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Municipales - À Ajaccio, Pascal Zagnoli veut incarner un projet d’avenir et rassembler au-delà des étiquettes


le Mercredi 7 Janvier 2026 à 17:15

Engagé de longue date sur la scène politique insulaire, le secrétaire national du PNC annonce sa candidature à la mairie d’Ajaccio. Refusant les querelles partisanes et les logiques d’appareil, il dit vouloir défendre une démarche ouverte, pragmatique et tournée vers l’avenir, portée par des femmes et des hommes issus de tous les horizons.



Municipales - À Ajaccio, Pascal Zagnoli veut incarner un projet d’avenir et rassembler au-delà des étiquettes

Municipales - À Ajaccio, Pascal Zagnoli veut incarner un projet d’avenir et rassembler au-delà des étiquettes
Pourquoi avez-vous décidé de vous lancer dans cette course à la mairie d'Ajaccio ?
Il n'aura échappé à personne que depuis maintenant quelques années je suis engagé publiquement et politiquement à la tête du PNC, et il m'a semblé naturel de créer une démarche d'avenir pour la ville, qui perdurera d'ailleurs au-delà de la seule élection municipale. Il me semble important de créer une démarche qui soit ouverte, qui ne soit pas centrée uniquement et exclusivement autour du PNC ou de la famille nationaliste, mais bel et bien une démarche de rassemblement d'Ajacciens de tous horizons, qui viennent avec leur singularité, avec leur parcours personnel et professionnel au service d'un projet qui nous rassemble et que l'on veut croire porteur d'avenir, mais résolument pragmatique et ambitieux.
 
Justement, vous envisagez donc un rassemblement plus large au-delà des étiquettes partisanes ?
Oui, tout à fait, c'est pour cela que, bien qu'étant le secrétaire national du PNC, j'ai fait le choix de conduire une liste qui ne sera pas étiquetée PNC dans la mesure où la quasi-intégralité des colistères et colistiers qui composeront ma démarche ne seront pas issus de ma formation politique. Il y aura bien entendu un ancrage nationaliste sur le plan des fondamentaux, mais pour autant on aura un projet qui répondra aux attentes des Ajacciens, et qui sera incarné par des femmes et des hommes nouveaux, qui ne sont pas des spécialistes de la politique, et qui, quelque part viendront démontrer mon attachement au renouvellement des pratiques et des visages en politique. Je crois que c'est quelque chose d'important, voire même de fondateur. 
 
Comment allez-vous constituer cette liste ? Qui va-t-elle rassembler ?
Elle rassemblera, bien entendu, des nationalistes, encartés ou non, mais surtout des enseignants, des chefs d'entreprise, des commerçants, des acteurs du monde culturel ou associatif, et tout simplement des femmes et des hommes qui, collectivement, tiennent cette ville à bout de bras toute l'année, qui ont envie de s'impliquer, et qui sont arrivés à un moment de leur vie où ils ont envie de donner un petit peu de leur temps, de leur personne, pour un projet collectif d'avenir pour leurs enfants, pour eux-mêmes, et pour contribuer tout simplement au rayonnement de la ville d'Ajaccio.
 
Dans cette élection ajaccienne, une autre liste transpartisane sera elle-aussi menée par un nationaliste : celle de Jean-Paul Carrolaggi. Un accord pour parvenir à une candidature commune n’a donc pas pu être trouvé ? 
Je ne vais pas revenir sur les querelles internes à la famille nationaliste. Il y a eu des discussions entre appareils politiques avant l'été, qui ont continué jusqu'au début du mois de septembre. Et il n'a pas été possible, en effet, de se mettre d'accord pour une démarche commune.  De mon côté, en politique, je privilégie la clarté. On ne peut pas être engagé au niveau municipal avec des personnes que l'on combat au niveau territorial. Pour autant, je ne compte pas faire de cette élection municipale une campagne pour ou contre Jean-Paul Carrolaggi, ou d'autres nationalistes. Je veux vraiment faire de cette campagne municipale une tribune publique pour le projet que je veux porter, pour la démarche d'avenir que je souhaite incarner. Jean-Paul Carrolaggi est quelqu'un pour qui j'ai beaucoup d'estime, tout comme il y a des gens sur sa liste qui sont également des amis. Encore une fois, ma candidature n'est pas dirigée contre personne, elle est dirigée au service de la vie d'Ajaccio et de son avenir.
 
Plus qu'une rupture politique avec Jean-Paul Carrolaggi, il s'agit donc avant tout plutôt d'une divergence de méthode ou de vision pour l’avenir d’Ajaccio ?
Il y a évidemment une divergence de vision, puis surtout il y a la volonté de dépasser les querelles qui pour moi sont anciennes. Je veux vraiment penser à l'avenir et autour d'un projet que l'on va décliner très rapidement, qui se veut résolument concret et pragmatique, et évidemment que le clivage se fera à ce niveau-là, puisque nous aurons des projets qui seront vraisemblablement différents, et à ce moment-là, chacun comprendra qu'il y aura deux offres au sein de la famille nationaliste, et chacun se déterminera en son âme et conscience.
 
