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A bord du "Vizzavona" : « Je crois dans la Corse et dans les entrepreneurs corses »


Rédigé par José Fanchi le Mardi 5 Juin 2018 à 18:09 | Modifié le Mardi 5 Juin 2018 - 22:49


Quelle heureuse coïncidence ! Bruno le Maire, ministre de l'Economie et des Finances effectue un déplacement en Corse : Lundi à Patrimonio et à Bastia, mardi à Ajaccio. Avant de rejoindre la préfecture de Corse où l’attendait un déjeuner républicain en compagnie de la préfète, il s’est rendu sur le port de commerce pour l’inauguration officielle du 7e et performant outil de la compagnie régional Corsica Linea, « le Vizzavona » un super bateau de 188 mètres pouvant accueillir 800 passagers et 130 voitures, d’une capacité de 2500 mètres linéaires.


Bruno Le Maire a participé mardi matin à l’inauguration du Vizzavona ,un navire affrété par la Corsica Linea qui ne desservira pas les lignes de la délégation de service public mais pourra le faire en cas de pépin majeur. Le Vizzavona est un navire qui ouvre la voie au développement de l’activité de la compagnie, tant en Corse mais surtout au sein de la Méditerranée. En clair, ce 7e bateau de Corsica Linea constitue le « business model » fondé sur l’ équilibre entre le fret et le trafic passagers avec une capacité de 2500 mètres linéaires, élément de réponse à l’augmentation du fret sur la Corse et de fait, à la croissance de l’économie insulaire; un ancrage maximal de la compagnie dans le paysage maritime méditerranéen; un signe fort pour le développement de la filière maritime corse; un nom emblématique de l’ambition de la compagnie pour la Corse, Le nom vient en résonance au point où les deux départements se rejoignent, symbolisant une Corse unie…​


Fumée qui monte au ciel…
Le Vizzavona, un cargo-mixte qui a une capacité très importante, est équipé de filtres qui  permettent d’avoir des fumées moins polluantes. Il répond ainsi aux nouvelles normes environnementales. Il s’agit de « scrubbers », sorte de système de lavage des fumées qui marque surtout une étape supplémentaire sur la voie d’un développement durable et responsable de l’entreprise :

« Nous anticipons sur la réglementation internationale dite « Marpol » qui imposera une baisse des émissions de souffre des navires de 3,5% à 0,5% à compter du 1er janvier 2020 en Méditerranée » nous confiait hier Pierre-Antoine Villanova, le directeur de Corsica Linea, et de poursuivre :

« Il s’agit d’un affrètement auprès de l’armateur italien Grimaldi qui constitue les prémices des choix stratégiques que notre compagnie souhaite opérer en matière de renouvellement et de modernisation de sa flotte. Il s’agit pour nous de doter progressivement notre flotte de modes de propulsion plus éco responsables. Notre ambition est d’être un acteur proactif d’un transport maritime durable et d’une économie pérenne. »

Le soutien du ministre au pavillon…
Le ministre a poursuivi sa visite du navire en compagnie des différentes délégations, sous la direction du commandant Mathieu Brunet et a paru sensibilisé ce mardi au pavillon français premier registre. Les responsables de la compagnie étaient tous présents à cette inauguration, non sans rappeler à Bruno le Maire que le pavillon était d’une grande utilité pour le développement social et le bien-être des salariés, cela avec un coût relativement important. Le ministre de l’Economie et des Finances a été très clair :
« Ils m’ont fait part de distorsion de concurrence, notamment sur les niveaux de charges et sur d’autres dispositions réglementaires, en particulier par rapport à l’Italie. J’ai demandé à la compagnie de me fournir tous les éléments. Nous allons regarder comment nous pouvons essayer de réduire ces écarts concurrentiels entre les marins italiens et la marine française de façon à soutenir le pavillon national… »

Les équipes « apprennent » le bateau
Après un arrêt technique mené tambour battant au Chantier Naval de Marseille, le nouveau navire de Corsica Linea a appareillé lundi soir pour sa première traversée vers Ajaccio.  Auparavant, le « Vizzavona » s’appelait Euroferry Corfù. Le navire a changé de main au cours de son arrêt technique, Corsica Linea le réceptionnant auprès de Grimaldi mercredi dernier, au moment de la relève des équipages. Ce qui n’a pas empêché les travaux de débuter dès le 25 mai :

« Il a fallu aller très vite pour pouvoir le mettre en flotte dès aujourd’hui. Nos équipes et celles du chantier, où nous avions déjà un autre navire en arrêt technique, ont mis les bouchées doubles et cela s’est très bien passé » s’est félicité le superintendant du navire.

