dizaines et des vingtaines" d'arbres ravagés par le scolyte.
Le scolyte du pin, également appelé « hylésine du pin », va être enclin à s’attaquer de préférence à des arbres déjà affaiblis : « Plusieurs contextes - la sécheresse ou des travaux sylvicoles d’élagage - peuvent permettent la prolifération de ces insectes », relève Orso Cerati. Et dans la microrégion porto-vecchiaise, « avec tous les problèmes de sécheresse qu’il y a eus, les pins se portent plus ou moins bien. » Jointe par Corse Net Infos, la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (FREDON) dit avoir remis, « il y a cinq ans », un rapport à la municipalité de Porto-Vecchio sur la situation générée par le scolyte sur les population de pins maritimes. Car la situation n’est pas nouvelle : « En Corse, le scolyte du pin est présent de manière endémique dans les peuplements », rappelle Orso Cerati, contrairement au charançon rouge, ce coléoptère venu d'Asie qui a quasiment éradiqué les palmiers en Corse . Dès lors, même si la menace du scolyte sur les pins maritimes est connue et a pu être maîtrisée par le passé, le changement climatique et les périodes de sécheresse répétées qu’il engendre, favorisent leur prolifération, et risquent donc d’accentuer le phénomène dans les années à venir.
Et les pins parasols et laricio ?
Le 9 février, Etienne Cesari, qui est aussi conseiller municipal d’opposition à Porto-Vecchio, avait choisi de s’exprimer en séance, en vue d’éveiller les consciences. « L’affaire est suffisamment grave pour qu’on la prenne au sérieux », avait opiné Nathalie Apostolatos, l’adjointe à l’environnement, qui dit s’être rapprochée de l’Office national des forêts : « On les a sollicités pour qu’ils nous donnent leur analyse de la problématique. On attend un retour. » Les élus porto-vecchiais redoutent notamment que le scolyte puisse aussi ravager les pins parasols, emblématiques des plus belles plages, de Palombaggia à Asciaghju. Orso Cerati les rassure : « Sur les pins parasols, le scolyte peut y aller mais il ne fait pratiquement pas de dégâts. » Pas d’inquiétude non plus à avoir sur les populations de pin laricio en forêt de l’Ospedale, ajoute le spécialiste du CRPF.
Alors, que faire pour préserver les pins maritimes ? Toute possibilité de traitement à grande échelle des arbres malades est interdite en forêt. L’ONF préconise de couper le plus rapidement possible les arbres infestés, avant de les débarder. « L’idée, c’est de repérer les arbres qui commencent à jaunir, complète Orso Cerati. Quand l’insecte pénètre dans l’écorce, il y a un petit bourrelet de sève qui apparaît sur le tronc. » Même coupé, le pin maritime malade continue d’abriter le scolyte, qui peut ensuite partir coloniser les peuplements voisins. Il convient donc d’agir vite pour les débarder.
Et les pins parasols et laricio ?
Le 9 février, Etienne Cesari, qui est aussi conseiller municipal d’opposition à Porto-Vecchio, avait choisi de s’exprimer en séance, en vue d’éveiller les consciences. « L’affaire est suffisamment grave pour qu’on la prenne au sérieux », avait opiné Nathalie Apostolatos, l’adjointe à l’environnement, qui dit s’être rapprochée de l’Office national des forêts : « On les a sollicités pour qu’ils nous donnent leur analyse de la problématique. On attend un retour. » Les élus porto-vecchiais redoutent notamment que le scolyte puisse aussi ravager les pins parasols, emblématiques des plus belles plages, de Palombaggia à Asciaghju. Orso Cerati les rassure : « Sur les pins parasols, le scolyte peut y aller mais il ne fait pratiquement pas de dégâts. » Pas d’inquiétude non plus à avoir sur les populations de pin laricio en forêt de l’Ospedale, ajoute le spécialiste du CRPF.
