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Core In Fronte jette un pavé dans la mare de la base aérienne 126 Ventiseri-Solenzara


Maria-Serena Volpei-Aliotti le Samedi 12 Octobre 2019 à 20:19

Les militants de Core In Fronte se sont rassemblés ce samedi 12 octobre à Vintiseri, devant la base aérienne 126, pour évoquer lors d'une conférence de presse, les nombreux problèmes qui, selon eux, sont engendrés par sa présence.
Le ministère des Armées a en effet entrepris les travaux de délocalisation de l’entrée de la base, 400 mètres plus au sud, pour un montant de 3 millions d'euros.
Jean-Noël Profizi, conseiller municipal à Serra di Fium'Orbu, représentant communauté des communes Fiumorbu Castellu et militant Core In Fronte, explique à Corse Net Infos le but de cette mobilisation.




- Ces travaux ont été le seuil déclencheur de cette mobilisation. Je tiens à rappeler qu'il y a dix ans, ces travaux étaient prévus pour sécuriser et changer l’entrée de la base. À cette époque, il avait été convenu que la mairie devait faire les travaux et aurait récupéré en échange le terrain pour y construire des logements sociaux pour les jeunes corses..  
 
- Aujourd’hui, qu'en est-il ? 
- Et bien 10 ans plus tard, les travaux ont été réalisés par le ministère des Armées, sans aucune concertation avec les élus locaux. Les promesses n’ont pas été tenues. 
 
- Quels sont les problèmes engendrés par la base 126?
- Le problème c’est que l'armée fait ce qu’elle veut, comme elle veut, quand elle veut! Et sans rien demander à personne. 
Nous avons fait un peu le tour des problèmes que la commune et les habitants rencontrent avec la base. 
Il y a les nuisances sonores ininterrompues, il y a également le dépôt de munitions, qui se trouve aux abords du village. Un plan de risques technologiques avait été établi " à quella manera" mais refusé par la mairie. [...]. Il est vrai qu'en cas d'explosions, les résidus stopperaient net leur propagation aux portes de la base! [..]. D'autres problèmes, la centrale thermique au fioul ou encore celui des logements. Sur Ventiseri, quand on construit 20 logements, plus de 75 % sont réservés aux militaires. Des biens qu'ils revendent avec de belles plus-values lors de lors mutations". 
 
- Pourquoi cette action aujourd'hui ? 
- Nous demandons à ce que ces fameux terrains soient cédés immédiatement à la commune, pour qu'elle puisse y construire les logements sociaux, réservés à la jeunesse corse. 
Nous demandons le déplacement de ce dépôt de munitions au nord de la base, zone éloignée du village où se trouve leur parcours de golf. Sous couvert du secret d’État, personne ne dit jamais rien. On ne sait pas ce qui se passe. Je le répète, ils font ce qu'ils veulent comme ils veulent.
Ce sont des problèmes pourtant connus des autorités. 
[...]. On suivra l'affaire et les évolutions. 

Le communiqué de Corse in Fronte

"Nous sommes présents, aujourd’hui à Vintisari, devant la base militaire 126, pour évoquer des travaux entrepris, par l’armée, pour délocaliser l’entrée de la base à 400 mètres plus au sud. 
Alors que les collectivités peinent à trouver des financements pour rénover les routes de l’intérieur du territoire du Fium'Orbu-Castellu, la France investit près de 3 millions d'euros de voirie pour sa base aérienne. 
Ces travaux ont été lancés de manière autoritaire sans concertation avec les élus locaux, par le ministère des Armées.
 
Cette délocalisation de l'entrée a pour conséquence première d’annuler la rétrocession prévue et attendue, depuis des années par la municipalité, des terrains attenants le long de la RT 10. Signe avant-coureur, la bande coté RT 10 a été re clôturé sans laisser un seul mètre de servitude par rapport à l’immensité du terrain disponible, la limite du cadastre et Basta. 
 
 La mairie de Vintisari avait un projet, dans le cadre du PLU, de logements en accession à la propriété pour les jeunes corses. Avec ces travaux, il devient de fait caduc. Ceci n’est pas acceptable. 
 
 Core In Fronte demande, avant une éventuelle autre prise de décision autoritaire de la part de l’Armée, que les parcelles cadastrées 349 Section B, 119 Section AB et toutes les parcelles , (où se trouvaient les locaux de l’ancienne DDE et des vieilles réalisations) soient restituées à la commune afin de créer des logements aux primo accédants.
 
