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Transports aériens : L’Assemblée de Corse valide une forte baisse du tarif résident


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 20 Décembre 2018 à 23:07 | Modifié le Vendredi 21 Décembre 2018 - 01:17


L’aller-retour sur Marseille et Nice pour 99 €, sur Paris pour 190 €. Ce sera possible dès mars 2020 avec des billets modifiables, remboursables, d’une durée de validité augmentée à 90 jours et 180 jours pour les étudiants. L’Assemblée de Corse vient de voter à l’unanimité ces baisses de 30% à 50% des tarifs hors taxes dans le cadre des nouvelles obligations de service public (OSP) aériennes au départ de Bastia, Calvi, Aiacciu et Figari. L’opposition a déposé un amendement concernant la desserte « peu satisfaisante » de Figari, l’Exécutif a promis d’inclure la question dans la négociation avec les compagnies qui candidateront. Explications, pour Corse Net Infos, de Vanina Borromei, conseillère exécutive et présidente de l’Office des transports de la Corse (OTC), et de l’amendement par Christelle Combette, élue du groupe Per l’Avvene.


Photo Michel Luccioni.
Photo Michel Luccioni.
- Une fois n’est pas coutume, les OSP sur la desserte aérienne de la Corse ont été validées à l’unanimité. Quelle est votre réaction ?
- Cette unanimité salue le travail et le projet réalisés par l’OTC. Notre travail a été de délimiter le véritable périmètre du service public, de quantifier le marché pour aboutir à un redimensionnement de l’offre et de l’adapter aux véritables besoins des usagers. Les objectifs se concrétisent enfin pour les résidents, le peuple corse avec une baisse significative des tarifs sur l’aérien à partir de mars 2020 où prendra fin le contrat actuel. C’est valable pour le bord à bord, c’est-à-dire 99 € TTC l’aller-retour au départ de tous les aéroports de Corse vers Nice et Marseille. 190 € TTC l’aller-retour à destination de Paris. C’est un objectif que nous nous étions fixés. Nous nous sommes donnés les moyens de garantir un service public de qualité. C’est une excellente chose.
 
- Jean-Charles Orsucci s’est élevé contre le détournement du tarif de résident par des propriétaires de résidence secondaires, ce qui est contraire à la continuité territoriale. Y-a-t-il moyen d’y remédier ?
- Non ! Il y a un tarif résident avec des critères parfaitement définis. Il peut y avoir une réflexion plus globale sur le statut de résident qui fait partie de nos objectifs politiques. Il est important, nous l’avons souligné et cela fera partie de notre cahier des charges et de nos négociations avec les compagnies qui se porteront candidates, de procéder à des contrôles accrus. Le contrôle existe déjà, mais les dispositions peuvent être renforcées.
 
- L’opposition a pointé l’insuffisance de la desserte de Figari. Vous ne fermez pas la porte, mais vous dites que c’est compliqué. Pourquoi ?
- Nous n’avons pas eu écho de ce besoin réel concernant l’aéroport de Figari. Les seuls retours que nous avons eu des différents tests que nous avons effectués – tests usagers, tests des compagnies, tests de l’ensemble des acteurs – et des réponses qu’ils ont bien voulu nous apporter, c’est leur désir de maintenir le vol du vendredi soir qui faisait la liaison avec Paris. Ce vol est maintenu. Suite à des réunions sur site, ces acteurs et les élus de la microrégion nous ont également demandé de rajouter un vol supplémentaire en hiver. A moyen constant, c’était compliqué parce que ce n’était pas prévu.
 
- Qu’avez-vous, donc, décidé ?
- Nous avons donc, choisi, tous ensemble, avec l’opposition, toujours dans l’objectif du maintien d’un service public de qualité, de rajouter une rotation sur l’hiver et d’en enlever une sur l’avant-saison, donc avant l’été. Cela ne change pas l’offre en sièges, mais assurera, au gros de l’hiver, une qualité de service non négligeable pour la microrégion.

Vanina Borromei, conseillère exécutive et présidente de l’Office des transports de la Corse. Photo Michel Luccioni.
Vanina Borromei, conseillère exécutive et présidente de l’Office des transports de la Corse. Photo Michel Luccioni.
- Concrètement, que va-t-il se passer maintenant ?
- Nous allons notifier la décision de l’Assemblée et le cahier des charges à l’Union européenne. Nous attendrons les retours. Les compagnies, qui souhaitent candidater, auront loisir de le faire. Nous rentrerons dans des phases de négociation pour mettre en œuvre ces propositions. Les billets seront mis en vente dès septembre 2019 pour un début de service en mars 2020.  
 
- Autre dossier voté : la liaison maritime entre Propriano et Porto Torres. Liaison instable, pas de passagers… Que proposez-vous ?
- Ce n’est pas qu’il n’y a pas de passagers, c’est surtout que, pour le moment, il n’y a pas de liaisons ! Le service se fait de manière très aléatoire, les rotations sont ponctuelles. Il n’y a pas de service public, pas de rentabilité économique. L’Assemblée de Corse a voté une délibération qui demandait à l’OTC de réfléchir et de mettre en place un véritable service public entre la Corse et la Sardaigne. C’est chose faite aujourd’hui ! Cela a été voté à l’unanimité. A partir du mois de juillet 2019, trois rotations seront assurées par semaine entre les ports de Propriano et de Porto Torres dans le cadre d’une véritable délégation de service public (DSP). L’appel d’offres est ouvert. Nous espérons que des compagnies se positionneront. La création du GECT (Groupement européen de coopération territoriale) nous permettra de développer de plus en plus de coopération transfrontalière et d’échanges avec les régions voisines de Méditerranée et les îles. Ce n’est pas possible aujourd’hui dans le cadre des DSP classiques qui ne peuvent obligatoirement relier le territoire de la Corse qu’au continent français.
 
Propos recueillis par Nicole MARI.

La question de la desserte de l'aéroport de Figari




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