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Presse : Les quotidiens et magazines nationaux de nouveau disponibles en Corse


Nicole Mari le Mercredi 1 Juillet 2020 à 16:26

Grève des transports, COVID 19, dépôt de bilan de Presstalis, principal distributeur français… Tout s’est enchainé depuis le début de l’année pour perturber la distribution de la presse nationale en Corse. Les buralistes sont montés au créneau, ont sollicité le député bastiais, Michel Castellani, le préfet de Corse et le ministre de la Culture, et obtenu une solution. Depuis quelques jours, les quotidiens et les publications nationaux sont de retour dans les bureaux de tabacs, kiosques et papèteries de l’île, comme l’explique, à Corse Net Infos, Luc Chautard, buraliste à Borgo et président régional de Culture Presse Corse.




Presse : Les quotidiens et magazines nationaux de nouveau disponibles en Corse
« Depuis le début de l’année, nous avons joué un peu de malchance ». Luc Chautard, président régional de Culture Presse Corse, - l’organisation des marchands de journaux - et buraliste au centre commercial de Borgo, expose les faits avec philosophie. Déjà qu’en temps ordinaire, la distribution de la presse nationale en Corse n’est pas une sinécure, avec les quotidiens convoyés par la Postale et les publications envoyées par camions et bateaux, les diffuseurs insulaires doivent faire face à des retards récurrents, voire des non-livraisons. Depuis cinq mois, les problèmes s’enchainent. « Nous avons été bloqués en début d’année par la grève des transports et nous avons subi beaucoup de retards sur les publications. Puis, nous sommes tombés dans la crise sanitaire du COVID. Avec le confinement, à ce que j’ai compris, la Poste a recentré tous ses services et supprimé la Postale. Donc, plus de Postale, plus de quotidiens nationaux jusqu’à ce qu’un accord soit passé entre Air Corsica et Presstalis afin que les journaux du jour arrivent la veille et soient livrés le lendemain matin. Cela n’a duré qu’une semaine, du 5 au 13 mai. Ensuite, Presstalis, malheureusement, a décidé de liquider tous ses dépôts SAD et SOCOPROM par où transitent toutes les publications et les quotidiens nationaux ».
 
Dans l’impasse…
Mi-mai, le groupe Presstalis, principal distributeur de presse en France, a, en effet, été mis en redressement judiciaire et ses filiales, la Socoprom et la SAD, qui sont à la tête des dépôts régionaux, ont été liquidées. Ce qui a entrainé une rupture dans l’approvisionnement. Plus aucun quotidien national n’arrivait plus dans l’île. « C’était définitivement perdu ! » avoue Luc Chautard. Comment récupérer la presse nationale pour la revendre dans leurs points de vente ? Les buralistes insulaires sont dans l’impasse. « Après plusieurs semaines où nous avons expliqué, envoyé des mails à tous les grands pontes de Presstalis et aux hommes politiques, le député Michel Castellani nous a reçus. Nous avons aussi fait appel au Préfet en lui demandant de mettre en application la loi puisque cela faisait plus de 70 jours que nous n’avions plus de quotidiens nationaux. Miraculeusement, cinq jours après, les quotidiens nationaux sont revenus dans nos points de vente, alors que le dépôt SAD de Marseille, par où ils transitaient, était encore bloqué ! ». Lesdits quotidiens ont été détournés vers la plateforme de Montpellier et embarqués dans la Postale qui les convoient en Corse. « Nous tenons à remercier les élus corses, surtout le député Michel Castellani dont l’action a été décisive. A chaque demande que nous faisons, avec le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, ils sont toujours là pour aider le réseau buraliste. C’est important de le dire. Nous remercions également le ministre de la culture, Franck Riester, qui nous a aussi apporté son aide dans cette affaire », précise José Oliva, président de la Fédération des buralistes corses.
 
Du provisoire
Côté publications et magazines, la problématique est autre. La Corse est séparée en deux pour leur distribution : la SOBADI (Société bastiaise de diffusion) gère toute la Haute-Corse jusqu’à Porto-Vecchio, cela représente environ 128 diffuseurs de presse. « Comme la SOBADI a un fonctionnement semi-privé, elle n’a pas été impactée par la liquidation des SAD et SOCOPROM. Elle a, donc, continué à fonctionner normalement. En Haute-Corse, nous avons reçu les publications. Par contre, la diffusion en Corse-du-Sud est sous le giron d’un dépôt SAD qui a fermé du jour au lendemain. Les diffuseurs de presse du Sud sont restés une douzaine de jours sans aucune publication », précise Luc Chautard. Les buralistes ont, alors, l’idée de demander à la SOBADI de livrer le Sud. « Je voulais que la région reste uniforme, je n’aime pas la disparité en règle générale, je ne trouvais pas logique que nous recevions les publications et pas nos confrères de Corse du Sud. A force d’insister auprès de Paris, avec Carlos Oliviera, directeur de la SOBADI, nous avons réussi à faire en sorte que la SOBADI récupère au moins la distribution des confrères de Corse-du-Sud. Ce mode de fonctionnement reste, cependant, aléatoire en attendant que la SAD trouve un repreneur à Ajaccio et qu’elle puisse redémarrer et livrer correctement tous les diffuseurs de Presse de Corse du Sud ».
 
Un manque à gagner
La suspension des livraisons a entrainé un manque à gagner conséquent pour les 220 diffuseurs de presse. En 2019, 1,2 million de journaux nationaux ont été écoulés dans l’île. « La vente des quotidiens nationaux représentent à peu près 30% de notre chiffre d’affaires. Nous avons souffert, surtout nos confères qui n’ont pas les trois pôles d’activités – tabac, Française des Jeux et presse – et qui ne vendent que de la presse. Comme beaucoup d’autres sur le continent, tout le Sud-Est de la France est encore paralysé. Les dépôts SAD de Marseille et de Lyon ne sont toujours pas actifs. Il reste, sur le plan national, pas moins de 6000 diffuseurs de presse qui ne reçoivent plus rien du tout », déplore le président de Culture Presse Corse. Les plus touchés ont été, sans conteste, les kiosquiers. « Mon confrère, Christian Agostini, possède le kiosque des Palmiers à Ajaccio, il en a souvent discuté avec le Préfet qui a nommé une personne pour s’occuper de la diffusion de la presse en Corse ». Une avancée dont Luc Chautard entend profiter pour relancer un projet qui lui tient à cœur : l’impression numérique locale des quotidiens nationaux, via la plateforme Corse Presse « de façon à ce qu’on ne dépende plus, ni de la Postale, ni de la météo, ni de ce qui peut nous paralyser et que l’on puisse, enfin, vendre sereinement nos quotidiens nationaux ». Un rendez-vous devrait être pris à ce sujet avec le président de l’Exécutif, Gilles Simeoni.
 
N.M.
 




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