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Municipales. François Filoni présente son projet pour préserver le patrimoine d’Ajaccio


le Mardi 3 Mars 2026 à 17:58

À un peu plus de dix jours des élections municipales, François Filoni et la liste « Gagner pour Ajaccio » ont tenu une conférence de presse centrée sur le patrimoine et l’environnement ce mardi matin. Le candidat soutenu par le Rassemblement National, Mossa Palatina et l'UDR ont présenté leur projet pour le devenir de la citadelle, mais également leur plan de ré-ensablement de la plage Saint-François, ainsi ont défendu l’installation de bornes électriques sur le port pour limiter la pollution des navires.



« Nous avons voulu mener cette campagne de manière apaisée, en disant que l’on peut tirer Ajaccio vers le haut ». À un peu plus de 10 jours des élections municipales, François Filoni et son équipe de la liste « Gagner pour Ajaccio » soutenue par le Rassemblement National, Mossa Palatina et L’Union des Droites (UDR), tenaient une conférence de presse ce mardi matin à l’hôtel Campo dell’Oro. Alors que l’on aurait pu s’attendre à entendre le secrétaire régional du RN – qui s’est effectivement fait discret durant cette campagne – sur des problématiques telles que l’insécurité ou de logement à l’approche de l’échéance du 15 mars, c’est sur la défense du patrimoine et de l’environnement qu’il a souhaité axer sa communication.  À commencer par le devenir de la citadelle Miollis. 
 
Revenant sur la présentation du monument au sommet Choose France en mai dernier, il a avant tout averti :« Que nous soyons élus ou non, nous n’accepterons jamais de céder la citadelle à un fonds d’investissement étranger ». Dans la foulée, il a indiqué défendre « le principe d’une citadelle sans vocation hôtelière ». « Son avenir doit être celui d’un quartier emblématique : un lieu vivant, qui concentre la quintessence culturelle, historique et contemporaine d’Ajaccio », a-t-il détaillé en disant viser un double objectif : « transmettre notre mémoire et faire vivre notre identité au présent, tout en construisant un modèle d’exploitation économiquement solide ». « De mon point de vue, la citadelle doit être pensée et exploitée autour d’un triptyque : identité, transmission et équilibre économique », a-t-il repris. Un scénario pour lequel il a déjà dessiné différents pôles au sein du monument. 
 
« Faire de la citadelle un fleuron pour Ajaccio et pour la Corse »
 
Au sein d’un pôle « mémoire et culture », il imagine la création de deux musées : l’un sur l’histoire de l’île et d’Ajaccio, et l’autre, sorte de « Panthéon ajaccien », qui mettrait en lumière de grandes figures insulaires telles que Paoli, Napoléon, Napoléon III, Tino Rossi, des Résistants, ou d’autres figures ajacciennes et corses qui se sont illustrées par leurs actions. « Nous voulons faire en sorte que les gens s’approprient cette histoire et viennent visiter la citadelle », a insisté François Filoni. Dans un second pôle, « lieu de vie », la liste « Gagner pour Ajaccio » entrevoir l’installation de cafés et autres établissements conviviaux qui proposeraient des « dégustations identitaires » afin de « faire vivre la Citadelle tout l’année ». Dans la même optique, est également envisagé d’installer « toutes les associations » de la ville au sein du monument. Dans le cadre d’un pôle « filières et savoir faire », François Filoni et ses co-listiers aspirent encore à installer des commerces de proximité – tout en refusant tout concept commercial – et même un mini marché AOP ou artisanat d’art au sein de la citadelle, tandis que dans le cadre d’un pôle « business et rayonnement », est prévue la création d’un espace modulable qui pourra accueillir jusqu’à 200 personnes pour des séminaires, rencontres, expositions et autres spectacles. « Nous voulons faire de la citadelle un fleuron pour Ajaccio et pour la Corse », a résumé François Filoni en appuyant sur sa volonté de « faire valoir l’identité corse ».
 
Affirmant être à l’origine de la rétrocession de la citadelle, le leader de liste « Gagner pour Ajaccio » a par ailleurs annoncé que dès son arrivée au conseil municipal il se servira de cet exemple pour demander la rétrocession de la base d’Aspretto. « Elle n’a plus rien de stratégique, ce n’est plus qu’un casernement pour quelques militaires. Or c’est un lieu féérique qui peut permettre l’agrandissement du port », a-t-il affirmé. Enfin, toujours sur le volet mémoriel, la liste propose également la « création d’un lieu mémoriel sur le cimetière des enfants martyrs du bagne de Saint-Antoine ».
 
Mieux protéger le littoral
 
Sur le front environnemental, la liste souhaite par ailleurs lutter contre l’érosion côtière dans la cité impériale grâce au ré-ensablement des plages de Saint-François, Barbicaja et Marinella. « Ce n’est pas seulement pour des raisons esthétiques, c’est surtout pour protéger notre ville », a indiqué Stéphanie Cuttoli-Bonnechere, 2ede la liste « Gagner pour Ajaccio ». « La plage n'est pas seulement un lieu de promenade, elle joue un rôle essentiel puisque le sable agit comme un coussin naturel. Quand le sable disparaît, les vagues frappent directement le mur de soutènement sous la route. Or si ce mur est fragilisé, c'est tout le front de mer qui est menacé », a-t-elle rappelé. Afin de lutter contre ce phénomène, François Filoni et ses co-listiers veulent s’inspirer de l’exemple de Cannes qui, grâce à une opération de ré-ensablement, a pu étendre sa plage de 40 mètres. Concrètement, le projet reposerait sur l’intervention d’un navire spécialisé, le Côte de Bretagne. « Il pompe le sable, le recalibre et le dépose au bord de mer », a détaillé le candidat. En parallèle, la liste prévoit d’« installer des géotubes à une centaine de mètres au large pour stopper les vagues », des structures « en bambou remplies de sable » destinées à atténuer la houle avant qu’elle n’atteigne le rivage. Une solution qui pourrait durer « une à deux décennies », selon le candidat, qui a également insisté sur son coût limité pour la collectivité. Le montage financier reposerait en effet, d’après lui, sur des fonds européens « à hauteur de 60 % », complétés par une participation de l’État, tandis que la part communale est évaluée « autour de 300 à 400 000 euros ». À l’inverse, il met en garde contre le coût de l’inaction : « Si le mur de soutènement devait tomber, c’est une opération d’urgence qui coûterait autour de deux millions d’euros ». 
Autre volet environnemental abordé à l’aube de ce premier tour, la pollution atmosphérique liée aux navires à quai. Troisième de la liste et représentant de l’UDR, Alexandre-Guillaume Tollinchi a défendu « l’installation de transformateurs sur les quais » afin de permettre aux bateaux « de couper leur moteur, de ne plus polluer l’ensemble du bassin ajaccien en se branchant sur le réseau terrestre ». Si ce projet n’est pas nouveau, il s’est jusqu’ici heurté à des contraintes techniques. 
« Nous voulons tirer Ajaccio par l’énergie », a enfin conclu François Filoni. S’il devait l’emporter, il assure vouloir « tendre la main à ceux qui ont perdu », en proposant « deux postes d’adjoints, deux postes de vice-présidents pour ceux qui veulent travailler ».