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Nicolas Hulot : "La décision la plus intime, la plus cruelle, mais la plus responsable que je devais prendre"


Rédigé par Marie MAURIZI le Mardi 28 Août 2018 à 22:15 | Modifié le Mardi 28 Août 2018 - 23:15


Mais aussi la plus solitaire. C’est entre lui et lui que cela c’est passé dit-il. Sans en avoir averti le chef de l’Etat et le premier ministre - s’excusant de le faire d’une mauvaise manière - ni même ses proches. Nicolas Hulot a pris la décision au micro de France Inter, l’émotion dans la voix et laissant deux journaliste hébétés, d’une démission « surprise » du gouvernement Macron.


Nicolas Hulot en Corse en mai dernier / Photo Michel Luccioni
Nicolas Hulot en Corse en mai dernier / Photo Michel Luccioni
Le ministre de la Transition écologique et solidaire y pensait depuis longtemps, et même le disait. Mais à chaque fois, le président Macron et Edouard Philippe ont réussi à l’en dissuader. De cette façon, peu protocolaire assure-t-il, et après une décision murie pendant l’été, personne ne pourra m’empêcher de partir.
 
Une réunion décisive à l’Elysée la veille de sa démission
Une réunion consacrée à la réforme de la chasse, la veille à l'Elysée, a sans doute été « la goutte qui a fait déborder le vase ». A l’ordre du jour, trois sujets sensibles pour le ministre : le prix du permis national de chasse qui sera bien divisé par deux (il passer de 400 euros à 200), la mise en place d'une gestion adaptative des espèces chassables et d'une police rurale. Le tout validé par Macron.
A ce qui déjà l’agace, la présence d'un lobbyiste, Thierry Coste, ancien conseiller de campagne du président et grand protecteur des chasseurs, déclenche la colère du ministre. «C’est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles de pouvoir", dénonce-t-il. Et quand il a demandé à Emmanuel Macron ce qu’il faisait là, raconte-t-il, le président a répondu qu’il ne savait pas comment il était entré !
 
Un homme seul : Suis-je à la hauteur ? Mais qui serait à la hauteur tout seul ? Où sont mes troupes ? Qui ai-je derrière moi ?
Invité au micro de France Inter, les journalistes sentent immédiatement un malaise « Nicolas Hulot à vous entendre vous êtes plus utile à l’extérieur qu’à l’intérieur du gouvernement ? »
C’est avec beaucoup d’émotion et de tristesse qu’il répond dans un long monologue : « Pas de réduction de gaz à effet de serre, pas de réduction d’utilisation des pesticides, l’enrayement de l’érosion de la biodiversité n’est pas en route,  aucun sujet sensible n’a avancé… Je ne veux plus me mentir, je ne veux pas donner l’illusion que ma présence au gouvernement  signifie qu’on est à la hauteur sur ces enjeux-là. Et donc je prends la décision de quitter le gouvernement. C’est la décision la plus douloureuse, la plus lourde que j’ai eu à prendre et qui me bouleverse… Sur un enjeux aussi important, je me surprends tous les jours à me résigner, tous les jours à m’accommoder des petits pas, alors que la situation universelle, au moment où la planète devient une étuve, mérite qu’on se retrouve et qu’on change d’échelle, qu’on change de scope, qu’on change de paradigme. »
 
Un vrai dilemme pour Nicolas Hulot qui devait soit s’accommoder « des petits pas », en sachant qu’après son départ cela pourrait-être pire,  soit rester, et donner le sentiment que, par sa seule présence, le gouvernement était en France ou en Europe, « à la hauteur sur le pire défi que l’humanité n’a jamais rencontré ».
Une décision qu’il qualifie d’honnête et de responsable, ne souhaitant que personne ne récupère et ne fustige le gouvernement  « parce qu’à l’observation, c’est l’ensemble de la société, et je peux m’y mettre également, qui porte nos contradictions. Et de conclure « Mon acte n’est pas un acte de résignation, j’espère qu’il sera un acte de mobilisation qui entrainera derrière un sursaut. »
 
 
En Corse au mois de mai dernier : « L'écologie ça n'est pas de l'idéologie, c'est du simple bons sens»
En déplacement en Corse, en mai dernier, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot était revenu sur la problématique de la gestion des déchets ainsi que sur les grands dossiers liés à la transition énergétique et au respect de la loi littoral. Il s’était engagé à  veiller à ce qu’elle ne soit ni affaiblie, ni remise en cause, car de son point de vue elle était fondatrice.
 
Tout d’abord à Cozzano dans le haut Taravo, il avait visité les installations de ce « Smart Village » pôle d’expérimentation numérique, dont l’objectif était de faire de la commune un "village intelligent", connecté et durable au cœur même du monde rural. Le projet pensé par l’Université de Corse et le CNRS est en place depuis fin 2017.
 
Puis dans le grand sud il avait inauguré la station d’épuration écologique de Quenza et la station de réutilisation des eaux usées traitées (REUT) de Bonifacio.
 
Pour Nicolas Hulot la Corse avait trois défis à relever : la crise de gestion des déchets qu’elle subit, une pénurie d'eau liée au changement climatique et le déséquilibre entre la préservation du patrimoine et la surfréquentation.
 A suivre…
 
 




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