Armé par une soixantaine de marins français, dont 10 officiers, le nouveau navire de la Corsica Linea sera exploité sur les lignes vers le Maghreb et la Sardaigne. Alors qu’il a réalisé sa première traversée vers Ajaccio à vide, son activité commerciale doit débuter le 21 juin. Un laps de temps que la compagnie va mettre à profit pour permettre à l’équipage de prendre en main son nouvel outil. Il devra maintenant se familiariser avec le nouveau navire, ce qui ne se fait pas en une semaine, d’autant que le Vizzavona présente la particularité d’être équipé de scrubbers (rejets d’oxydes de soufre). L’équipage, notamment en machine, va être formé sur ce système.


Caractéristiques techniques
Long de 188.3 mètres pour 28.7 mètres de large et une jauge de 30.114 GT, le Vizzavona compte 2500 mètres linéaires pour le fret et un garage pour 130 voitures. Comptant 192 cabines et 240 fauteuils, il peut accueillir 800 passagers. Equipé de quatre moteurs Sulzer 8ZAL40S, il affiche une puissance de 23 MW, sa vitesse étant de 19 nœuds

Corsica Linea, qui emploie 900 personnes (+ 450 saisonniers), poursuit son développement, avec un trafic en hausse : 568.000 passagers et plus d'un million de mètres linéaires de fret en 2017. L’affrètement du Vizzavona vient symboliser cette croissance. Avec ce navire, la compagnie se dote aussi de sa première unité équipée d’un système de traitement des oxydes de soufre (SOx). Les scrubbers constituent l’une des solutions qui permettra aux compagnies de répondre au durcissement de la réglementation.


Les réactions
Bruno le Maire, ministre de l’Economie et des Finances :
« Commençons par nous mettre d’accord sur le point de départ -  le diagnostic -  pour arriver, ensemble, avec les acteurs corses, à des solutions pour amplifier le développement économique de l’île. C’est la méthode de ce gouvernement.  Je crois dans la Corse et dans les entrepreneurs corses. Oui, il y a des difficultés liées à l’insularité mais il y a aussi et surtout une volonté de miser sur le haut de gamme et sur l’exportation qui a fait ses preuves, par exemple pour l’agriculture. »

Pascal Trojani, PDG de Corsica Linea :  « Il ne faut pas oublier que la compagnie n’a que deux ans. On nous avait prédit les pires choses lors de la reprise de la compagnie mais aujourd’hui on montre que finalement, le travail et le sérieux payent et après deux années, nous augmentons notre flotte d’un bateau, lequel est parfaitement adapté à la desserte en Méditerranée, avec des caractéristiques idéales. C’est un bateau propre et équipé de scrubbers, le premier à moins polluer. Je pense que nous avons fait une très belle acquisition qui va nous permettre de continuer à nous calquer et à suivre le développement économique de la Corse. »

Pierre-Antoine Villanova, directeur de Corsica Linea :  « Nous avons choisi un navire parfaitement adapté à ce que nous voulions faire. Il transporte du fret et des passagers et cadre parfaitement avec ce que nous avons cherché une année durant. »

- Heureuse coïncidence avec la venue du ministre ?
-Tout à fait !  Nous avons reçu le bateau la semaine dernière et avons aussitôt décidé de sa venue inaugurale ce mardi. Pure coïncidence, agréable bien sûr. Le bateau a été construit en 2000 et naviguait en Finlande. Le Vizzavona est robuste (brise glace), marche très bien et convient parfaitement à notre ambition d’aller plus loin encore. Certains n’y croyaient pas au départ, ils nous donnaient deux ans. Voilà où nous en sommes deux ans après, l’entreprise marche très bien, les salariés sont satisfaits, les clients aussi dans la mesure où ils nous le prouvent au fil des mois, donc il nous reste à poursuivre notre marche en avant, investir tranquillement et apporter notre part au développement économique de notre île

- Le branchement à quai, ça avance ?
Corsica Linea et le port de Marseille ont acté cette nouvelle technologie. Elle sera effective en 2019 dans un premier temps. La compagnie équipera trois de ses navires, à savoir le Pascal Paoli, le Paglia-Orba et le Jean-Nicoli, soit environ 450 escales par an. Les navires en escale ne brûleront pas de combustible. Notre ambition est également de généraliser ce système en Corse. Nous voulons continuer à la modernisation des installations portuaires de l’île. Corsica Linea travaille en ce sens avec les CCI locales et exploitants des ports
J. F.






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