En Corse, certaines espèces animales voient leurs populations diminuer rapidement et nécessitent une vigilance renforcée. Parmi elles, la cistude d’Europe, une tortue d’eau douce protégée en Europe par la convention de Berne, et le crapaud vert, le seul crapaud présent sur l’île, sont particulièrement menacés. Leur habitat se réduit, notamment sous l’effet de l’urbanisation. « La création de bâtiments, de routes va enlever les zones humides aussi, et les espèces peuvent moins se déplacer », explique Laura Templé du CPIE - A Rinascita.
« Les incendies peuvent aussi causer de graves dégâts et décimer une population entière, et il y a également des maladies. Si on prend l’exemple de la cistude d’Europe, beaucoup de tortues achetées dans des animaleries ont été relâchées dehors, comme la tortue de Floride qui a réussi à s’adapter et qui entre en compétition avec la cistude. La tortue de Floride va prendre sa place sur le bord des berges et la cistude doit trouver d'autres endroits. Ça va être la même chose pour les meilleurs endroits pour pondre… »
Pour mieux les protéger, ces deux espèces sont suivies dans le cadre d’un Plan national d’action (PNA), qui vise à « protéger ou restaurer les espèces sauvages menacées ou présentant un intérêt particulier ». Reposant sur trois axes principaux - améliorer la connaissance, assurer la conservation et sensibiliser le grand public - le PNA est établi pour cinq à dix ans. En Corse, le CPIE - A Rinascita assure la mise en œuvre de plusieurs actions dont la communication et la sensibilisation du public à ces deux espèces.
Dans ce cadre, le CPIE met en place un inventaire participatif afin de mieux connaître la répartition de la cistude d’Europe et du crapaud vert sur l’île. L’objectif est de mobiliser les habitants pour qu’ils transmettent leurs observations, même ponctuelles. « On sait qu’ils sont menacés et que les populations sont en diminution, mais on manque cruellement d'informations pour savoir où ils se trouvent exactement », déplore Laura Templé. « Parfois, les gens savent où se trouvent ces espèces, et ce sont des endroits où on n’a pas été. »
Pour participer, les citoyens peuvent envoyer leurs signalements directement par mail à l’adresse ltemple@cpie-centrecorse.fr , ou utiliser des plateformes comme iNaturalist ou Casa di l’Acqua. « Le but, c’est que s’ils croisent une cistude ou un crapaud, ils prennent d'eux-mêmes l’information avant de nous la transmettre », précise Laura Templé. « Ils peuvent prendre une photo et nous l’envoyer directement. »
Les données seront ensuite collectées et traitées afin de « mieux comprendre où se trouvent les espèces ». « On va vraiment pouvoir ratisser plus largement le territoire pour savoir exactement où ils se trouvent et à quelle période. »










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