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Nuits de la Guitare à Patrimoniu : La superstar américaine Richie Kotzen en ouverture


Rédigé par Nicole Mari le Jeudi 19 Juillet 2018 à 23:42 | Modifié le Vendredi 20 Juillet 2018 - 01:29


C'est une superstar américaine qui ouvre, ce vendredi, le festival des Nuits de la Guitare à Patrimoniu. Auteur-compositeur-interprète, aussi merveilleux chanteur à la voix éraillée que guitariste virtuose, musicien multi-instruments et producteur, Richie Kotzen déroule une carrière qui fait rêver et plus d’une quinzaine d’albums en solo dont le dernier Salting Earth sorti en 2017. En 2012, il crée avec Mike Portnoy (ex-Dream Theater) et Billy Sheehan (ex-Mr Big), un power trio nommé The Winery Dogs. Rock, Jazz, funk, soul, il joue de tout avec les plus grands musiciens, mélange les styles et les sons, explore sans cesse de nouveaux horizons. Sa venue sur la scène de Patrimoniu est un événement. S'il y a un concert qu'il ne faut pas rater, c'est bien celui-là ! Rencontre avec une rockstar…


Nuits de la Guitare à Patrimoniu : La superstar américaine Richie Kotzen en ouverture
- Vous êtes considéré comme un virtuose de la guitare. Que ressentez-vous à l'idée de jouer sur une scène qui a vu passer parmi les meilleurs guitaristes du monde ?
- C'est un grand honneur et une excellente occasion que nous n'avons pas laissé passer. C'est vraiment un privilège de se retrouver sur une scène comme celle de Patrimoniu et d'être considérés au même niveau que tous les grands guitaristes qui y sont passés. Nous sommes en tournée depuis le 15 juin, nous avons déjà fait beaucoup de concerts et nous sommes très chauds à l'idée de jouer sur cette scène-là.
 
- Vous êtes plutôt habitués à des studios et des salles fermées. Jouer dans un théâtre de verdure, une scène ouverte, est-ce aussi un challenge ?
- Non ! Pas vraiment ! Ce n'est pas déstabilisant de jouer à l'extérieur, nous avons l'habitude. Nous jouons autant dans des scènes ouvertes que dans des salles fermées. Récemment, nous avons joué à l'extérieur au Texas, au Canada, aussi au Luxembourg. Le son est évidement différent, il est plus brut, il n'a pas le même retour que dans une salle, il faut s'adapter, mais de toute façon, nous sommes là pour jouer notre musique. Nous y arrivons très bien. C’est le plus important !
 
- En 2012, le bassiste Billy Sheelan disait que vous étiez « une superstar que le monde ignore ». Ce qui n'est plus le cas ! Comment vivez-vous votre statut de rockstar ?
- J'ai une longue carrière derrière moi avec beaucoup de bas et de hauts. Quand j'étais jeune, je jouais dans un groupe qui était très célèbre. Puis, ça a changé... Je fais de la musique depuis assez longtemps et c'est tout ce qui compte pour moi. La perception qu'ont les gens de l'extérieur ne m'affecte pas. L important, c'est d’être dans ma musique, que je sois connu ou pas, que je sois dans un haut ou dans un bas !
 
- Funk, rock, jazz, soul... Vous savez tout faire. Pourquoi une telle diversité de styles lorsque tant de groupes se contentent de répéter un style gagnant ?
- Pour moi, il n'y a pas de différence entre les styles, c'est la même chose, c'est juste ma musique. J'ai été influencé par beaucoup de gens, des rockers, des jazzmen, des gens qui faisaient du Rhythm and blues... Ma musique actuelle est le résultat de mon éducation musicale. J'ai réussi à mélanger toutes ces influences et à trouver une unité musicale. Ce qui est important, c’est que les gens qui viennent m'écouter en concert, se rendent compte de ça, qu'il y a plein de différentes influences qui ne font plus qu'un style. C'est mon style, ma musique.
 
- Parmi toutes ces influences, quelle a été la plus marquante ?
- C'est difficile de donner un nom parce que j'ai subi beaucoup d'influences diverses. J'ai écouté beaucoup de musiques différentes. Comme j'écris des chansons, je suis, aussi, soumis à des influences extérieures, des gens, de la société par exemple, pas seulement des musiciens. Tout ça se mélange et donne beaucoup de combinaisons de plein de choses.
 
