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Assemblée de Corse : la tension monte entre la majorité nationaliste et l'État


Rédigé par Michel Rosecchi le Jeudi 23 Mai 2019 à 22:15

Lors de l'ouverture de la session de l'Assemblée de Corse, ce jeudi 23 mai, le président de l'exécutif, Gilles Simeoni, a attaqué avec des mots très durs l’attitude de l’État face à la situation de tensions que connaît l’île ces derniers temps . Si une partie de l'opposition accuse la majorité de faire diversion pour éviter de parler du bilan, la majorité veut calmer les tensions du côté de la majorité territoriale, comme du côté de l’État.




“Guérilla politique”, ce sont les mots qui raisonnaient au travers des couloirs de la Collectivité durant ce premier jour de session de l’Assemblée de Corse. Le président de l'exécutif a durement attaqué l’attitude de l’État face à la situation de tensions que connaît l’île ces derniers temps. Meurtres à répétition, incendies, attentats, AOT pour Gilles Simeoni ce climat nécessite de l’apaisement et la reprise de dialogue entre l'Etat et la collectivité. 

 

On est en train de construire une situation dangereuse

 

“Depuis quelques mois, on peut noter la fluctuation d’actes criminels grave, (...) Entre 2015 et 2017, il n’y avait plus d’espace politique, ni sociétal pour ce type de dérives. On est en train de construire en Corse une situation explosive, une situation dangereuse, qui va échapper ou qui risque d’échapper à tout contrôle” a lancé le président depuis  l’hémicycle de l’Assemblée de Corse. 

 

La réponse de deux groupes d'opposition de l’Assemblée, Per l’Avvene et La Corse dans la République, qui s’inquiètent de la montée des tensions entre les nationalistes et la préfète de Corse, n'ont pas tardé à arriver “On voit bien que la majorité aujourd’hui qui rame dans ses projets et dans la construction d’une collectivité unique se décharge totalement sur une faute de l’Etat dans tous les domaines” estime Valérie Bozzi, présidente du groupe La Corse dans la République. 

 

« ESA, AOT, déchets, contentieux sur la DSP très haut débit, rejet du calendrier scolaire : autant de dossiers cruciaux en situation d’échec sur lesquels l’Exécutif cherche à faire diversion en rejetant la faute sur l’Etat. Ce processus de radicalisation politique et rhétorique, émanant de la majorité territoriale, est alarmant et stérile alors que nous avons besoin d’un partenariat fécond et serein. Des solutions existent sur tous ces sujets, notamment l’impérieuse nécessité de réviser le PADDUC pour parvenir à un document opérationnel et applicable. » 

 

La critique est appuyée par Jean-Martin Mondoloni, président du groupe Per l’avvene à l’Assemblée de Corse : “ ‘Recours scandaleux’, ‘guérilla’, ‘déclaration de guerre’, ‘volonté néfaste’, ‘dérive funeste’, ‘croisade’, ‘offensive’, couronnée par je cite : ‘un assassinat politique’. Je pense que ces mots percutent dans l’opinion “. “Notre camp c'est pas celui de l'état ou de la CdC mais celui de la Corse (...) et est ce que la Corse va tirer des bénéfices de cette situation ? Bien sur que non.”

 

 

Pour Jean Charles Orsucci il est opportun d’apaiser les esprits du côté de la majorité, comme du côté de l’État.
 

 

L’annulation du marché remporté par SFR

Une de raison de la hausse de tension remonte à samedi dernier quand l'Etat a déposé un recours contre le contrat entre la Collectivité de Corse et SFR pour l'installation de la fibre en Corse. Une décision qualifiée de «déclaration de guerre» par Gilles Simeoni, 

Le 8 novembre dernier, Gilles Simeoni signait alors la convention de déploiement de la fibre optique avec le PDG du groupe Alice, propriétaire de SFR. Ce contrat de 327 millions d’euros, dont 52 millions d’euros issues de subventions publiques avait pour but d’installer la fibre sur tout le territoire d’ici 2023. Quelques semaines plus tard, le dossier tombe entre les mains de la justice pour soupçon de favoritisme. Les enquêteurs s'interrogeaient sur la capacité de SFR à mener à bien les travaux ainsi que sur "la présence de proches du pouvoir politique au sein de certaines sociétés sous-traitantes locales auxquelles SFR a fait appel". Les investigations visaient notamment d'éventuelles "contreparties" et de possibles "pressions".  

«J'ai déféré, le tribunal éclairera sur la légalité. Je n'ai rien à ajouter», a simplement déclaré la Préfète de Corse, Josiane Chevalier, à un quotidien local mais sans préciser les raisons de ce recours. Contacté par l'AFP, Gilles Simeoni a assuré «aller sereinement devant le tribunal administratif» de Bastia, considérant ce recours comme «une décision exclusivement politique, une déclaration de guerre contre le conseil exécutif et la majorité territoriale».

Affaire à suivre au vu de la suite de la session du 24 mai.





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