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Conseil Economique Social et Culturel : Enfin une Commission ad hoc pour les déplacements médicaux


Rédigé par José Fanchi le Mardi 24 Juillet 2018 à 19:09 | Modifié le Mardi 24 Juillet 2018 - 19:35


La Corse est la seule région française qui ne dispose pas de Centre Hospitalier Universitaire. De fait, certaines spécialités ne sont pas pratiquées sur l’île et l’offre de soins n’est pas en capacité de répondre aux besoins des patients. Raison pour laquelle le Conseil Economique social et Culturel de Corse a annoncé, mardi, la création d’une Commission ad hoc sur les déplacements. La séance était présidée par Paul Scaglia, président du CESC Corse. La Commission sera présidée par Laetitia Cucchi, de l’association INSEME


Paul Scaglia et Lætitia Cucchi avec Dominique Baldacci, François Pernin, Stéphanie De Cicco…(Photos M. L)
Paul Scaglia et Lætitia Cucchi avec Dominique Baldacci, François Pernin, Stéphanie De Cicco…(Photos M. L)
Plusieurs autres membres de la Commission étaient présents à cette importante réunion, à savoir Dominique Baldacci, François Pernin, Stéphanie De Cicco…
« Cette problématique d’accès aux soins existe ailleurs dans l’hexagone, elle revêt toutefois chez nous une ampleur considérable compte tenu du pourcentage très élevé de la population concernée. En effet, tous les ans, la CPAM enregistre autour de 18 000 déplacements sur le continent pour raison médicale. Cet état de fait qui s’impose à la population a en effet au moins une fois une famille résidant sur l’île » a expliqué Paul Scaglia en ouverture de la séance, au cours de laquelle les membres de la Commission ad hoc se sont exprimés, notamment Laetitia Cucchi, Dominique Baldacci  et le docteur François Pernin, pour expliquer les nombreuses difficultés rencontrées par les familles pour les déplacements médicaux.   


Une Commission qui s’imposait…
Il va sans dire que ces nombreux déplacements entraînent d’importantes difficultés matérielles et financières pour les familles et cela se traduit inévitablement par une entrave économique généralisée et permanente à l’accès aux soins. Certes, des avancées ont été enregistrées, notamment grâce à l’impulsion du monde associatif  mais il reste beaucoup à faire pour soulager les familles des difficultés logistiques, matérielles et financières qui constituent une double peine qui s’ajoute à la maladie lors d’un déplacement. Il va sans dire que le CESC dispose d’un pouvoir d’auto saisine, ce qui a permis à Laetitia Cucchi, représentant les unions Départementales d’association familiales de la Corse du Sud et de la Haute-Corse, qui préside également INSEME, de s’emparer de cette problématique spécifique et de proposer cette Commission ad hoc dédiée aux déplacements médicaux vers le continent, dont la création a été votée à l’unanimité lors de la séance plénière du 25 mais dernier par la Collectivité de Corse.
Cette Commission, dont les travaux débuteront prochainement, est composée de MM. Dominique Baldacci, Jean-Michel Biondi, Jean Brignole, Jean-Pierre Clementi, Laetitia Cucci (présidente), Jean Dalcoletto, Stéphanie De Cicco, Antoine Feracci, Jean-Pierre Luciani, Marie-Madeleine Mondoloni et François Pernin. Les objectifs de cette Commission :
  • Etablir un état des lieux précis des déplacements : au regard de la spécificité de la Corse, du cadre juridique, de leur nombre et de leur coût 
  • Evaluer les difficultés des malades : en matière d’information, d’accompagnateurs, de transport et d’ébergement
  • Elaborer des propositions d’amélioration de prise en charge des malades : dans le cadre des compétences de la Collectivité de Corse, dans le cadre d’une modification du Code de la Sécurité Sociale
« L’ensemble des acteurs privés, associatifs et institutionnels concernés par cette problématique, seront associés afin que le CESC puisse disposer de tous les éléments chiffrés nécessaires à l’élaboration de propositions concrètes, argumentées et crédibles » a précisé Paul Scaglia.
Un rapport sera naturellement adressé aux présidents du Conseil Exécutif et de l’Assemblée de Corse.

Lætitia Cucchi
Lætitia Cucchi
Les vérités de Laetitia Cucchi
Laetitia Cucchi, présidente de l'association Inseme, plaide pour une meilleure prise en charge des patients insulaires hospitalisés sur le Continent et cela depuis des années, au cours desquelles elle a fait preuve d’une détermination à nulle autre pareille. Son combat ? Changer la donne dans une île privée de centre hospitalier universitaire, où nombre de patients sont toujours contraints de se rendre dans les établissements du Continent.


«En Corse, on milite tous pour l’amélioration de l’offre de soins et nous espérons qu’un jour il y aura des infrastructures dignes de ce nom. On considère aujourd’hui qu’il y a une rupture d’équité, que les Corses sont traités comme des citoyens de second rang alors que, comme les autres, nous nous acquittons tous de nos impôts mais nous n’avons les mêmes infrastructures comme les autres. De toutes les régions du pays et dans les DOM-TOM. Il n’y a que la Corse qui est dépourvue de CHU.  Pour nous, c’est une rupture majeure en termes d’équité devant l’accès aux soins et cela devient de plus en plus insupportable. On sera toujours partisan de l’offre de soins mais surtout on veut faire face, dans l’urgence, à la réalité et faire en sorte que les règles s’adaptent à cette spécificité sanitaire. »


- Nous nous dirigeons vers une amélioration ?
La Collectivité de Corse peut faire beaucoup de choses pour améliorer la situation des malades. On l’a vu, Air Corsica a ouvert une salle d’attente pour les malades à Marseille, mais on souhaiterait aujourd’hui, dans le cadre des futures OSP, voir des salles d’attente dans tous les ports et aéroports de Corse ; on aimerait voir également des embarquements prioritaires ; un véritable tarif social pour les accompagnateurs ; que chaque compagnie réserve des quotas pour les malades cas d’urgences et également des places qui pourraient être libérées afin que les malades puissent partir rapidement. Il y a beaucoup de choses à faire qui relèvent de la Collectivité.


- Un CHU en Corse, est-ce dans le domaine du possible ?
Bien sûr. Non seulement il faut poser cette question au gouvernement mais dans l’intervalle -  même si la réponse venait à être positive -  on souhaiterait poser la question : peut-on adapter aujourd’hui le Code de la Sécurité Sociale à la spécificité sanitaire de la Corse ? Peut-on dire que lorsqu’un enfant chez nous, souffre d’une affection de longue durée, notamment un cancer, est-ce que dans ce cas là, l’assurance maladie peut pour la Corse, prendre en charge le billet du deuxième parent, afin que le père et la mère soient aux côtés de cet enfant ? Est-ce que l’assurance maladie peut prendre l’hébergement en charge ? On demande enfin, la suppression de procédure d’entente préalable, une procédure administrative qui parfois est complètement ubuesque. Parfois, vous savez que vous ne pouvez pas être soigné en Corse, mais il faut faire la demande d’autorisation de partir, il faut attendre 15 jours etc…Ce sont des lourdeurs pas du tout adaptées à la réalité de notre île. On espère que les élus nous soutiendrons. Nous demandons donc au gouvernement d’adapter le Code de la Sécurité Sociale à notre réalité
E cusi sia !
J.F.




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