- Y-a-t-il des sons ou des artistes actuels qui vous influencent et vous attirent ?
- En musique, rien n'est jamais terminé. Il y a toujours énormément d'influences et de genres différents. Ce qui est important pour moi, c'est de composer. Je trouve qu'il y a beaucoup de jeunes musiciens intéressants. Un musicien, qui a 18 ans aujourd'hui, apprend beaucoup plus vite parce qu'il a beaucoup plus de ressources à sa disposition. Par exemple, You Tube. Il peut faire bien plus de recherches, donc il progresse bien plus vite. Il aura un meilleur niveau musical que quelqu'un de ma génération quand il avait 18 ans.
 
- Y-a-t-il un son actuel que vous n'avez pas encore essayé et que vous aimeriez testé ?
- Beaucoup ! Il y en a des centaines !
 
- Qu'est-ce qui vous fait vibrez musicalement aujourd'hui ?
- Ce qui me paraît le plus important chez un artiste, c'est d'abord qu'il soit honnête. Ensuite, il y a deux ingrédients qui me touchent : l'aspect technique, c'est-à-dire le vocabulaire qu'un musicien tire de son instrument, et l'aspect personnel, c'est-à-dire toutes les émotions, la personnalité du musicien. Le plus intéressant, c'est quand un musicien arrive à combiner ces deux aspects importants, à tisser un pont entre les deux.
 
- Vous écrivez vos textes. Vos albums ont des titres évocateurs : Cannibals, Salting Earth.... Quels sujets vous inspirent : la société, la politique, le monde...  ?
- Ce qui m'intéresse, ce sont surtout les gens ! Les textes, que j'écris, ne sont pas du tout abstraits, au contraire, ils sont très ancrés dans la vie de tous les jours, ils sont un peu comme une conversation avec les gens. Ce qui m'intéresse, c'est d'expliquer ce qui s'est passé pour moi, ce qui se passe pour les gens à côté de moi ou ce qui pourrait se passer. Je respecte les opinions politiques quelqu'elles soient, mais je ne veux pas écrire dessus.
 
- Vous engagez-vous pour de grandes causes ?
- Se consacrer à une seule cause, c'est trop se limiter. Ce qui m'intéresse, c'est la vie en général.
 
- Vous avez joué avec les plus grands musiciens, vous avez eu une superbe carrière. Avez-vous des regrets ?
- Non ! Je n'ai aucun regret ! Il ne faut surtout pas en avoir en musique ! Je trouve que je suis dans une bonne situation. Je suis heureux dans ma vie telle qu'elle est. Je ne veux pas perdre de temps à regretter des choses que j'aurais pu faire. Simplement, je ne veux pas répéter les mêmes erreurs.
 
- Vous reste-t-il des rêves à réaliser ?
- Non ! Il n'y a pas un rêve que je n'ai pas réalisé. Je n'ai pas d'attente particulière pour l'avenir.
 
- Comment voyez-vous votre futur ?
- Aucune idée ! Il y a assez à faire, à s'inquiéter dans la vie de tous les jours. Je ne pense pas à l'avenir. Si je m'inquiète pour l'avenir, je vais rater quelque chose qui est en train de se produire aujourd'hui. Ce n'est pas une bonne chose que de s'inquiéter pour l'avenir.
 
- Quelle est votre philosophie de vie ?
- La vie, ce n'est jamais simple, ni simpliste ! L'important, c'est d'être présent, d'essayer de se préparer aussi bien que possible, de vivre. Je n'ai pas de philosophie de vie parce que la vie, c'est trop complexe. J'essaie de faire le mieux possible au fur et à mesure que les choses se présentent.
 
- Quels conseils donneriez-vous à de jeunes musiciens ?
- De par mon expérience, tout ce que je peux dire, c'est que lorsque j'ai commencé à faire de la musique, je ressentais beaucoup de joie. C'était super, excitant de découvrir un instrument ! Mais, après, quand on fait de la musique son métier, les choses sont parfois moins drôles, parfois même déplaisantes. Il faut vraiment essayer de garder intact ce ressenti du début, de se souvenir à quel point jouer peut donner de la joie. Rester connecté à ce sentiment initial, c'est la première chose à garder à l'esprit. Le second conseil que je pourrais donner, c'est de jouer avec d'autres musiciens, d'être dans l'interaction, le partage, faire des concerts... C'est là qu'on apprend le plus.
   
Propos recueillis par Nicole MARI.





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