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Une Calvaise, Saveria Rojek, raconte "l'impitoyable"élection municipale de Paris


Jean-Paul-Lottier le Jeudi 3 Septembre 2020 à 18:09

Saveria Rojek, journaliste politique, figure de l’info télé et calvaise de naissance, publie « Impitoyable » aux éditions Stock, l’histoire passionnante de l’année politique qui vient de s’écouler. Un livre haletant, romanesque et incroyablement bien informé. Venue se ressourcer quelques jours à Calvi où elle a retrouvé ses parents et amis, Saveria Rojek parle de sa vie de journaliste politique, de son ouvrage et de la Corse



Saveria Rojek (Photos Eyefinity Prod/Kevin Guizol)
Saveria Rojek (Photos Eyefinity Prod/Kevin Guizol)

-Vous venez de publier un livre sur les élections municipales et la folle campagne parisienne qui a changé la politique. Pourquoi vous êtes-vous focalisée sur cette élection ?
- Je me suis avant tout intéressée aux personnages, des personnages balzaciens, Rachida Dati, Anne Hidalgo, Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux.
Dans cette élection ne se jouait pas qu’un scrutin local, mais bien au-delà, déjà la présidentielle de 2022. L’enjeu pour Emmanuel Macron est tout d’abord de remporter le symbole qu’est Paris. Mais il est aussi d’éliminer une adversaire, Anne Hidalgo, qu’il considère comme redoutable si elle se décidait à concourir en 2022. C’est une femme, de gauche, à la couleur très écologiste, elle pourrait donc fédérer tout l’arc Vert-PS.

- Votre livre se lie comme un véritable roman…
- J’ai été servie, comme souvent en politique, par les évènements. Le livre s’ouvre par les révélations sur les vidéos intimes de Benjamin Griveaux, qui au-delà de l’anecdote, ébranlent la vie politique française. Pourquoi ? c’est la première fois qu’un personnage politique abandonne le champ public suite à la révélation d’une relation extra conjugale.
Ensuite, cette affaire éclate avec une violence telle, une violence inédite dans nos mœurs et notre histoire politique. Au-delà de Benjamin Griveaux, j’ai aimé dresser une galerie de portraits, plutôt piquants, révéler l’amitié et le respect entre Anne Hidalgo et Rachida Dati, qui sont pourtant de grandes ennemies en public, décrypter la stratégie d’Emmanuel Macron, recueillir l’analyse de l’ancien Président François Hollande.
Cette campagne s’est révélée calamiteuse pour Emmanuel Macron. De trophée, Paris est devenu son chemin de croix.

Vous racontez aussi la façon dont le gouvernement gère l’épidémie de coronavirus, comment la décision du confinement est prise, ce jeune chef de l’Etat aux prises du souffle de l’Histoire…
- Oui, la campagne des municipales a été interrompue, le second tour reporté du fait du confinement. J’ai rencontré les principaux acteurs de ces moments car cela me semblait capital d’en livrer le témoignage aux lecteurs. Comment décide t’on d’arrêter complètement et pour une durée inconnue la vie entière d’un pays ? c’est vertigineux comme choix. J’ai voulu plonger le lecteur dans ces heures historiques pour notre pays.

- À Paris, la preuve a été faite qu’une gauche unie pouvait gagner. Cette leçon est-elle vraiment transposable au niveau national ?
- La gauche unie est victorieuse non seulement à Paris, mais également, à Lyon, à Marseille… donc si l’on opère une grille de lecture simpliste oui, mathématiquement une gauche unie peut remporter des élections, y compris des élections nationales. L’autre enseignement de ce scrutin, et c’est l’analyse que me livre François Hollande dans mon ouvrage, est qu’on a tous cru les vieux partis que sont le Parti Socialiste et les Républicains morts et enterrés après 2017, et bien non seulement ils bougent encore, mais ils sont même, à la sortie de ces municipales, les premiers partis de France.
En ce qui concerne la gauche, oui elle peut l’emporter mais l’union nécessaire pour se faire parait, il est vrai, très lointaine. Qui de Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo, Olivier Faure, acceptera de s’effacer au profit des autres ? et comment s’assurer que tout l’appareil politique de leurs partis respectifs suivra ? La route parait longue.
Emmanuel Macron parie d’ailleurs sur cet émiettement des candidatures à gauche pour penser que ni les Verts ni le PS ne seront au second tour, il continue donc de siphonner à sa droite, seule réelle menace à ses yeux.

-  La mairie de Paris paraissait sociologiquement comme politiquement imperdable pour LREM. La cinglante défaite d’Agnès Buzyn est-elle le révélateur de l’échec définitif du pari fait par Emmanuel Macron de créer un nouveau parti incontournable, comme si le Président avait dégagé un espace politique avec son élection mais pas su créer le mouvement pour le cultiver ?
- C’est surtout l’échec du « en même temps ». Le « en même temps » n’est pas transposable au niveau local, le ni droite ni gauche n’imprime pas. Surtout dans le cas d’un scrutin local, où le maire est une figure clairement identifiée par ses concitoyens. Paris était en effet imperdable, une maire mal aimée, un vote macroniste au zénith lors des précédents scrutins, une sociologie favorable, et pourtant l’échec est calamiteux.
Je pense que la transformation du parti est le prochain chantier du chef de l’Etat. La République En Marche aujourd’hui n’est pas un parti politique au sens premier du terme, la majorité des élus sont méconnus, le débat d’idées existe peu, ce parti ne contrôle rien localement, dans les villes, dans les régions, dans les exécutifs locaux.
En Marche s’est surtout trouvée incapable, on l’a vu de façon terrible à Paris, d’anéantir la candidature dissidente de Cédric Villani si mortifère dans cette campagne. Donc oui, reconstruire, ou plutôt construire un parti digne de ce nom est le prochain chantier du Président.
Quant à 2022, Emmanuel Macron retrouvera t’il la séduction impérieuse qui a tant séduit les Français en 2017 ? comment susciter un véritable vote d’adhésion et non un vote de rejet face au Rassemblement National au second tour ? c’est tout le défi pour les dix-huit mois qu’ils restent au chef de l’Etat".


- Vous avez un parcours très riche, Paris Match, Europe 1, Public Sénat, Cnews, quels sont vos projets ?
- J’aime profondément ce métier, et le fait de pouvoir l’exercer de multiples façons, que ce soit en radio, en télévision, mais je reconnais que l’exercice que je préfère reste l’interview politique. L’adrénaline que vous procure ces moments de tension en directe est incomparable. Pour l’heure, je m’attelle à un nouveau projet éditorial, mais il est un peu tôt pour vous en parler !.

- Vous êtes calvaise, née et élevée ici, que représente la Corse pour vous ?
- C’est l’endroit au monde où je me sens le mieux, le plus complète. Et plus j’avance dans la vie, plus je mesure le caractère essentiel de cette terre. Même si mes attaches professionnelles sont pour le moment à Paris, je suis frappée à chaque fois que je viens, de la beauté inouïe, brutale, sauvage, de notre ile. J’essaie d’y passer la majorité de mon temps libre, et au final, j’arrive à y être de longues semaines tout au long de l’année. Quelque chose m’a toujours interpellée, je me sens française à l’étranger -j’ai vécu cinq ans à New York-, et très corse à Paris !
 

PhotoEyefinity Prod/Kevin Guizol
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