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François Sargentini : « Nous n’avons pas de solution miracle pour gérer les déchets pendant la période de transition »


Nicole Mari le Jeudi 19 Septembre 2019 à 21:46

Peaufiner le Plan territorial de prévention et de gestion des déchets de la Corse qui entrera en vigueur en 2021 pour l’adapter aux nouvelles directives nationales et européennes était l’objet de la réunion qui s’est tenue, jeudi matin, à Corti, à l’initiative de l’Office de l’Environnement (OEC) en présence de la Préfète de Corse, des Présidents des EPCI, des Chambres régionales de commerce, de l’artisanat, de l’agriculture, de la fédération du BTP, de l’association Qualitair, de la CAPEB, des associations environnementales… François Sargentini, conseiller exécutif et président de l’Office de l’OEC, explique, à Corse Net Infos, les enjeux, notamment la généralisation du tri à la source et la réduction des biodéchets. Il révèle l’urgence de prendre des décisions avant la fin de l’année pour gérer au mieux la période de transition et éviter une nouvelle crise en juillet prochain.




Photo Michel Luccioni.
Photo Michel Luccioni.
- Qu’est-ce que ce nouveau Plan Déchets et en quoi diffère-t-il de l’actuel ?
- Le futur plan Déchets - qui devrait démarrer en 2021, avec une première étape jusqu’en 2026, et une deuxième étape 2026-2032 – n’est pas une refondation complète du Plan actuel. Ce dernier constitue déjà une base forte et solide pour traiter la question des déchets. Mais, à partir de 2025, des directives européennes, des règlementations d’Etat et, bien sûr, le projet de l’Assemblée de Corse nous imposent de nouvelles orientations plus précises. D’abord concernant la généralisation du tri à la source qui doit être effective à partir de 2025. Ensuite, concernant les centres de stockage au niveau des déchets entrants et de la diminution de 50% des déchets résiduels à stocker. S’y ajoutent la définition et la mise en place d’une économie circulaire autour de la question des déchets. Ce sont, donc, des étapes très importantes que nous sommes en train de construire avec l’aide d’un cabinet d’études et l’ensemble des acteurs, des EPCI, du SYVADEC, de la Collectivité de Corse et de l’Etat.
 
- Des problèmes ou des désaccords ont-ils surgis au cours de la réunion sur certains points ?
- Sur le fond, non ! Le tri à la source, comme base du plan, est quelque chose, aujourd’hui, de largement partagé, y compris au niveau des EPCI. Je crois que tout le monde est calé là-dessus. La question, qui a été soulevée et qui fait l’actualité, concerne surtout la période transitoire évaluée au minimum à trois années, le temps que nous arrivions à mettre en place les différentes structures nécessaires au traitement de la question des déchets. Sur le Plan général, qui a été voté par l’Assemblée territoriale, et sur l’obligation de se mettre en conformité avec les directives de l’Europe et de l’Etat, il n’y a pas de contestation.
 
- Prunelli étant partiellement fermé jusqu’à la fin de l’année. La problématique des centres de stockage reste entière. Qu’avez-vous décidé ?
- Nous aurons, dans les jours qui viennent, une réunion avec le SYVADEC et les services de l’Etat pour peaufiner un peu la stratégie. Mais, comme je l’ai dit, on ne pourra régler la problématique de la période transitoire qu’à partir des structures et des moyens actuellement à disposition, c’est-à-dire les centres de stockage et les systèmes de traitement des déchets existants. Nous devons avoir une discussion beaucoup plus approfondie avec les élus et les responsables de ces centres pour trouver le moyen de passer cette période de trois ans qui peut s’avérer compliquée. On risque effectivement d’avoir des problèmes à partir de juillet de l’année prochaine, si on ne prend pas de décision avant la fin de l’année. Je pense que d’ici là, des décisions importantes devront être prises.
 
- Lesquelles ?
- Nous n’avons pas de solution miracle ! Le SYVADEC a fait une proposition d’exportation des déchets, mais elle a soulevé des réticences au niveau des élus et des partis politiques des territoires qui devaient les recevoir. Ensuite, l’export risque de nous entrainer vers des coûts exorbitants, notamment au niveau de la redevance sur les ordures ménagères payée par chaque famille et chaque citoyen. Là aussi, je ne pense pas que les Corses soient en mesure d’accepter ou de faire face à un triplement de la redevance. Il faudra, donc, faire avec l’existant, les deux centres de Prunelli et de Viggianellu, et avec d’autres qui pourront peut-être, dans un avenir proche, recevoir des déchets. Il faudra avec les communes et les EPCI trouver le moyen de passer ce cap obligé de trois années qui demeurent compliquées.
 
- Le maire de Prunelli vous a fait des propositions sur la gestion des déchets. Pourquoi n’y avoir pas répondu ?
- Le maire de Prunelli m’a expliqué son projet. Concernant Prunelli, Vigianellu ou d’autres sites, il est évident qu’il faut une stratégie claire vis-à-vis de ces communes qui ont servi, depuis des années, d’exutoire à tous les problèmes qui se posaient en Corse sur la question des déchets. Il faut leur expliquer l’effort qu’il reste encore à faire pour passer cette période transitoire. Il est certain que, passé ce temps, ces centres fermeront, mais en attendant, il faut que tout le monde comprenne qu’il est préférable de trouver un accord. C’est un travail que nous sommes en train de mener.
 
- Le tri à la source, qui est la base du Plan de l’Exécutif, avait suscité le scepticisme de l’opposition et de certaines EPCI. Notez-vous des progrès sur le terrain ?
- Oui ! Nettement ! Il faudra attendre la fin de l’année pour obtenir un bilan argumenté et chiffré, mais il est déjà certain que les tendances, qui se dessinent, montrent une montée en puissance très importante du tri. Ce sera, dans les mois à-venir, un signe très fort qui sera donné à l’opinion. En Corse aussi, quand on s’y met, on peut réussir dans ce domaine ! Ce qu’il faudra aussi réussir l’année prochaine, c’est la montée en puissance sur la réduction des bio-déchets. C’est une question-clé ! Les bio-déchets, c’est ce qui crée problème dans les centres d’enfouissement aujourd’hui et ce qui les créera dans les centres de demain si le niveau de tri n’est pas suffisant.
 
- Qu’allez-vous faire en ce sens ?
- Nous allons profiter de la période transitoire pour accélérer la généralisation du tri à la source et faire diminuer fortement les volumes de bio-déchets. Si on met en place le Plan que nous avons voté, si on diminue fortement les bio-déchets et les fermentescibles, les problèmes de nuisance et de dégâts environnementaux seront réglés. Tout le monde l’a bien compris. Les différentes prises de positions des représentants des Communautés de communes présents à la réunion allaient dans ce sens. C’est sur ce point que nous insisterons dans les années à-venir et dans la période transitoire. C’est la clé de la réussite de notre plan.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.
 

François Sargentini, conseiller exécutif et président de l'Office de l'environnement de la Corse, en charge de la question des déchets. Photo Michel Luccioni.
François Sargentini, conseiller exécutif et président de l'Office de l'environnement de la Corse, en charge de la question des déchets. Photo Michel Luccioni.



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