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Déchets : "Valorisation thermique et pas incinération" pour le groupe Per l’Avvene


Rédigé par José Fanchi le Jeudi 7 Juin 2018 à 16:13 | Modifié le Jeudi 7 Juin 2018 - 16:30


Trois des élus de Per l’Avvene, Jean-Martin Mondoloni, Xavier Lacombe et Christelle Combette ont donné une conférence de presse relative à la problématique des déchets. Ce dossier récurrent qui n’en fini pas de mobiliser nos politiques et qui semble stagner entre chaque crise… Per l’Avvene entend aller plus vite et demande des réponses rapides ainsi qu’une réflexion sur la valorisation thermique


Déchets : "Valorisation thermique et pas incinération" pour le groupe Per l’Avvene
Jean-Martin Mondoloni a pour habitude de dire ce qu’il pense et ne s’en prive pas. Surtout lorsqu’il prend l’actualité au vol et déclare :
« L’urgence de la situation des déchets en Corse impose de définir un mode de gestion aussi ambitieux en termes de collecte que de traitement. Cela a conduit notre groupe à déposer une motion sur ce dossier, une motion avançant un certain nombre de pistes complémentaires du début à la fin de la chaîne avec une perspective de valorisation et de réduction maximale des déchets résiduels. Des propositions complémentaires et alternatives constituant une réponse globale et pragmatique, à l’inverse des considérations idéologiques qui, hélas, ont toujours prévalu sur ce dossier, autant qu’elles ont nui à la résolution de cette question cruciale pour l’avenir de la Corse. »


Sortir de la crise…
Pour Jean-Martin Mondoloni, la priorité des priorités c’est de continuer à sortir, de façon responsable, de la crise :
« Il y a ce qui nous rapproche de la majorité et ce qui nous distingue. Nous voulons faire le point la dessus. La Corse produit 230 000 tonnes de déchets. Aujourd’hui on trie, de l’ordre de 26%, ce qui signifie en clair qu’il reste 74% des déchets à traiter. La solution, tout le monde la connait, c’est l’enfouissement. Des quatre centres, les seuils d’acceptabilité des populations locales des deux grandes décharges sont dépassés. Il faut en sortir. On connait la proposition de l’Exécutif qui est de trier. On est mille fois d’accord sur ce point. La question c’est la temporalité. S’il est pour nous évident de mettre un terme au « tout enfouissement » comme seul mode de gestion des déchets, cette affirmation n’a de sens que si elle est assortie d’un projet alternatif prenant aussi bien en compte la démarche vertueuse du tri à la source et de la responsabilisation des consommateurs, qu’un dispositif de traitement viable et pérenne. »
 

Des objectifs bien précis
Le groupe Per l’Avvene veut sortir une bonne fois pour toutes du « tout enfouissement » qu’il qualifie de moindre mal. Mais comment en sortir ?
« Simplement oui au tri, oui au sur tri » explique Jean-Martin Mondoloni qui évoque les objectifs du groupe Per l’Avvene :
Encourager et faciliter le tri à la source dans le but d’améliorer sans cesse les taux de collecte et de recyclage, réduisant par la même la masse des ordures à traiter
Faire respecter aux grandes surfaces insulaires l’article 199 de la loi 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement dit Grenelle 2, par l’implantation de plateformes de déballage sur site
Etablir un partenariat avec un supermarché pour expérimenter un mécanisme de bons d’achats au profit de consommateurs vertueux utilisant de bornes de tri installées sur le parking
Réaliser dans les meilleurs délais deux centres mixtes de tri de valorisation près des  Agglomérations d’Ajaccio et de Bastia, principaux bassins producteurs de déchets, comprenant chacun une unité de sur tri mécanisé des ordures pour qu’y soient dissociés les fermentescibles et les matières à recycler du reste des déchets et une unité de méthanisation afin de traiter sur site biodiversités et fermentescibles dans une démarche de production d’énergie.
Engager une étude relative à la valorisation thermique des déchets non organiques et non recyclables issus des unités de sur tri
Etablir que les tonnes résiduelles de déchets inertes et ultimes à l’issue du processus de tri, recyclage et valorisation  thermique complémentaire soient transportées dans des centres d’enfouissement technique adaptée.


Trier coûte très cher
Xavier Lacombe connait le sujet et s’était même proposé d’intervenir en 2015 sur ce dossier. On a crié à l’utopie. On ne peut pas passer de 0 à 25% en 10 ans et passer en trois ans, de 25 à 60 %. Il s’est expliqué sur le sujet :« Il y a une véritable volonté de partager et d’accentuer le tri des déchets. Tout le monde accélère, à l’image de la CAPA, qui atteint aujourd’hui 24%  et qui a multiplié son nombre de bornes PAV (point d’apport volontaire), le développement de la collecte au porte à porte. Je voudrai ajouter que face à cela, il y a des difficultés financières. Faire trier coûte cher à la collectivité. L’exemple de la CAPA sur ces trois dernières années constitue 4 ou 5 millions d’euros au total.  Le souci est d’apporter une solution pour la problématique des déchets mais préserver le citoyen qui aujourd’hui paie cher et ne voit aucune solution et qui sait si demain on ne va pas lui demander de payer encore plus cher. C’est inacceptable pour la Corse et les gens qui y vivent. »
J. F.




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