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Une nouvelle galerie d’art à Bastia


Philippe Jammes le Mercredi 12 Août 2020 à 16:07

Ce mercredi soir a eu lieu, au 45 bis boulevard Graziani à Bastia, le vernissage de la galerie Charles Thierry*. Une toute nouvelle galerie d’art ouverte à tous les talents, reconnus ou méconnus.




La très coquette galerie tient son nom des prénoms des pères de leurs concepteurs. Charles, le père d’Alexandre Santerian et Thierry, le père d’Alexandrine Raison. Si cette dernière possède des racines bretonnes, Alexandre, qui a beaucoup navigué entre Bastia et Aix en Provence,  lui en revendique du coté de Ville di Pietrabugno où son père, le photographe Charles Santerian a été inhumé après sa disparition en janvier dernier. Et c’est d’ailleurs à ce merveilleux photographe que sera consacrée la première exposition de la galerie, du 12 août au 12 septembre, près de 30 œuvres noir et blanc de qualité dont certaines primées à l'international. Charles Santerian a en effet reçu le prix de la « Mostra fotografica » à Perugia, la médaille d'or du prix artistique du barreau des avocats de Marseille ou encore a été lauréat des Rencontres Internationales de la photographie en Arles. Charles Santerian a aussi été de longues années journaliste au Provençal à Aix en Provence.


Cette nouvelle galerie de 35 m², idéalement placé à deux pas de la place Saint Nicolas, est le fruit d’un projet murit durant plusieurs mois par le couple Alexandrine/Alexandre. «On a voulu innover en faisant dans l’art conceptuel» explique Alexandrine Raison. «Nous avions plusieurs locaux en vue, mais celui-ci sur deux niveaux nous a paru idéal. Elle est  ouverte à tous les créateurs, les artistes, les écrivains, les producteurs». Au rez-de chaussée, une pièce claire, lumineuse, accueille les œuvres des artistes. «Cette galerie se veut un lieu d’échanges » complète Alexandre Santerian. «Nous ne la louons pas aux exposants. On dresse un partenariat avec eux sous forme d’une commission sur leurs ventes, s’ils en font. Tout le monde peut venir exposer et nous sommes à la recherche de talents. Nous voulons en faire un lieu culturel à nos idées, localiste, y créer des évènements». Et d’ailleurs de nombreux évènements sont d’ores et déjà prévus au coquet 1er étage !


«Le 1er étage est un bar à jus » précise Alexandrine. «Ce sera un lieu dédié aux dégustations, aux découvertes, aux cafés littéraires». Lors ce vernissage a été présenté en avant première un roman pour enfants : «Aux Pays des ocres» de Gaspard Collavery. Le couple avait aussi invité Adrien Deluc, qui a proposé une dégustation/vente de tisanes corses issues de la cueillette sauvage de plantes médicinales. La musique n’était pas non plus absente, distillée par Lisandru Federici au chant et à la guitare.
Une ouverture en beauté qui préfigure d’autres beaux évènements : Trois  cafés littéraires (17h/20h)  sont en effet d’ores et déjà programmés :


Le 17 aout, pour son premier café littéraire, la galerie Charles Thierry  proposera de venir participer, échanger autour d'un café ou d'un thé autour du sujet de l'enseignement en langue Corse : état des lieux et perspectives.
Le 3 septembre, il sera question de l'indépendance alimentaire de la Corse : au moment où la Corse importe 80% des produits qu'elle consomme, certains économistes préconisent un changement radical de consommation et ainsi maîtriser l'autosuffisance alimentaire de la Corse.
Enfin le jeudi 10 septembre, le thème sera : Le Défi de la culture populaire en Corse. La Corse est le berceau de nombreux talents, aussi bien dans le domaine artistique, artisanal que de la création. Quelle place émergente s'ouvre à eux pour la découverte au grand public en Corse et au delà ?
En préparation aussi la venue de tatoueurs/perceurs de Monaco en novembre, une exposition de la créatrice de bijoux Markita, fin septembre et une artiste peintre, Valérie Ragacci, fin août
 

Alexandrine Raison devant la galerie qu'elle tient avec Alexandre Santerian
Alexandrine Raison devant la galerie qu'elle tient avec Alexandre Santerian
Qui Charles Santerian était-il ?
Né en 1949 à Marseille d’une famille d’immigrés arménien ayant fui le génocide,  Charles Santerian, a grandi dans le cadre chaleureux de la fabrique chaussures de son père. Ses premières photographies il les fait en Suisse lors d’une colonie de vacances. Après avoir épluché mille et un métiers, il travaille pour une entreprise de métallurgie. Cette période marque ses premières prises de vues professionnelles et les prémices de la photographie industrielle qu’il pratiquera plus tard avec succès. Après que son employeur a mis la clé sous la porte, il décide de s’orienter vers le seul domaine qui lui est cher : la photographie. C’est par la porte de la chambre noire qu’il commence. Autodidacte, possédant un attrait certain pour la chimie et la technicité,  il se familiarise avec le travail de développement-tirage pour le compte d’un petit laboratoire du pourtour de l’étang de Berre.

Dès lors Charles Santerian  promène partout son appareil photo et comment son œuvre personnelle. Mais le laboratoire pour lequel il travail ferme lui aussi ses portes. Cette énième coup du sort oriente Charles vers la photographie indépendante. En 1982,  il monte son propre atelier photographique à Lambesc. Il y installe un petit laboratoire noir et blanc.  Développements, tirages, expositions personnelles commencent à faire sa réputation. Au sein de la communauté villageoise,  il devient le correspondant local du journal Le Provençal,  puisant son inspiration des scènes courantes de la vie quotidienne : boulomanes, élections, kermesses, corso, fêtes foraines, artisans et leur savoir-faire …


Adhérents à l’association de photographes aixois « La Fontaine obscure », il participe à de nombreuses expositions dans le sud de la France. En 1984 il reçoit le prix de la Mostra photographia à Peruggia en Italie, en 1985 et 1986, il fait deux présences remarquées  au festival off d’Arles. Déçu de la mentalité des photographes de salons et de la course à l’émotionnel à laquelle ils se livrent, il supporte mal la superficialité des rencontres et participe de moins en moins aux événements photographiques. Désireux d’élargir son horizon et voulant travailler dans un environnement professionnel plus simple,  il reprend un studio laboratoire presque centenaire sur Marseille dans le quartier Sébastopol. Là,  il consacre plus de temps aux œuvres d’autres photographes qu’aux siennes. Excellant dans l’art du développement tirage noir et blanc de très haute qualité, il remet au goût du jour des papiers anciens tels que le barité ou le perlé et multiplie pour le compte du musée du Vieux Marseille les reproductions de sauvegarde à la chambre. Il est en outre sollicité pour la préparation de nombreuses expositions ainsi que pour la conception de différentes brochures scientifiques. Touché par un accident vasculaire oculaire en 1998 il s’éloigne peu à peu du milieu photographique et n’y retourne quand de rares occasions. Il s’éteindra au début du mois de janvier 2020.
 
 
*Galerie Charles Thierry, 45 bis Bd Graziani à Bastia, ouverte du lundi au vendredi de 10h à 13h et de 15h à 18h30. Contact : 06.37.91.74.83.





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