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Ajaccio - La sprinteuse Marie Labarussias part vivre son rêve américain


Matteo Lanfranchi le Samedi 18 Juillet 2026 à 16:31

À bientôt 19 ans, la sprinteuse corse Marie Labarussias, spécialiste du 400 mètres, s'apprête à vivre un grand tournant. Le 17 août prochain, elle s'envolera pour le Kentucky afin de rejoindre l'University of the Cumberlands, où elle intégrera à la fois une équipe d'athlétisme universitaire et un double cursus. Une aventure de quatre ans qui mêle sport de haut niveau, études et découverte d'une nouvelle culture.



Marie Labarussias (au centre) lors de son record sur 400 mètres. ©Hubert Ardisson
Marie Labarussias (au centre) lors de son record sur 400 mètres. ©Hubert Ardisson

L'idée a germé assez tard, presque par hasard. Après une première année de BTS à Ajaccio, la jeune athlète est encouragée à tenter sa chance de l'autre côté de l'Atlantique. "On m'a poussée à le faire, en me disant que c'était une super expérience et que j'avais le niveau, raconte-t-elle. Je me suis dit : pourquoi pas, j'ai tenté." Elle contacte alors l'agence Elite Athletes, spécialisée dans le placement de sportifs dans les universités américaines, qui transmet son dossier outre-Atlantique. Trois universités se manifestent. Elle choisira celle des Cumberlands.


Un cadre "carré" qui a fait la différence

Si son choix s'est porté sur cette université privée, chrétienne et à caractère militaire, c'est autant pour sa taille humaine que pour son sérieux. "C'est une des plus petites universités de la région, et c'est ça qui me plaît, explique Marie Labarussias. C'est une université militaire, donc c'est carré, et ça me plaisait." Elle salue aussi la transparence de l'établissement, notamment sur la question des frais. "Il n'y avait pas de frais cachés, ils étaient cash, et moi ça m'a plu." Un sérieux confirmé tout au long des démarches. "Toutes les questions que je posais, j'avais une réponse dans la journée. J'avais le numéro du coach, ils étaient super accessibles. Je n'ai eu aucun souci."

Là-bas, la jeune corse suivra un double bachelor en sport management et business administration, un cursus de quatre ans choisi pour garder un maximum de portes ouvertes. "Je n'ai pas encore d'idée précise de métier, c'est pour ça que j'ai fait ce double bachelor. Au bout de quatre ans, j'aurai sûrement une idée."


Un rythme d'athlète de haut niveau

Sa nouvelle vie, elle en connaît déjà la cadence, emploi du temps en main depuis deux mois. Les journées s'annoncent denses : les cours occuperont les matinées, l'entraînement rythmera les après-midis, avec au minimum trois séances de musculation par semaine et de la piste presque tous les jours, pour seulement deux jours de repos. Un quotidien exigeant, taillé pour la performance, auquel s'ajoutent six heures de cours dédiés au christianisme, propres à cette université confessionnelle.

Sur le plan de l'entraînement, Marie Labarussias découvrira aussi la patte américaine, réputée pour son travail foncier. "Sur la muscu, ils accentuent beaucoup les gammes et le travail de pied, ils font ça deux fois plus que nous", relève celle qui sait déjà qu'elle devra s'adapter à de nouvelles méthodes. Elle s'essaiera par ailleurs à une distance inconnue de ce côté de l'Atlantique : le 600 mètres, épreuve officielle en salle aux États-Unis, qui vient s'ajouter à son 400 de prédilection. Sur le tour de piste, justement, la corse arrive avec de sérieux arguments : elle possède un record personnel de 57''74 au 400 mètres, sa distance de prédilection. De quoi aborder sa première saison outre-Atlantique avec de belles perspectives de progression.


"Devenir bilingue, un rêve"

Mais au-delà de la performance, c'est un projet de vie que la jeune femme embrasse. "Mon objectif, c'est de prendre le plus d'expérience possible et de devenir bilingue, c'était un peu un rêve, confie-t-elle. Avoir plus d'autonomie, découvrir une nouvelle culture, c'est vraiment ce qui me pousse à partir." À quelques semaines de l'échéance, l'excitation l'emporte largement sur l'appréhension. "Je ne suis pas encore stressée, j'ai super hâte. Hâte de découvrir, de faire de nouvelles rencontres."

Reste que le départ aura un goût doux-amer. Ce qui lui manquera le plus ? "La famille, et puis en Corse tout le monde se connaît, c'est ce rapprochement avec les gens qui va me manquer." En face, l'appel du grand large et du gigantisme américain. "Il y a la qualité des infrastructures, le système scolaire, la vie qui est deux fois plus grande, tout est surdimensionné. J'ai trop hâte de découvrir." Son campus, à lui seul, donne le vertige : 61 hectares et 2 000 résidents, soit près de la moitié de la population de Williamsburg, la petite ville qui l'accueillera. Quitter sa Corse à 19 ans pour se lancer dans l'inconnu : un choix de vie audacieux, à l'image d'une jeune femme qui sait ce qu'elle veut.