 La Société Nationale Immobilière loge actuellement 170 familles de militaires, qui ont été prioritaires, sur la commune. Nous exigeons un rééquilibrage au profit des familles corses de la région. 
  
 
Le dépôt de munitions, un danger pour les populations 
 Par ailleurs, l’Armée, malgré de nombreuses réticences, s’obstine à implanter définitivement son dépôt de munitions au Sud de la base, après l’avoir « caché » à l’Est durant des décennies au mépris des populations. 
Une telle infrastructure nécessite un Plan de Prévention des Risques Technologis
Que (PPRT) pour protéger les personnes. Nous mettons en doute l’efficacité du périmètre retenu qui se restreint à la RT 10
 
 Les militaires semblent préférer leurs infrastructures de loisirs ( golf et stade) au mépris de la population. Pour Core In Fronte, l’empressement des travaux vise à neutraliser la restitution des terrains pour masquer le problème de l’emplacement du dépôt de munitions.
 
A ce titre, nous demandons la délocalisation du dépôt de munition au Nord de la base, à la place de l’actuel parcours de golf de 2500m de long.
 
 
La base, une source de pollution 
 Au plan écologique, nous demandons une étude environnementale sur l’impact des vols et dégazages sur l’écosystème marin, l’étang de Palu, la Zone Natura 2000 et les terres agricoles environnantes.
 
La base est un contre modèle écologique 
- Une base militaire chauffée avec une centrale au fuel : nous demandons un passage à une centrale à bois en collaboration avec la SEM Corse Bois Energie, avec des retombées économiques certaines pour notre territoire avec des créations d’emplois.
 
- Un pipe line en mer qui ravitaille 3 dépôts de carburants : nous demandons un contrôle civil et indépendant et les moyens mis en œuvre en cas d’accident ; 
- La gestion des poubelles sur site : pas de tri sélectif et une gestion opaque.
Nous demandons que la base montre l’exemple et deviennent un site pilote en matière de tri sélectif intégré à la communauté des communes Fium’orbu-Castellu, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
La préfète donne des leçons en matière de gestion de déchets. L'Etat devrait commencer par donner l'exemple sur sa base militaire.
 
Enfin, le centre de tir de Linguizzetta, situé à 50km au Nord de la base, est une source de pollution importante. 
 Depuis 1956, des milliers de projectiles ont été tirés. Ils finissent au sol et en mer. 
Un tapis de munitions (obus, bombes…) s’étale sur plusieurs hectares de fonds marins , souvent à faible profondeur. Le lieu est paraît-il dépollué par l’Armée. Ce n’est pas le cas.
 
 Malgré les dénégations, nous savons, de source sûre, qu’un tir sur sept se fait à munition réelle. Depuis des décennies, cela a d’ailleurs provoqué de nombreux incendies. 
 
 
Les militaires occupent notre sol illégitimement. 
 La base aérienne, base d’entraînement, de soutien et de projection d’escadrons de combats de l’OTAN, est en fait le porte avion de l’impérialisme conquérant d’une France Post Coloniale. 
 Le FLNC ne se trompait pas lorsque, après son action du 14 janvier 1977 «Opération Zara» il dénonçait « l’impérialisme, le colonialisme français et l’utilisation de la base comme marche pied dans le dispositif d’agression contre les peuples en lutte pour leur libération et leur indépendance». 
 Aujourd’hui, la Corse, nation jadis souveraine, occupée militairement par la France, subit malgré elle la présence, à Ventiseri, d’une base militaire susceptible de faire décoller des avions de guerre pour larguer des bombes pour pour des raisons géostratégiques imposées par l’impérialisme Américain et le contrôle des réserves énergétiques (pétrole et uranium). La base dégage des bénéfices énormes avec la location de ses de ses infrastructures à des pays « amis », nous en récupérons les nuisances sonores et environnementales. Nous rappelons aux militaires qu'ils occupent notre sol illégitimement depuis une conquête militaire d’annexion forcée, adossée au Traité de Versailles qui n’a jamais été ratifié au niveau international.
 
• Nous demandons des comptes sur l'impact écologique de la base sur les écosystèmes limitrophes. Après 60 ans d’activité, une mission d’évaluation environnementale confiée à un organisme neutre s’impose. 
• Nous exigeons la rétrocession immédiate à la commune, par l'armée française, du foncier nécessaire à l’édification des logements.
 
[ ] Nous exigeons la délocalisation du dépôt de munitions au Nord de la base, loin de l'agglomération."





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