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Déchets ménagers à Ajaccio : Saint Antoine, une solution provisoire et après ?


Rédigé par le Lundi 30 Avril 2018 à 17:42 | Modifié le Lundi 30 Avril 2018 - 17:52


Les camions-poubelles ont de nouveau sillonné la ville lundi matin. Les aller-retour entre les quartiers et le site de St Antoine ont duré une grande partie de la journée pour évacuer les montagnes de déchets qui jonchaient les rues de la ville depuis quelques jours. Le blocage récent de Viggianello commençe à se faire cruellement ressentir. Le président de la CAPA en a décidé autrement. Lundi matin, le ramassage des ordures ménagères a repris avec l’autorisation du préfet de la Corse



Déchets ménagers à Ajaccio : Saint Antoine, une solution provisoire et après ?
Mais pour combien de temps ? Deux, trois semaines, et encore…Le site de Saint Antoine peut engranger un certain nombre de ballots pour une durée limitée. Mais que faire par la suite ? Un partenariat avec la société Rocca est intervenu et pourrait prolonger ce délais certes, mais le problème se posera de nouveau une fois le stockage maximum atteint. Sans solution immédiate depuis que lundi dernier, les élus de la communauté de communes du Sartenais-Valinco ont voté la restriction de l’accès au site d’enfouissement de Viggianello. Seuls les déchets des 18 communes de cette microrégion y sont acceptés.


Trois semaines avant une autre crise…
Que faire, que dire, quelle question se poser après cette situation récurrente dont on imagine difficilement la fin ? On se perd en conjectures, on dit n’importe quoi mais la situation de crise ne cesse de croître et l’on se dirige sûrement vers une crise gravissime des déchets ménagers. Le président de la CAPA n’y va pas par quatre chemins et rappelle les propositions faites il y a déjà deux ans, demeurées sans réponse :
« Voilà plusieurs jours que la collecte a été arrêtée. Nous avons un gros retard à rattraper, à savoir nettoyer complètement les rues. Cela sera possible uniquement une vingtaine de jours puisque c’est notre capacité au niveau de St Antoine. Nous agissons dans la précarité et nous ne sommes pas sortis d’affaire et il a fallu intervenir auprès du préfet de corse pour pouvoir être autorisés à le faire. Nous sommes également épaulés par l’entreprise Rocca qui possède une presse à balles et un quai de transfert ainsi qu’un véhicule spécialisé. On ne peut pas les garder trop longtemps ici, ils doivent être portés à l’enfouissement. »  


Seule notre proposition…
- Quelles solutions pour la suite ?
La solution est simple. Nous sommes le seul territoire à avoir proposé quelque chose depuis deux longues années. Nous avons signé avec le Syvadec et la CAPA la création d’une unité de tri valorisation sur le territoire de la commune d’Ajaccio, aux alentours de Campo dell-Oro. Aujourd’hui nous sommes le seul territoire pourvu d’un tel site. Bastia s’est engagé également à la faire, c’était d’ailleurs dans le protocole signé en 2015 lors de la précédente crise où Viggianello, Vico  et Prunelli s’étaient exprimés. Aujourd’hui nous avançons, nous avons bénéficié pour avancer sur ce dossier, mais on ne peut sen sortir en claquant des doigts. Il y a une trentaine de mois, entre les instructions et les travaux et nous sommes prêts à aller vers ce projet. C’est le seul sur la table, comme l’a d’ailleurs souligné le président de l’Exécutif ! 


- Quel enfouissement ? Sur le continent ?
-Pas du tout ! Nous entrerons dans une crise majeure en Corse, tout simplement. Nous ne serons plus en capacité de pouvoir traiter nos déchets. Arrivera ce qui arrivera, à savoir les rues de l’île seront jonchées de déchets avec les conséquences que cela entraîne… 


- L’exportation, c’est encore possible ?
-On ne nous autorisera pas à exporter. Il faut arrêter d’écouter n’importe quoi et n’importe qui dans ce domaine. C’est interdit pas la loi et par l’Europe donc il a falloir se mettre à travailler et surtout qu’on arrête de pérorer. Qu’on arrête de se renvoyer la balle, notre présence doit être sur le terrain. »


Vision d’horreur…
Il y a quelques jours, à la déchetterie d'Ajaccio, les poubelles de la ville croulent sous les ordures, les voitures ne se bousculent pas au portillon pour joindre le site. Les rares particuliers qui viennent y déposer leurs déchets jouent le jeu. Les employés constatent :  « Eux, font leur devoir de citoyen. Il faut penser à nos enfants, à nos petits-enfants et puis on se doit de respecter la nature, donc jouer le jeu, ne pas hésiter à venir déposer à la déchetterie. Il en va de l’avenir de nos enfants. »
Autre visite au quartier de Pietralba, comme ailleurs, la situation devient critique. Les sacs envahissent les abords et les camions sont vides ! Les commerçants, visiblement consternés et le disent : « C’est catastrophique. Tout le monde jette face à nos commerces sans la moindre retenue. Merci pourles odeurs, les rats et la pollution qui nous gagne. Le soir, le matin, c’est devenu insupportable, on nevit plus et l’on se demande comment tout cela va finir. »
Un peu de bon sens…
 
François Filoni, délégué à ce service n’en fini plus de tourner, de prêcher la bonne parole, de demander aux Ajacciens de jouer le jeu en attendant qu’une solution soit trouvée. Il sillonne les quartiers à longueur de journée, explique, conseille, ne cesse de dresser un constat sévère de la situation : « Regardez ce dépôt par exemple, tout ça c’est du recyclable. Les chiffons c’est comme le carton, ça se recycle, ça n’a rien à faire dans les poubelles. On peut chercher les élus et dire, les élus ont été très mauvais. Mais le citoyen Qu’est-ce qu’il faut dire ? Alors qu’il a les bacs à sa disposition pour recycler, on fait des collectes au porte-à-porte. Ça en devient désespérant, je me demande si on est conscient, un peu de bon sens s’impose…»
J. F.




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