Autour de la table, trois voix institutionnelles pour un message commun : Éric Jalon, Guy Armanet et Jean-Emmanuel Perrin, adjoint au préfet maritime de la Méditerranée : « Il faut préserver le site de Scandola ». Tous ont insisté sur « l’alignement complet » entre l’État, la préfecture maritime et la Collectivité de Corse pour participer à la sauvegarde de la réserve de Scandola. Le préfet de Corse a ainsi appelé une étape fondatrice : la signature, le 27 février dernier, de la convention de gestion du site. « Elle pose les bases et les grands principes. Nous entrons désormais dans une phase opérationnelle », a-t-il souligné.
Dès cet été, une régulation visible en mer
Cette dynamique va se traduire rapidement par l’élaboration d’un plan de gestion confié à l’Office de l’environnement de la Corse. Celui-ci sera présenté dans les prochaines semaines aux acteurs locaux - élus, professionnels du tourisme, pêcheurs et usagers de la mer - déjà largement associés à la concertation.
Avec comme première conséquence, la mise en place, dès la saison estivale 2026, d’un dispositif de régulation de la fréquentation. Objectif : trouver un équilibre entre protection d’un site fragile et maintien de son attractivité. « Il faut préserver sans interdire », résume en substance Éric Jalon.
Ce dispositif prendra la forme d’une phase de « préfiguration » avant l’entrée en vigueur du cadre réglementaire complet attendue pour 2027, une fois le décret révisé adopté. Sur le terrain, cela se traduira par : une présence renforcée des services de l’État et de l’Office en mer, des actions de pédagogie et de sensibilisation, les premiers outils de gestion des flux.
Licences, quotas et QR codes : une gestion fine des flux
Le président de l’Office de l’environnement, Guy Armanet, a ainsi évoqué les contours de cette régulation. Au cœur du dispositif : une logique de licences et de quotas mais aussi des formations à destination des bateliers et de leurs capitaines. Dans certaines zones très fréquentées - notamment la « piscine » naturelle des calanche de Piana - les rotations des bateaux seront limitées. Les bateliers pourraient, par exemple, être restreints à un nombre défini de passages quotidiens. En parallèle, des outils numériques feront leur apparition : QR codes pour tracer les entrées dans les zones réglementées, suivi des flux en temps réel et meilleure capacité de contrôle.
Autre levier assumé : la conditionnalité. Les professionnels n’ayant pas respecté leurs obligations fiscales ou environnementales ne pourront pas accéder aux licences. « Nous entrons dans une gestion exigeante et structurée », a insisté Guy Armanet. L’année 2026 sera celle de la pédagogie. Mais le ton est clair : à partir de 2027, place à la verbalisation. « Qui dit réglementation dit contrôle », a rappelé Jean-Emmanuel Perrin. Les comportements observés dès cet été seront d’ailleurs scrutés de près. Les acteurs qui ne joueront pas le jeu pourraient en payer le prix lors de l’attribution des licences futures.
Une réserve étendue et un cadre en cours de finalisation
Autre chantier majeur : la révision du décret de protection de la réserve de Scandola. L’ambition est considérable : passer d’un périmètre de 6 600 hectares à près de 70 000 hectares. Le texte, actuellement en cours d’instruction au niveau national (avis du Conseil d’État et des instances environnementales), devrait aboutir d’ici fin 2026 ou début 2027.
Cette extension s’accompagnera de règles renforcées, avec des zones à accès filtré et une protection accrue du « cœur » de la réserve. La pression internationale n’est pas absente. Le site fait l’objet d’une vigilance particulière de l’UNESCO, notamment sur deux points : la gestion de la fréquentation et l’extension de la réserve.
Une mission technique de l’organisation est d’ailleurs attendue début juin pour évaluer les avancées. « Nous assumons de les faire venir maintenant pour leur montrer le chemin engagé », explique le préfet. Un pari sur la crédibilité de l’action engagée. Après des années de mises en garde, et la crainte réelle de perdre certains labels environnementaux, les institutions revendiquent désormais une stratégie claire, partagée et opérationnelle. « Nous ne sommes plus en train de nous projeter, nous sommes en train de concrétiser », résume Guy Armanet.
Dès cet été, une régulation visible en mer
Cette dynamique va se traduire rapidement par l’élaboration d’un plan de gestion confié à l’Office de l’environnement de la Corse. Celui-ci sera présenté dans les prochaines semaines aux acteurs locaux - élus, professionnels du tourisme, pêcheurs et usagers de la mer - déjà largement associés à la concertation.
Avec comme première conséquence, la mise en place, dès la saison estivale 2026, d’un dispositif de régulation de la fréquentation. Objectif : trouver un équilibre entre protection d’un site fragile et maintien de son attractivité. « Il faut préserver sans interdire », résume en substance Éric Jalon.
Ce dispositif prendra la forme d’une phase de « préfiguration » avant l’entrée en vigueur du cadre réglementaire complet attendue pour 2027, une fois le décret révisé adopté. Sur le terrain, cela se traduira par : une présence renforcée des services de l’État et de l’Office en mer, des actions de pédagogie et de sensibilisation, les premiers outils de gestion des flux.
Licences, quotas et QR codes : une gestion fine des flux
Le président de l’Office de l’environnement, Guy Armanet, a ainsi évoqué les contours de cette régulation. Au cœur du dispositif : une logique de licences et de quotas mais aussi des formations à destination des bateliers et de leurs capitaines. Dans certaines zones très fréquentées - notamment la « piscine » naturelle des calanche de Piana - les rotations des bateaux seront limitées. Les bateliers pourraient, par exemple, être restreints à un nombre défini de passages quotidiens. En parallèle, des outils numériques feront leur apparition : QR codes pour tracer les entrées dans les zones réglementées, suivi des flux en temps réel et meilleure capacité de contrôle.
Autre levier assumé : la conditionnalité. Les professionnels n’ayant pas respecté leurs obligations fiscales ou environnementales ne pourront pas accéder aux licences. « Nous entrons dans une gestion exigeante et structurée », a insisté Guy Armanet. L’année 2026 sera celle de la pédagogie. Mais le ton est clair : à partir de 2027, place à la verbalisation. « Qui dit réglementation dit contrôle », a rappelé Jean-Emmanuel Perrin. Les comportements observés dès cet été seront d’ailleurs scrutés de près. Les acteurs qui ne joueront pas le jeu pourraient en payer le prix lors de l’attribution des licences futures.
Une réserve étendue et un cadre en cours de finalisation
Autre chantier majeur : la révision du décret de protection de la réserve de Scandola. L’ambition est considérable : passer d’un périmètre de 6 600 hectares à près de 70 000 hectares. Le texte, actuellement en cours d’instruction au niveau national (avis du Conseil d’État et des instances environnementales), devrait aboutir d’ici fin 2026 ou début 2027.
Cette extension s’accompagnera de règles renforcées, avec des zones à accès filtré et une protection accrue du « cœur » de la réserve. La pression internationale n’est pas absente. Le site fait l’objet d’une vigilance particulière de l’UNESCO, notamment sur deux points : la gestion de la fréquentation et l’extension de la réserve.
Une mission technique de l’organisation est d’ailleurs attendue début juin pour évaluer les avancées. « Nous assumons de les faire venir maintenant pour leur montrer le chemin engagé », explique le préfet. Un pari sur la crédibilité de l’action engagée. Après des années de mises en garde, et la crainte réelle de perdre certains labels environnementaux, les institutions revendiquent désormais une stratégie claire, partagée et opérationnelle. « Nous ne sommes plus en train de nous projeter, nous sommes en train de concrétiser », résume Guy Armanet.
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