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Sécurité à la cité scolaire de Montesoro : les enseignants obtiennent un rendez-vous avec le rectorat et la collectivité


Léana Serve le Mardi 13 Janvier 2026 à 14:52

Près d’une semaine après la diffusion d’un communiqué alertant sur « la sécurité dans l’enceinte de la cité scolaire de Montesoro », personnels d’éducation et élèves se sont rassemblés ce mardi matin devant les lycées Fred Scamaroni et Paul-Vincensini pour dénoncer un sentiment d’insécurité et des bâtiments en mauvais état. À l’issue du rassemblement, les syndicats ont obtenu la confirmation d’un rendez-vous jeudi avec le rectorat et la Collectivité de Corse.



(Photo Gérard Baldocchi)
(Photo Gérard Baldocchi)

Près d’une semaine après la diffusion d’un communiqué alertant sur « la sécurité dans l’enceinte de la cité scolaire de Montesoro », les représentants des personnels d’éducation des lycées Fred Scamaroni et Paul-Vincensini de Bastia ont obtenu un rendez-vous avec le rectorat et la Collectivité de Corse. Une rencontre confirmée alors qu’enseignants, personnels administratifs et élèves s’étaient rassemblés ce mardi matin à l’appel des syndicats STC, Sgen-CFDT, SNES-FSU et SNALC. « Nous exerçons notre droit de retrait parce que nous ne sommes pas en sécurité dans la cité scolaire de Montesoro », dénonçait devant l’établissement Marie-Catherine Giacobbi, représentante du Sgen-CFDT.
 

La mobilisation avait été engagée la semaine dernière à la suite de menaces de mort proférées, avant les vacances scolaires, à l’encontre de la proviseure adjointe du lycée Paul-Vincensini. Un épisode jugé particulièrement grave par les représentants des personnels d’éducation, qui rappelaient alors que « ce n’est pas la première fois qu’un adulte entre dans l’établissement pour proférer menaces et insultes », remettant plus largement en cause les conditions de sécurité aux abords et à l’intérieur des lycées. « Il faut entendre les préoccupations des personnels enseignants au regard de ce qu’il s’est passé, afin de répondre à des inquiétudes légitimes de personnels qui souhaitent travailler dans de bonnes conditions », a déclaré ce mardi Jean-Martin Mondoloni, proviseur de l’établissement.

Ce mardi, les syndicats dénonçaient « des réponses apportées qui confirment que le niveau d’insécurité n’est pas reconnu par nos interlocuteurs ». En cause, selon eux, le renvoi de responsabilités entre les différentes institutions. « La Collectivité de Corse dit que la question de la surveillance ne relève pas de ses compétences et nous renvoie vers le rectorat, qui affirme de son côté ne pas être au courant des problèmes, alors que nous les avons souvent signalés », souligne Marie-Catherine Giacobbi. La semaine dernière, le rectorat avait affirmé « qu’il n’y a pas eu de remontées de la part du chef d’établissement faisant état d’un problème ». La collectivité avait pour sa part réagi en indiquant « qu’un principe avait été acté [...] de ne pas installer de caméras de surveillance, celles-ci n’évitant pas les intrusions et nécessitant un investissement initial et au niveau de la cybersécurité ».


Une réunion jeudi matin avec la collectivité et le rectorat

(Photo Gérard Baldocchi)
(Photo Gérard Baldocchi)

Au-delà des questions de sécurité et de surveillance, la mobilisation de ce mardi a également été l’occasion d’alerter sur une autre problématique jugée tout aussi préoccupante : la vétusté des bâtiments de la cité scolaire. Une situation que les représentants des personnels estiment ancienne et pas assez prise en compte. « On a un bâtiment dans notre cité qui se dégrade considérablement. [...] On a aussi une fenêtre qui s’est délogée du mur et qui est tombée sur un élève, et c'est là qu'on nous a enfin changé les fenêtres. On a aussi eu quelqu’un qui s’est introduit dans l'établissement et qui avait menacé de mort un collègue, et c’est là qu'on a enfin eu une loge. Il faut toujours qu'on soit au bord du drame pour que les choses se passent », expliquait la représentante syndicale.
 

Des constats partagés par certains élèves, qui évoquent des situations du quotidien jugées préoccupantes. Jules-Mathis évoque notamment de l’eau s’écoulant d’un faux plafond, ou encore des fissures laissant passer l’eau dans certaines salles de classe équipées d’ordinateurs. « C’est assez dangereux parce que si quelqu’un ne fait pas attention et branche un appareil, il pourrait y avoir une électrocution. C’est dommage d'avoir tous ces problèmes parce que c’est quand même un bon établissement… » D’autres élèves pointent également des problèmes liés à l’hygiène et à l’entretien des locaux. « Je suis obligée de sortir du lycée et d’aller au tacos pour aller aux toilettes parce qu’il n’y a pas de papier », déclare Emma. « Et quand j’étais à l’internat, on devait apporter notre propre papier toilette dans les chambres. »

Face à l’ensemble de ces constats, les représentants des personnels d’éducation ont réaffirmé leur demande « d’une réunion tripartite entre nos représentants, la collectivité et le rectorat ».
En fin de matinée, ils ont annoncé que « la mobilisation a porté ses fruits », ayant obtenu la confirmation d’un rendez-vous prévu ce jeudi à la Collectivité de Corse, afin d’aborder à la fois les questions de sécurité et l’état des bâtiments de la cité scolaire.