Pasqua Castellani et Sylvain Gregori, entourant deux "petites mains" de l'expo : Angeline Rossini, régie d'œuvres et gestion de l'expo et Ariane Jurquet,r de la conservation et de la documentation au musée.
« Corsica-Maghreb : Une histoire en miroir (1830- 2025) » c’est le titre de cette exposition qui sera visible jusqu’au 19 décembre prochain.
« Les expositions temporaires du musée sont toujours des expositions dont les thèmes font écho à des problématiques actuelles de la société corse » explique Pasquale Castellani, adjoint au maire de Bastia, délégué à la Langue et à la culture corses, à la stratégie d’immersion linguistique et à la valorisation du patrimoine matériel et immatériel. « Corsica Maghreb renvoie au sujet de l'immigration, au sujet du communautarisme. Ça permet de regarder ces problématiques, qui sont complexes, sous un prisme plus large, en prenant une échelle de temps plus large et en versant des éléments scientifiques à la réflexion de tout un chacun. C'est une part de l'histoire qui est très peu connue et qu'on a tendance à oublier. Entre 1800-1830 et les années 50, il y a eu un contingent de Corse, plus de 250 000, qui étaient expatriés en Afrique du Nord pour y faire leur carrière dans l'armée, dans l'administration, dans le commerce. C’était l'équivalent de la population en Corse. La majorité de la population en Corse n'en est plus trop consciente aujourd’hui et c'est donc l'occasion de remettre ces faits en lumière. Ces expositions temporaires sont important car elles contribuent à renouveler l'attractivité du musée, à sa dynamique, avec des œuvres nouvelles tous les ans ».
Cette exposition invite donc le visiteur à découvrir, explorer les liens politiques, culturels, humains et économiques entre la Corse et les pays du Maghreb tels Maroc, Algérie, Tunisie et de mettre en lumière les histoires croisées de l’émigration corse en Afrique du Nord et de l’immigration maghrébine en Corse. « Il y avait deux bonnes raisons de mettre en place cette exposition sur ce thème » souligne Sylvain Gregori, conservateur du Musée de Bastia. « La première c'est que l’émigration corse au Maghreb a été considérable. Il n'y a pas une famille dont un de ses membres n’a séjourné ou s'est installé là-bas. Donc déjà, ça fait partie de notre histoire, une histoire qui nous fait un petit peu sortir de l'ethnocentrisme et qui nous montre que les Corses ont rayonné dans toute la Méditerranée, y compris à l'époque contemporaine. Deuxième élément, c'est qu'un musée doit être aussi en adéquation avec la société. Un musée n'est pas seulement un lieu où on vient voir de belles choses, où de vieilles choses, mais il doit aussi apporter une réflexion au public ».
Sur deux étages, deux époques différentes.
« On a joué sur l'idée de miroir, comme l'indique le titre de l’expo » continue Sylvain Gregori. « D'un côté, l’émigration corse jusqu'à la décolonisation en 1962, et à l'étage inférieur nous reprenons la chronologie à partir de 1962, la Corse avec les rapatriés pieds noirs d'Algérie et dans leur sillage la première main d'œuvre marocaine, et on va jusqu'à nos jours avec toutes les problématiques sociétales et politiques que l'on a connues à travers à la fois des phénomènes de communautarisme, de xénophobie, d'identité. En fait cette exposition pose aussi la question de ce qu’est être corse au XXIe siècle et comment on peut justement intégrer des gens qui viennent d'ailleurs avec toutes les problématiques qu'on a connues bien évidemment depuis les années 80, parce que c'est principalement à partir de là que le problème va apparaître en Corse avec des tentatives de réponse comme la Communauté de Destin qui est fortement critiquée de nos jours. A travers cette expo, cette histoire immédiate, quasiment immédiate, on essaye de présenter des problématiques et de répondre, selon évidemment la nature du musée, à ces problématiques à la fois politiques et sociétales. On y démontre aussi la force des amicales Corses à cette époque-là. Elles jouent le rôle de véritable lobby à la fois en Afrique du Nord mais aussi en Corse dans les grands débats politiques et sociétaux de 1900 jusqu'à la fin de la décolonisation. On constate que ces associations qui sont portées par des parlementaires d'origine Corse qui se sont fait élire en Afrique du Nord par des élites locales aussi bien dans le domaine politique qu'économique, ont joué un rôle très important à la fois dans la définition de l'identité Corse mais aussi dans tous les débats de cette époque-là. Le but ce n'est évidemment pas de donner des explications qui sont plutôt liées aux politiques publiques, mais d'éclairer le visiteur, le citoyen, dans un sens d'émancipation, de la réflexion quant aux problématiques sociétales que la Corse rencontre »
À découvrir près de 400 œuvres d'art, objets, documents et vidéos qui proposent une lecture croisée de près de deux siècles d'histoire commune.
« La collecte a été très difficile puisqu'il n'y a quasiment aucun objet dans les collections publiques de Corse ni les collections publiques françaises qui sont en rapport soit avec l'immigration des Corses au Maghreb soit avec l'immigration des Maghrébins en Corse » explique Sylvain Gregori. « On a dû, entre guillemets dans le sens antique du terme, inventer des œuvres. On a aussi tenté une petite collecte auprès de la communauté maghrébine avec quelques résultats. Ce ne sont quasiment que des femmes qui ont répondu à cet appel, ce qui est déjà un signe à interpréter ». Parallèlement, des familles corses ont prêté divers objets ramenés du Maghreb, objets qui s’ajoutent à des prêts de musées français, comme le musée d'Orsay, musée de l'armée ou encore du Palazzo Reale de Pise.
