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Nicolas Poli, l’enfant du pays, de retour sur scène à San Giuliano


Jeanne Leboulleux-Leonardi le Jeudi 17 Février 2022 à 20:57

Il aurait presque fallu pousser les murs pour accueillir les nombreux spectateurs venus assister, mercredi 16 février, dans la salle des fêtes de San Ghjulianu, à la pièce de théâtre présentée par la troupe “Les Inspirés”. Et pour cause. L’évènement était inédit à plus d’un titre : dans le monde rural, on n’a pas tous les jours l’occasion d’assister à des spectacles qui ont fait leurs preuves au Festival d’Avignon ou à Paris. Sans compter qu’un des acteurs, Nicolas Poli, est un enfant du pays. Le public n’a pas boudé son plaisir : et c’est debout, par de longs applaudissements, que la salle a salué la performance des acteurs. “Et si on ne se mentait plus ?” a sans conteste conquis l’auditoire.



Sur scène. Crédit photo DR
Sur scène. Crédit photo DR
L’aventure avait démarré il y a quelques années, autour d’un repas, chez le père de Nicolas Poli : « On a échangé sur ce beau projet. Nicolas avait des difficultés à boucler son financement », se souvient François-Xavier Ceccoli, le maire du village. 
Le GIE Corsica Comptoir dont ce dernier est dirigeant va donner un coup de pouce qui contribuera à la concrétisation du projet. La pièce, écrite par deux des membres de la troupe – Mathieu Rannou et Emmanuel Gaury –, est une création. « On les a suivis. Ça a démarré dans un petit théâtre parisien qui s’est très vite révélé trop exigu. Ce ne devait être que quelques soirées… et aujourd’hui, on est à la 261ème représentation ! C’est du très haut niveau et nous sommes encore plus fiers que ce soit avec quelqu’un d’ici », souligne le maire.  
 
Comment on devient comédien…
Abandonnant sa profession initiale de kinésithérapeute pour se consacrer au théâtre, Nicolas Poli a appris le métier auprès de Jean-Pierre Lanfranchi, et surtout de Lauriane Goyet, en Balagne, avec sa troupe Acrobatica machina. Quand elle lui dit : « maintenant, tout ce que je pouvais t’apprendre, je te l’ai appris. Il faut que tu ailles à Paris », il change de braquet : son frère lui offre le livre de Jean-Laurent Cochet et un stage chez cet ancien pensionnaire de la Comédie française. Il joue dans plusieurs pièces avant de co-créer, en 2016, avec des condisciples, la compagnie de comédiens-auteurs Les Inspirés. 
Retravaillée collectivement avec le metteur en scène de la troupe, Raphaëlle Cambray, la pièce ”Et si on ne se mentait plus ?” est créée au Festival d’Avignon en 2018. Elle se joue au Lucernaire, au théâtre Tristan Bernard, repasse à Avignon avant de revenir dans les salles parisiennes. Les critiques sont élogieuses. C’est un succès… jusqu’à ce que la pandémie de COVID ne vienne interrompre les représentations deux ans durant. 
 
Humour et émotion
 « Nicolas tenait à venir en Corse et il a mis un point d’honneur à venir jouer à San Ghjulianu, explique le maire. Nous avons pris en charge quelques coûts et ils nous ont fait un tarif défiant toute concurrence, ce qui nous a permis de faire les entrées gratuites. »

L’enfant du pays joue le rôle d’Alfred Capus, journaliste, romancier, mais surtout auteur à succès de théâtre de boulevard qui, à force de persévérance, finira par être élu à l’Académie française en 1914. La pièce réunit, en effet, autour de déjeuners réguliers, cinq hommes de théâtre de la Belle Époque, passés pour la plupart à la postérité : aux côtés d’Alfred Capus, on retrouve Jules Renard, Lucien Guitry – le père de Sacha –, Alphonse Allais et Tristan Bernard. Des personnages historiques, donc, à la langue aussi acérée que la plume, des amis à l’ego surdimensionné qui se sont baptisés “mousquetaires” et vont s’affronter à fleurets mouchetés sur des thèmes éternels : les femmes, l’argent, et plus que tout l’ambition.
Parole donnée et reprise sans vergogne, hypocrisie embarrassée, petites trahisons et quiproquos s’enchaînent comme un feu d’artifice. Les protagonistes balancent ambition et amitié. On sourit, on rit. L’humour et la légèreté laissent finalement place à l’émotion pour une conclusion inattendue.  
 
Une leçon de volonté

L’émotion, c’était aussi celle de Nicolas Poli lorsqu’au moment du salut, il a remercié la salle. « J’appréhendais énormément, explique-t-il, parce qu’on avait compté une cinquantaine de chaises et qu’il y avait deux cents personnes ! Ça m’a demandé beaucoup de travail, de maîtrise, pour passer par-dessus l’émotion tout au long de la pièce. Je connais beaucoup de monde ici, depuis tout petit. J’étais aux anges de voir autant de personnes ! Ça me tenait à cœur de jouer cette pièce ici, à San Ghjulianu, en plein hiver. Une dame m’expliquait que c’était sa première pièce de théâtre. Un petit garçon aussi… Je suis heureux de pouvoir montrer qu’il suffit de volonté pour avoir accès à tout : qu’on veuille devenir agriculteur – je suis agriculteur aussi ! – ou comédien, il faut y croire ! »
 
Nicolas Poli a bien l’intention de revenir jouer en Corse… et à San Ghjulianu en particulier ! « François-Xavier ne le sait pas encore, mais on va construire un théâtre sur la commune ! », macagne-t-il en matière de conclusion. Chiche ?
 















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