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U teatru nustrali : la Corse en son miroir


Rédigé par Jacques RENUCCI le Lundi 13 Août 2018 à 18:43 | Modifié le Mercredi 15 Août 2018 - 01:41


De village en village, la petite compagnie présente une joyeuse galerie de portraits, entre lucidité et bienveillance, dans lesquels un public fidèle ne manque pas de se reconnaître.


U teatru nustrali : la Corse en son miroir

Parmi l'uniformisation souvent aseptisée des spectacles de l'été, une affiche – certes modeste, mais voulue comme telle – fait exception : U teatru nustrali, et ses « tarucconi » qui sillonnent l'île, de village en village, pour porter la bonne parole de l'humour insulaire.


A chaque fois, salle comble et une reconnaissance qui ne se dément pas. A l'origine de cette compagnie qui a su relever le pari de l'authenticité, dans ce beau parler du Sud aujourd'hui injustement dévalorisé : Marie-Jo Peri-Calabro et Petru Squarcini, la villageoise et l'Ajaccien du Borgu. Ils étaient destinés à travailler ensemble, d'autant plus qu'ils sont cousins : elle amoureuse du théâtre et lui inconditionnel de la langue, avec l'exigence de préserver ce que ces deux pratiques ont d'enraciné et de populaire.


Deux passionnés que le hasard fait se retrouver il y a cinq ans à Ajaccio, dans le même stage de « langue et culture corse ». Ils créent des petites histoires en synergie et ça marche : inspirés par le jeu de Teatru Mascone, par la verve de fabuliste de Noël Rochiccioli, ils mettent en scène des caractères, des personnages, des Corses comme chacun en connaît dans son entourage, avec leurs travers, leurs expressions et quelquefois leurs ridicules – souvent, ils n'ont d'ailleurs pas à forcer le trait... Les voilà lancés dans l'aventure.

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Et on rit beaucoup devant ce miroir du vécu, avec des grands-mères qui portent le regard acide du passé sur le présent, zia Ghjuseppa et zia Margherita (Pomi e Maccaroni), des figures de femmes actuelles dans I Spartimenti : l'Ajaccienne, la paysanne et la « diasporeuse »... Un travail artisanal, revendiqué ainsi, sans médiatisation, à part quelques apparitions sur ViaStella et une légère présence sur Facebook.


Comme Molière en son temps, les membres de la petite troupe se présentent en andacciani et vagabondi, à l'écart de l'identitaire servi à toutes les sauces comme des grands réseaux des sjo' de la culture, qui ont confisqué la langue et l'ont académisée à leur convenance.


U teatru nustrali dans sa polyvalence – souvent trois en scène pour sept personnages - effectue un réjouissant retour aux sources, à la fois bon enfant et profond, nostalgique et décomplexé, hors des codes  actuels, et les spectateurs ne s'y trompent pas. Ils aiment ce mélange de bienveillance et d'esprit critique, de lucidité et de complicité. Les fondateurs du teatru nustrali ont une devise : « Nous cherchons ce qui nous rapproche de ce que nous sommes ». Et à chaque représentation ils gagnent leur pari.


Leur tournée communale touche à sa fin en quelques dates. Le 13 septembre, ils présenteront à l'Espace Diamant d'Ajaccio leur nouvelle création « A(si)nnus horribilis ». Et nul doute que, comme à chaque fois dans la ville impériale, le public sera au rendez-vous.


Représentation ce soir 14 août à Coggia, le 19 août à Soccia, 13 septembre à Ajaccio et le 29 septembre à Cargèse.





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