« Les expositions temporaires du musée sont toujours des expositions dont les thèmes font écho à des problématiques actuelles de la société corse » explique Pasquale Castellani, adjoint au maire de Bastia, délégué à la Langue et à la culture corses, à la stratégie d’immersion linguistique et à la valorisation du patrimoine matériel et immatériel. « Corsica Maghreb renvoie au sujet de l'immigration, au sujet du communautarisme. Ça permet de regarder ces problématiques, qui sont complexes, sous un prisme plus large, en prenant une échelle de temps plus large et en versant des éléments scientifiques à la réflexion de tout un chacun. C'est une part de l'histoire qui est très peu connue et qu'on a tendance à oublier. Entre 1800-1830 et les années 50, il y a eu un contingent de Corse, plus de 250 000, qui étaient expatriés en Afrique du Nord pour y faire leur carrière dans l'armée, dans l'administration, dans le commerce. C’était l'équivalent de la population en Corse. La majorité de la population en Corse n'en est plus trop consciente aujourd’hui et c'est donc l'occasion de remettre ces faits en lumière. Ces expositions temporaires sont important car elles contribuent à renouveler l'attractivité du musée, à sa dynamique, avec des œuvres nouvelles tous les ans ».
Cette exposition invite donc le visiteur à découvrir, explorer les liens politiques, culturels, humains et économiques entre la Corse et les pays du Maghreb tels Maroc, Algérie, Tunisie et de mettre en lumière les histoires croisées de l’émigration corse en Afrique du Nord et de l’immigration maghrébine en Corse. « Il y avait deux bonnes raisons de mettre en place cette exposition sur ce thème » souligne Sylvain Gregori, conservateur du Musée de Bastia. « La première c'est que l’émigration corse au Maghreb a été considérable. Il n'y a pas une famille dont un de ses membres n’a séjourné ou s'est installé là-bas. Donc déjà, ça fait partie de notre histoire, une histoire qui nous fait un petit peu sortir de l'ethnocentrisme et qui nous montre que les Corses ont rayonné dans toute la Méditerranée, y compris à l'époque contemporaine. Deuxième élément, c'est qu'un musée doit être aussi en adéquation avec la société. Un musée n'est pas seulement un lieu où on vient voir de belles choses, où de vieilles choses, mais il doit aussi apporter une réflexion au public ».
Sur deux étages, deux époques différentes.
« On a joué sur l'idée de miroir, comme l'indique le titre de l’expo » continue Sylvain Gregori. « D'un côté, l’émigration corse jusqu'à la décolonisation en 1962, et à l'étage inférieur nous reprenons la chronologie à partir de 1962, la Corse avec les rapatriés pieds noirs d'Algérie et dans leur sillage la première main d'œuvre marocaine, et on va jusqu'à nos jours avec toutes les problématiques sociétales et politiques que l'on a connues à travers à la fois des phénomènes de communautarisme, de xénophobie, d'identité. En fait cette exposition pose aussi la question de ce qu’est être corse au XXIe siècle et comment on peut justement intégrer des gens qui viennent d'ailleurs avec toutes les problématiques qu'on a connues bien évidemment depuis les années 80, parce que c'est principalement à partir de là que le problème va apparaître en Corse avec des tentatives de réponse comme la Communauté de Destin qui est fortement critiquée de nos jours. A travers cette expo, cette histoire immédiate, quasiment immédiate, on essaye de présenter des problématiques et de répondre, selon évidemment la nature du musée, à ces problématiques à la fois politiques et sociétales. On y démontre aussi la force des amicales Corses à cette époque-là. Elles jouent le rôle de véritable lobby à la fois en Afrique du Nord mais aussi en Corse dans les grands débats politiques et sociétaux de 1900 jusqu'à la fin de la décolonisation. On constate que ces associations qui sont portées par des parlementaires d'origine Corse qui se sont fait élire en Afrique du Nord par des élites locales aussi bien dans le domaine politique qu'économique, ont joué un rôle très important à la fois dans la définition de l'identité Corse mais aussi dans tous les débats de cette époque-là. Le but ce n'est évidemment pas de donner des explications qui sont plutôt liées aux politiques publiques, mais d'éclairer le visiteur, le citoyen, dans un sens d'émancipation, de la réflexion quant aux problématiques sociétales que la Corse rencontre »
À découvrir près de 400 œuvres d'art, objets, documents et vidéos qui proposent une lecture croisée de près de deux siècles d'histoire commune.
« La collecte a été très difficile puisqu'il n'y a quasiment aucun objet dans les collections publiques de Corse ni les collections publiques françaises qui sont en rapport soit avec l'immigration des Corses au Maghreb soit avec l'immigration des Maghrébins en Corse » explique Sylvain Gregori. « On a dû, entre guillemets dans le sens antique du terme, inventer des œuvres. On a aussi tenté une petite collecte auprès de la communauté maghrébine avec quelques résultats. Ce ne sont quasiment que des femmes qui ont répondu à cet appel, ce qui est déjà un signe à interpréter ». Parallèlement, des familles corses ont prêté divers objets ramenés du Maghreb, objets qui s’ajoutent à des prêts de musées français, comme le musée d'Orsay, musée de l'armée ou encore du Palazzo Reale de Pise.
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