Alors, que faire pour préserver les pins maritimes ? Toute possibilité de traitement à grande échelle des arbres malades est interdite en forêt. L’ONF préconise de couper le plus rapidement possible les arbres infestés, avant de les débarder. « L’idée, c’est de repérer les arbres qui commencent à jaunir, complète Orso Cerati. Quand l’insecte pénètre dans l’écorce, il y a un petit bourrelet de sève qui apparaît sur le tronc. » Même coupé, le pin maritime malade continue d’abriter le scolyte, qui peut ensuite partir coloniser les peuplements voisins. Il convient donc d’agir vite pour les débarder.
La cochenille du pin inquiète aussi
Le scolyte n’est pas le seul à menacer les pins maritimes. Il y a aussi en Corse une cochenille du nom de matsucoccus feytaudi. Dans les années 60 dans le Var, elle a provoqué le dépérissement de forêts entières, sur 120 000 hectares. En Corse, elle sévit depuis sa détection en 1994 dans la région de Ponte Leccia. Strictement présente sur le pin maritime, la cochenille du pin est un insecte piqueur-suçeur de petite taille (1 à 4 mm). Elle ne provoque pas la mort directe des pins, elle les affaiblit : « Pour se défendre, l’arbre réagit aux piqûres en exsudant de la résine afin de limiter la fixation des larves dans les fissures de l’écorce. Ce stress physiologique, associé aux épisodes de sécheresse hydrique, occasionne un affaiblissement important des arbres, les rendant vulnérables au cortège d’insectes xylophages secondaires comme le pissode, les scolytes et la pyrale du tronc », renseigne le site du Département Santé des forêts, pour la Corse. Autrement dit : matsuccoccus feytaudi commence le travail, le scolyte du pin le termine. Si cette cochenille est déjà présente sur l’ensemble de la Haute-Corse, elle épargnait jusqu’alors le sud. Malheureusement, matsuccoccus feytaudi a pu être observée récemment à Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. Les autorités sanitaires tentent de limiter les dégâts en capturant ces nuisibles avec des phéromones, mais Orso Cerati s’en remet principalement à la nature : « Les populations de pins maritimes vont développer une auto-résistance, et peut-être que la nouvelle génération sera plus résistante à l’insecte. Mais ça pourrait prendre une centaine d’années. »
Le scolyte n’est pas le seul à menacer les pins maritimes. Il y a aussi en Corse une cochenille du nom de matsucoccus feytaudi. Dans les années 60 dans le Var, elle a provoqué le dépérissement de forêts entières, sur 120 000 hectares. En Corse, elle sévit depuis sa détection en 1994 dans la région de Ponte Leccia. Strictement présente sur le pin maritime, la cochenille du pin est un insecte piqueur-suçeur de petite taille (1 à 4 mm). Elle ne provoque pas la mort directe des pins, elle les affaiblit : « Pour se défendre, l’arbre réagit aux piqûres en exsudant de la résine afin de limiter la fixation des larves dans les fissures de l’écorce. Ce stress physiologique, associé aux épisodes de sécheresse hydrique, occasionne un affaiblissement important des arbres, les rendant vulnérables au cortège d’insectes xylophages secondaires comme le pissode, les scolytes et la pyrale du tronc », renseigne le site du Département Santé des forêts, pour la Corse. Autrement dit : matsuccoccus feytaudi commence le travail, le scolyte du pin le termine. Si cette cochenille est déjà présente sur l’ensemble de la Haute-Corse, elle épargnait jusqu’alors le sud. Malheureusement, matsuccoccus feytaudi a pu être observée récemment à Sainte-Lucie de Porto-Vecchio. Les autorités sanitaires tentent de limiter les dégâts en capturant ces nuisibles avec des phéromones, mais Orso Cerati s’en remet principalement à la nature : « Les populations de pins maritimes vont développer une auto-résistance, et peut-être que la nouvelle génération sera plus résistante à l’insecte. Mais ça pourrait prendre une centaine d’années. »
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