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Transports maritimes : La compagnie régionale coulée net !


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 5 Juin 2014 à 22:31 | Modifié le Jeudi 5 Juin 2014 - 23:24


La question est plus que jamais d’actualité ! Au moment où la Corse navigue à vue brouillée sur ses transports maritimes, le groupe Corsica Libera interpelle, de nouveau, le président de l’Exécutif, Paul Giacobbi, sur la création d'une compagnie régionale. Lors d'une question orale, en ouverture de la session de l'Assemblée de Corse (CTC) qui s'est tenue jeudi 5 juin à Ajaccio, Jean-Guy Talamoni s’est déclaré défavorable à l’établissement d’une structure financière. Subtile fin de non-recevoir du président Giacobbi qui justifie son choix d’une SEM ou d’une société publique locale (SPL).


Jean-Guy Talamoni, président du groupe Corsica Libera à l'Assemblée de Corse.
Jean-Guy Talamoni, président du groupe Corsica Libera à l'Assemblée de Corse.
Les turbulences dans lesquelles se débat la SNCM, la houle chronique qui agite les transports maritimes insulaires et le raz-le bol du monde économique lui seraient, en théorie, favorables. Et pourtant, la question de la création d'une compagnie publique maritime corse, vieille revendication du mouvement nationaliste, est, tel un serpent de mer, toujours évoquée, mais jamais vraiment considérée ! De manière récurrente depuis le début de cette mandature, Jean-Guy Talamoni, le président du groupe Corsica Libera, remet, obstinément, le sujet à l’ordre du jour territorial, sans pour autant parvenir à réellement avancer d’un pas. L’an dernier, une réunion, censée étudier la faisabilité de ladite compagnie, n’a pas fait recette. La droite et une partie de la gauche sont contre. Le Front de gauche défend bec et ongles la SNCM. L’Exécutif, qui avait promis d’étudier le sujet, se dérobe, botte en touche et brandit, comme solution idoine, l’alternative d’une SEM (société d’économie mixte) juridique ou financière. Seuls, les groupes nationalistes tiennent le cap.
 
La seule perspective
D'où cette énième question orale des Indépendantistes qui ne cachent pas leur impatience.
C’est in lingua nustrale, in sta simani di a lingua corsa, que Jean-Guy Talamoni rappelle : « Depuis des années, notre mouvement politique plaide pour la création d'une compagnie publique maritime de la Corse. A l'automne 2010, à l'occasion d’une réunion organisée à Lucciana, le groupe Corsica Libera relançait le débat en saisissant officiellement le président de l'Office des Transports d'une demande visant à organiser une étude de faisabilité. Avec quelque retard, cette étude a finalement été lancée et le débat demeure actuellement en cours ». Pour lui, les dernières péripéties affectant la SNCM « confirment que le choix d'une compagnie publique corse demeure la seule perspective raisonnable s'agissant de la maitrise de ses transports par la Corse. Cette hypothèse est du reste devenue aujourd'hui, dans le débat public, la plus sérieusement envisageable ».
 
Une position à clarifier
L’élu de Corsica Libera estime que le temps n’est plus à débattre des arguments pour ou contre la création d’une compagnie publique insulaire, mais de réfléchir à sa forme et à sa nature. Il écarte l’option SEM financière prônée par l’Exécutif : « Nous ne sommes pas favorables à la création d'une structure uniquement financière, mais à celle d'une compagnie à vocation industrielle, dans l'esprit de ce qui a été fait pour la CCM, devenue aujourd'hui Air Corsica ». Il demande à celui-ci de clarifier sa position concernant les « structures juridiques, actuellement évoquées dans les débats, parmi lesquelles une SEM industrielle ou une Société Publique Locale (SPL) ». Ce que le président Giacobbi fait, en langue française, et sans ambiguïté.
 
Trois raisons
Déclarant la question « bienvenue », Paul Giacobbi énumère, d’emblée, les trois raisons qui l’amènent à privilégier l’option d’une structure financière. D’abord, la nécessité de renouveler une flotte (7 navires) obsolète, qui ne satisfait plus aux nouvelles normes européennes de pollution. Ensuite, « le seul moyen de financer le renouvellement de la flotte passe par une structure intermédiaire de type SEM ou SPL car aucune banque au monde n’acceptera de le faire. Nous pouvons disposer de crédits de la Caisse des dépôts par un recours à l’emprunt type livret A ».
Enfin, la création d’une structure publique s’impose par le coût actuel de la DSP (Délégation de service public) : « Payer 100 millions € par an, soit 1 milliard € en 10 ans et n’être pas propriétaire des navires ! C’est exorbitant ! » s’exclame-t-il.
 
Le choix d’une SEM
Partant de là, il écarte l’option SPL en s’appuyant sur le refus des autres régions, PACA et Rhône-Alpes, d’y participer. « Une SEM financière est utile car il y a l’obligation de faire rentrer au moins un partenaire privé. Nous avons déjà utilisé ce principe à deux reprises : dans l’aérien avec Air Corsica et Air France comme partenaire, dans le ferroviaire avec les Chemins de fer (CFC) et la SNCF. Nous n’avons ni l’expérience, ni la compétence pour nous engager dans une SEM industrielle ».
Sur la question particulière de la compagnie régionale, il estime qu’il faut rester très prudent : « On ne sait pas de quoi demain sera fait ! La DSP est fragile, attaquée de toutes parts devant les juridictions françaises et européennes. La situation actuelle, vu le poids cumulé des pertes et des dettes qui s’élèvent à 650 millions €, est telle que toute reprise de la DSP par une SEM industrielle pose un problème financier insurmontable ».
 
Sauver le maximum d’emplois
Il réaffirme qu’aucune solution concernant la SNCM ne saurait être prise sans l’accord de la CTC, du Conseil exécutif et sans le vote des élus territoriaux. « L’urgence est de sauver le service public maritime corse et le maximum d’emplois que l’on peut. Nous privilégierons les solutions et le repreneur qui prendront en compte la sauvegarde de l’emploi la plus large possible. »
Paul Giacobbi explique que les décisions interviendront dans deux ou trois mois.
Le dossier des transports maritimes devrait revenir probablement en septembre devant les élus qui pourraient, de nouveau, être amenés à délibérer. Affaire à suivre…
 
N.M.
 



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