Julia Tiberi, qui est conseillère territoriale d'Avanzemu, et Jean-François Luciani, qui était le candidat du PNC-Avanzemu aux dernières législatives, ont pour leur part apporté leur soutien à la liste de Jean-Paul Carrolaggi. Doit-on y voir des dissensions en interne sur la manière d'aborder cette élection municipale au sein du PNC ? 
Non, il n'y a pas de dissensions au sein du PNC. J'en suis le secrétaire national, le parti et ses militants me soutiennent. Julia Tiberi a en effet une divergence profonde d'appréciation sur la situation politique ajaccienne et a décidé de rejoindre la démarche de Jean-Paul Carrolaggi.  C'est son droit le plus strict, et elle conserve mon amitié. Mais la majorité, voire même la quasi-intégralité des militants qui composent nos rangs, sont en désaccord avec la stratégie qui est la sienne, et m'ont demandé d'incarner une démarche qui nous corresponde réellement, et c'est pour cela que depuis maintenant plusieurs semaines, je m'affaire à construire une équipe renouvelée, diversifiée, pour incarner le projet qui est le nôtre. 
 
 
Quels sont vos principaux griefs contre la majorité en place aujourd'hui ?
La première chose c’est que je pense qu'il n'y a pas eu une amélioration de la situation au niveau des mobilités et du stationnement. Donc, on se rend compte qu'on a un centre-ville qui est globalement figé par le manque de stationnement et par les voitures. Si ce n'est la seule bonne initiative de la mandature, à savoir le parking de la Miséricorde avec des navettes qui descendent en centre-ville à un rythme assez régulier. Après, un des points fondamentaux avec lequel je suis en désaccord, c'est l'objectif d'une ville à 90 000 habitants. Aujourd'hui encore, en Corse et à Ajaccio également, nous avons un solde naturel qui est négatif. Donc, vouloir une ville qui s'agrandisse démographiquement, cela veut dire une ville composée principalement par des gens qui viennent de l'extérieur. Je ne peux pas m'y résoudre. Je suis Ajaccien, je suis nationaliste, je suis engagé à 26 ans pour ma ville, pour son avenir et je ne souhaite pas qu'il y ait demain une ville à 90 000 ou à 100 000 habitants composée pour majeure partie de personnes qui ne sont pas des Ajacciens. Et enfin, il y a aujourd'hui une situation financière qui est considérablement dégradée sur Ajaccio, avec pour la première fois une épargne nette négative l'année dernière, donc des marges de manœuvre énormément restreintes. Ce sont véritablement les trois principaux griefs que je peux faire à la majorité sortante, même si le sujet central ne sera pas de savoir s'il faut dépenser plus ou moins. Mais il faut, à l'inverse, et ce sera le sens de notre projet, améliorer surtout le pilotage, la vision d'avenir et autour surtout des projets qui soient réalistes et concrets pour changer le quotidien des Ajacciens et non pas pour être constamment dans la mise sous contrainte de la ville.
 
De votre côté, quels seront les principaux chantiers que vous souhaiteriez porter ?
Nous voulons tout d'abord remettre l'identité ajaccienne au cœur du débat. C’est le pilier central de mon projet. Il y a ensuite de grands axes que l'on va détailler tout au long de la campagne avec des réponses adaptées, pragmatiques et chiffrées. Le premier axe sera évidemment le logement et la revitalisation du centre-ville avec des outils concrets pour transformer la ville, pour répondre à la crise du logement et à la dévitalisation que connaît notre centre-ville depuis de trop nombreuses années. Cela peut être notamment l'acquisition des immeubles vacants ou dégradés avec des fonds de rénovation qui peuvent être captés, cela peut être évidemment passer par la remise sur le marché de logements permanents notamment pour permettre aux classes moyennes et aux plus jeunes de se loger. C'est aussi évidemment travailler sur des partenariats publics privés pour acquérir du foncier économique pour permettre aux commerçants de se réinstaller dans le centre-ville, c'est avoir une charte commerciale et paysagère qui permette d'avoir véritablement un centre-ville au niveau économique qui nous corresponde, et pas un centre-ville franchisé que l'on pourrait retrouver dans n'importe quelle ville moyenne française. Deuxième pilier important, les mobilités et infrastructures. Aujourd'hui le centre-ville est asphyxié par les problématiques de stationnement et de déplacements urbains. Je proposerai notamment une refonte des entrées de ville, de développer les trams-trains urbains en partenariat avec la Collectivité de Corse, de déplacer la voie ferrée pour que les deux passages à niveau arrêtent de couper l'axe principal de la ville, mais aussi de renforcer les pôles multimodaux et le principe des navettes fluviales notamment au niveau de Campo dell’Oro et de l'entrée de ville. Troisième axe, ce sera la sécurité et la tranquillité publique qui doivent être la première des libertés, notamment dans les quartiers les plus populaires. C'est redonner à la police municipale sa vocation de véritable police de proximité et pas uniquement de police de verbalisation des automobilistes et donc ne plus laisser surtout ces sujets-là à l'extrême droite et au Rassemblement National. Enfin, un autre pilier essentiel et majeur de notre projet sera l'éducation et la jeunesse.