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Ulysse sans terre : l'opéra contemporain pour voix d’Orlando Forioso débarque à Ajaccio


Rédigé par LS le Vendredi 5 Avril 2019 à 13:23

Orlando Forioso et son Ulysse font escale à Ajaccio ce mardi 9 avril à l'Espace Diamant. La Ville d’Ajaccio et la Compagnie TeatrEuropa présentent le dernier opéra contemporain de l'artiste napolitain qui a choisi un cast enclitique pour sa dernière création. A Fileta, Cédric Appietto, Fadia Tomb El-Hage, Diana Salicetti, Lauriane Goyet, Lea Antona, Lorenzo Spadoni sont les protagonistes d'Ulysse sans Terre. A ne pas rater !




Ils ont été nombreux, écrivains, dramaturges, poètes ou philosophes, à avoir mis leurs pas dans ceux du héros d’Homère. Après Sophocle, Joyce, en passant par Platon, Virgile ou plus près de nous, Giraudoux, Giono, ou Kazantzakis, c’est Orlando qui nous raconte l’intrigant protagoniste de l’Odyssée, Ulysse ? Un héros ? Un guerrier ? Un assassin ? Un hâbleur ? L’homme de toutes les ruses et de toutes les femmes ? Ou...un migrant ? 

Laissons Orlando Forioso répondre à ces questions : « Notre Ulysse, nous essayons de le lire comme un homme qui, à partir de la violence et du carnage de la Guerre de Troie, initie un parcours pour se recomposer, pour se retrouver, pour s’alléger du poids du sang et de la trahison. Le temps est l’un des personnages principaux de notre spectacle. Dix ans de Guerre de Troie et dix ans de naufrage, à la merci de soi-même, ne sont pas seulement un temps narratif, mais aussi la dimension avec laquelle vérifier les rapports, les relations, la croissance, l’abandon, les décisions sur le faire et sur le non-faire. Il n’est pas question ici, de réécrire l’Odyssée, mais de cueillir une « émotion Ulysse », un parcours psychologique et émotionnel, auquel faisait allusion Kavafis, dans sa poésie « Ithaque » : Si tu veux revenir à Ithaque/fais que ton voyage soit le plus long possible. » Les Aèdes chantaient et racontaient des histoires. Dans le spectacle, nous nous approprions comme d’un trésor, cette forme de langage, et nous retournons à la tragédie grecque avec les moyens, les langues et les langages du spectacle d’aujourd’hui. Si les mots appartiennent au règne de la raison, le chant appartient à l’être le plus enfoui en nous-mêmes, et c’est bien à la recherche de cet être que nous partons dans cette aventure. 

C’est pourquoi, le choix des partenaires de ce voyage est un élément essentiel du voyage même. Faire appel à A Filetta signifie entrer dans cette mémoire du futur, qui correspond à toute la ligne directrice du projet. Aux chanteurs, aux compositions de Jean-Claude Acquaviva, je peux demander la délicatesse et la force d’architectures polyphoniques complexes et antiques à la fois, narratives et en même temps, émotionnellement percutantes. A eux se joindront : la mezzo-soprano libanaise Fadia Tomb El-Hage (Pénélope), deux jeunes chanteuses corses : Diana Saliceti (Calypso) et Lea Antona (Nausicaa) ; une comédienne, Lauriane Goyet (Circé), et dans le rôle-titre : Cédric Appietto. La Méditerranée se recompose, en un creuset de langues : arabe, corse, italien et français. Pénélope, mais aussi Calypso, Nausicaa et Circé : l’errance d’Ulysse est jalonnée de personnages féminins, comme s’il les appelait à lui, comme si, sans ces différentes femmes (Pénélope comprise) Ulysse ne pouvait exister. Mais ces femmes, ne devons-nous les considérer que comme instrument de son voyage ou de sa purification ? Ulysse est là parce que les femmes y sont. Mais les femmes continuent à être là, même quand Ulysse s’enfuit. 

Circé magicienne, Circé sorcière, Circé mangeuse d’hommes, nymphomane historique....Elle qui sait encore comment on peut descendre dans l’Hadès pour rencontrer les morts, tombe sous le charme du grec, et devient une gentille femme disponible...
Même une chamane reste une femme, qui rêve du quotidien. Calypso, elle, offre à Ulysse sept ans de calme, de paix , de trêve, et s’il le veut toute l’éternité : une cabane et deux cœurs, pour toujours. 

Nausicaa enfin, offre l’image à laquelle notre expérience contemporaine est sensible : elle accueille l’étranger. Paisiblement, avec douceur, elle l’emmène chez elle.
Ulysse ne sait plus que faire de son être bestial d’homme violent et de guerrier, et il devient lui- même narrateur, aède : Ulysse devient Homère par la grâce de cette enfant. 

Et Pénélope ? Elle est la femme qui rythme le temps, et qui est rythmée par lui. Elle a passé vingt ans dans sa maison/prison, à penser, réfléchir, espérer, repousser les assauts des prétendants. Ces vingt ans écoulés, la peur l’accompagne : qui revient à la maison ? Un vieux ? Un estropié ? Plus sûrement, un étranger. Le voici notre Ulysse. Une œuvre contemporaine, seulement vocale, parce que c’est la voix qui a porté jusqu’à nous, cette machine du temps qu’est l’Odyssée. Parce que c’est la voix de l’être humain qui raconte à l’infini ce que nous sommes, nous, êtres fragiles, perdus dans l’espace et le temps. » 

Laissons le dernier mot à la poésie, à la voix d’A Filetta : A tarra, u spaziu, u celu...
Cerchi sempre un segnu d’Itaca.
In altu mare ogni cima hè una speranza. 

Chì mondu ghjacerà al di là di stu mare Ma ogni mar’hà batticcia
Ed hè custindi ch’omu sbarcherà
è u vascellu và è nunda ci pò fà 

Mughji ordini impussibili Tutt’ognunu sà
Chì n’ùn ghjov’à nunda
Ma e bugie calmanu e paure



Rendez-vous Mardi 9 avril à 20h30 à l'espace Diamant

 

 

 




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