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Corse : Didier Guillaume, un ministre en éclaireur


Jacques RENUCCI le Mercredi 26 Juin 2019 à 20:37

Le ministre de l'Agriculture est venu en Corse dans l'exercice de sa fonction ; mais c'est surtout pour sonder l'île avant la visite d'Edouard Philippe




(Photo Michel Luccioni)
(Photo Michel Luccioni)

Entre la visite jugée « arrogante » de Macron (qui a qu'on le veuille ou non déterminé jusqu'à présent une tension dans les relations État-région) et la prochaine escale d’Édouard Philippe en Corse, il y a eu les gilets jaunes, le grand débat – et une sorte de mea culpa de l'exécutif qui a admis qu'il ne s'était pas rendu compte de la distance existant entre lui et les citoyens. Le parcours du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume en Corse s'inscrit dans cette nouvelle perspective relationnelle imposée par les réalités du moment.


Bien sûr, le personnage est ainsi fait qu'il n'allait pas révolutionner quoi que ce soit. Durant sa carrière politique, l'ancien sénateur de la Drôme a toujours agi avec circonspection. La seule fois où on l’a vu en presque première ligne, c'est lorsqu'il a mené la campagne de Manuel Valls dans le cadre de la primaire socialiste, où le néo-Barcelonais s'est ramassé une veste mémorable.


Didier Guillaume est affable, souriant, attentif, cordial – et malin. Au récent congrès de la FNSEA, il a ainsi été tantôt sifflé, tantôt applaudi, les participants ne sachant plus trop où ils en étaient... A cette occasion, il a fustigé l'agri-bashing, cette façon qu'ont certaines élites et nombre de citoyens de dénigrer l'agriculture, de la charger de tous les maux, voire de l'agresser – comme c'est le cas pour le commerce de la viande. Et l'agri-bashing, l'agriculture corse le connaît bien. A partir de quelques écarts isolés, on la juge truqueuse et quémandeuse dans son ensemble ; on s'en méfie et, lorsqu'on se méfie, on referme la boîte à subventions...

 

En attendant Édouard Philippe

 

Didier Guillaume, on l’a dit, est un homme prudent, qui ne s'avance pas beaucoup, surtout en terrain glissant. Il a l'accolade facile, il s'enthousiasme pour ce qui va bien, il encourage ce qui pourrait aller mieux, il balance du soutien verbal à tout va, mais il élude les vrais problèmes, faisant une passe en retrait (n'oublions pas qu'il avait été pressenti pour organiser la coupe du monde de rugby 2023 en France) en direction de futurs groupes de travail, d'hypothétiques dossiers nourris de projets et d'arguments, issus entre autres de concertations souhaitées fructueuses des chambres entre elles, et de ces chambres avec l'ODARC. Car les attentes sectorielles ne sont pas les mêmes ; toutes les filières n'évoluent pas au même rythme, n'ont pas les mêmes contraintes vis-à-vis des critères communautaires.


Et là, Didier Guillaume l'a reconnu, on entre dans le dur. Les commissaires européens, s'appuyant sur le dossier des fraudes, ont tendance à porter un regard négatif sur l’ensemble de l'agriculture corse. Les éleveurs en particulier souhaitent que cette image soit cassée, pour que l'on prenne en considération la spécificité de leur activité, la valorisation des parcours peu productifs par exemple. Au ministre d'agir dans la mesure de ses moyens pour que la PAC en tienne compte.


En somme, sur deux jours, Didier Guillaume a peu annoncé et peu promis. Pourquoi est-il venu, se demande-t-on ? A travers le monde agricole, il a pris la température de l'île pour en rendre compte au Premier ministre. Et l’éclaireur est rentré faire son rapport à Édouard Philippe. Celui-ci, pour ce qu'il est convenu d'appeler l'acte deux du quinquennat, s'est engagé à changer de méthode, à se situer plus qu'avant dans l'écoute et le dialogue. Encore faut-il qu'on lui en donne la possibilité - et la façon dont il sera reçu en Corse apparaîtra comme significative. Si elle est cordiale, elle aura davantage de possibilités d'être constructive. Mais il ne faut pas se leurrer, le cap restera le même, le pouvoir étant conforté dans sa ligne par les élections européennes et les récents sondages qui ont vite relégué aux oubliettes l'épisode gilets jaunes. De toute façon, au fond, peu importe que le risque d'être déçu existe : en termes de parcours peu productifs, l'île a une solide expérience.







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