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Plan de Relance économique : Le dialogue est renoué entre l’Exécutif corse et l’Etat


Nicole Mari le Jeudi 18 Février 2021 à 22:39

Reprise des discussions entre le pouvoir nationaliste corse et l’Etat. La réunion, qui a duré presque trois heures entre le Préfet de Corse, l’Exécutif territorial et les représentants des chambres consulaires, s’annonçait tendue, elle s’est finalement révélée plus positive que prévue. Si beaucoup de points restent en suspens, le dialogue a été renoué concernant le plan de relance économique de l’île. Au grand soulagement de tous les participants.



Rencontre entre Pascal Lelarge, préfet de Corse, et Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse.
Rencontre entre Pascal Lelarge, préfet de Corse, et Gilles Simeoni, président du Conseil exécutif de la Collectivité de Corse.
En diplomatie, on appelle cela : une normalisation des relations. En Corse, après des mois de crispation, de colère et d’inquiétude, c’est surtout un profond soulagement. L’Etat et son représentant dans l’île, qui avaient déclaré une guerre sourde semée de chausse-trappes au pouvoir nationaliste, snobant tout dialogue avec lui, semblent revenir à de meilleures dispositions. C’est ce qui est ressorti de la réunion, jeudi en fin d’après-midi, organisée par le préfet de Corse, Pascal Lelarge, avec le président de l’Exécutif de la Collectivité de Corse, Gilles Simeoni, entouré de conseillers exécutifs, dont le président de l’ADEC, Jean-Christophe Angelini, et la présidente de l’Agence du tourisme, Nanette Maupertuis, et les représentants des chambres consulaires. Une réunion multipartite attendue depuis longtemps pour discuter du Plan Salvezza e Rilanciu, le plan de sauvegarde et de relance économique concocté par l’Exécutif nationaliste, soutenu par toutes les forces vives insulaires et voté à l’unanimité par l’Assemblée de Corse. Un plan que l’Etat a jusqu’à présent refusé de prendre en compte, opposant un inquiétant déni au diagnostic économique et social de l’île - dont il sous-estime grandement la gravité - et une sèche fin de non-recevoir à toutes les demandes d’adaptation du plan France Relance aux spécificités insulaires, comme aux mesures que les socio-professionnels considèrent comme essentielles. Le dialogue « constructif », qu’appelait en vain de ses vœux Gilles Simeoni et l’ensemble des acteurs locaux, est, donc, renoué.
 
Une réunion positive
La réunion, qualifiée de « positive », a abordé les trois points de discorde : le diagnostic, la mise en œuvre du plan France Relance et le plan Salvezza. Le premier, le plus aigu puisqu’il détermine tout le reste, fait, donc, l’objet d’une divergence abyssale entre l’Etat, qui estime que « la Corse s’en sort plutôt bien, la situation n’est pas si grave, il n’y a pas d’éléments d’inquiétude particulière à avoir », et l’Exécutif corse qui appréhende « un véritable cataclysme » et le prouve chiffres à l’appui. Ce dernier a affuté son argumentaire dans un diagnostic détaillé de 22 pages, établi sur des données fournies par l’Etat : INSEE, Banque de France, Direccte…, mais aussi par la Chambre de commerce et les organismes locaux. Des chiffres sombres, des courbes de comparaison impossibles à réfuter, qui font la démonstration implacable que la crise est plus forte dans l’île que dans l’hexagone, et qui obligent le préfet à changer de ton et à partager le constat : « Il a convergé sur l’essentiel, avec des nuances à la marge », lâche l’un des participants. « Il persiste à dire que, dans certains secteurs, ce n’est pas aussi grave qu’on le prétend, mais il a accepté d’en discuter. C’est déjà ça ! ».
 
Des dispositifs à optimiser
La discussion a été plus compliquée sur l’adaptation du plan France Relance aux spécificités corses, chacun cherchant toujours à convaincre l’autre du bien-fondé de sa position. « La méthode retenue par le gouvernement pour sa mise en place en Corse ne saurait faire exception à celles adoptées par toutes les autres régions », avait tranché le président de la République dans une lettre qui avait attisé la discorde en janvier dernier. « Il nie, à la fois, notre singularité institutionnelle, notre singularité économique et notre singularité géographique à travers l’insularité. Cela pose quand même un très grave problème ! », avait répliqué Gilles Simeoni. « Le préfet s’est dit prêt à optimiser les dispositifs, mais cela reste insuffisant et inadapté », commente-t-il sobrement à la sortie de la réunion. La tension semble se dénouer aussi sur la question des appels à projets que le préfet entendait distribuer à sa seule main dans une relation strictement bilatérale avec les intercommunalités. L’Exécutif corse dénonçait « un saupoudrage et un éparpillement », estimant qu’il fallait lister, tous ensemble, des projets et des priorités à l’échelle de l’île. Le préfet a admis l’idée qu’il fallait répondre le plus efficacement possible à ces appels à projets nationaux afin que la Corse essaye de tirer son épingle du jeu.
 
Des pistes et des demandes
Restait le troisième point de franche crispation : le plan Salvezza qui, s’il fait l’unanimité dans l’île, est affublé d’un défaut majeur pour le préfet : l’Etat n’a pas été associé à son élaboration. Pascal Lelarge n’a pas manqué de le souligner. L’Exécutif corse, pour sa part, a soutenu son plan en s’appuyant sur les dernières pistes avancées par le ministre de l’économie dans sa conférence de presse du 14 janvier, estimant que Bruno Le Maire a validé le principe d’intervention défendu par le plan Salvezza. « A partir du moment où on démontre que la Corse a une spécificité et des besoins particuliers, y-a-t-il la place pour que l’Etat prenne en compte les demandes du plan Salvezza, y compris en les faisant concorder avec les pistes de travail validées par Bruno Le Maire au plan national ? », a plaidé Gilles Simeoni. L’Exécutif corse a bataillé dans trois domaines-clés. D’abord, le PGE, prêt garanti par l’Etat, ce fameux « mur de dettes » qui pèse sur les entreprises. « Nous avons proposé de transformer une partie du PGE en prêt participatif. Bruno Le Maire a lui-même repris cette idée à son compte au plan national ». L’intérêt est d’allonger la durée de remboursement à 7 ans, alors que le PGE doit être remboursé ce mois d’avril avec la possibilité de report à avril 2022 pour les entreprises en difficulté. Ensuite, l’allègement, voire la suppression des charges : « Bruno Le Maire a dit que c’était envisageable sous certaines conditions et certains critères. Nous avons fait des propositions techniques avec une évaluation des seuils et des critères. Notre volonté est de trouver des solutions acceptables pour les deux parties ». Enfin, la fiscalité en rappelant que Bruno Le Maire, lors de sa visite en Corse, avait admis qu’il y avait une place pour une fiscalité particulière à l’île. Arguant l’urgence, l’Exécutif corse a proposé de travailler pendant les 15 prochains jours pour trouver des points d’accord. Le préfet s’est dit prêt à discuter tout en prenant la précaution de prévenir que la décision finale incombait à Paris. Un communiqué commun pourrait être publié ce vendredi.
 
N.M.
 













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