Michel Castellani, député nationaliste de la 1ère circonscription de Haute-Corse, membre du groupe LIOT.
- Dans quel état d’esprit avez-vous repris les discussions sur le budget 2026 ?
- En décembre, il n’y a pas eu d’accord sur le projet de loi de finance 2026. Donc, on est tombé sous le régime de loi spéciale qui permet au gouvernement de gérer les affaires courantes et d’emprunter - ce qui n’est pas très bon d’ailleurs ! -, mais qui ne permet pas d’actualiser le budget. Par exemple, la loi de programmation militaire, qui apparaît comme une nécessité, est gelée, alors qu’elle a été votée. Le barème de l’impôt n’est pas réactualisé, ce qui durcit son poids, surtout pour les gens les plus modestes. C’est pour cela qu’il fallait procéder au plus vite au réexamen du texte. C’est ce que nous faisons depuis jeudi matin en Commission des finances. Fort heureusement, le budget de la sécurité sociale est passé, parce que ça aurait posé d’énormes problèmes au système de santé, notamment au financement des hôpitaux.
- Sur quel texte exactement discutez-vous ?
- Nous examinons le texte qui nous revient du Sénat dans le système dit de l’entonnoir, c’est-à-dire que nous discutons sur les articles sur lesquels il n’y a pas eu d’accord entre les députés et les sénateurs. Comme ce sont les articles les plus nombreux, c’est un travail énorme. Nous avons plus de 600 amendements à examiner et tout le système à revoir : les dettes, les dépenses… En fait, on balaye tout et on recommence tout de zéro. Pour l’instant, le texte propose 535 milliards € de recettes et 673 milliards € de dépenses, c’est-à-dire 138 milliards € de déficit supplémentaire. Et donc on roule tranquillement vers 3500 milliards € d’endettement général. C’est un désastre ! Vu la faiblesse de la croissance économique, le déficit énorme du commerce extérieur de la France, le vieillissement de la population, l’atmosphère de guerre qui règne en Europe et dans le monde, sans oublier l’instabilité, c’est désastreux et ça se paye en termes de taux d’intérêt.
- C’est-à-dire ?
- Je rappelle qu’il y a un an, pour les emprunts à 10 ans, les taux d’intérêt étaient à 2,91 %, ils sont actuellement à 3,57 %. Lorsque ces taux portent sur des sommes colossales, comme c’est le cas avec la dette de la France, nous payons des dizaines de milliards d’impôts, uniquement pour enrichir les fonds de pension américains ou les gens qui détiennent les obligations d’Etat partout dans le monde. Ces impôts ne rapportent rien, ni dans nos écoles, ni aux hôpitaux... Les emprunts à long terme sont passés à 4,5 %, ce qui veut dire que le record de 2011 est battu en termes de taux d’intérêt. C’est vraiment une situation très difficile que nous vivons et que nous avons à examiner. Il s’agit, pour nous, d’essayer, même pas de rééquilibrer, mais de freiner le dérapage. François Bayrou avait imposé 43,8 milliards € d’économie, on constate maintenant que ça ne suffit pas. Le déficit atteint 5,2 % alors que Bruxelles impose 4,9 %. Vu de loin, 0,3 % ne semble pas grave, mais cela veut dire qu’il faut faire encore 9 milliards € d’économie. C’est tout le débat que nous avons : où prendre l’argent ? Comment freiner la déroute ?
- Dans ce contexte, pensez-vous que ces nouvelles discussions pourront aboutir ?
- Il y a, en fait, deux politiques qui s’affrontent classiquement et qui sont difficilement compatibles. D’une part, la politique du courant libéral, majoritaire au Sénat, qui consiste à couper les dépenses, d’autre part, le courant progressiste d’une partie de l’assemblée nationale qui veut une politique de relance. Cet affrontement a fait échouer le budget en décembre. Ces deux approches persistent et les débats sont énormes en Commission des finances.
- Quelle est votre position ?
- Je défends la position du groupe LIOT, c’est-à-dire une politique basée sur la maîtrise d’un certain nombre de dépenses dont la nécessité et l’évidence ne sautent pas aux yeux, par exemple, certaines aides aux entreprises, certaines aides aux ménages employeurs ou encore le financement d’agences qui ne servent strictement à rien… Une politique basée aussi sur la définition que nous avons des rentrées fiscales. Nous avons proposé des amendements de redéfinition du barème de l’impôt qui privilégierait évidemment les gens les plus modestes, une taxe sur l’économie spéculative et financière, une taxe sur les GAFAM. On vient de faire adopter un amendement sur les entreprises qui font plus d'un milliard d’euros de chiffre d'affaires, il a fallu batailler, expliquer… Nous posons également la question des rachats d’actions. En France, les dividendes sont taxés à 30 %, les rachats d’action à zéro. C’est un problème parce que les rachats d’action sont aussi une façon très directe de contourner l’impôt. C’est toute une bataille que nous menons avec le groupe LIOT, comme d’ailleurs nous l’avons mené sur les retraites.
- L’équation ne semble-t-elle pas insoluble ?
- Oui ! Nous sommes dans une situation de contraintes extrêmes. C’est pour cela qu’il faut une politique de moindre mal, qu’il faut essayer de gérer les choses, non pas de façon idéologique, mais avec la volonté d’être rigoureux - parce que, comme je l’ai dit, le dérapage est un désastre collectif – et avec, en même temps, la nécessité d’être solidaire. Il ne faut jamais oublier qu’il y a des situations sociales extrêmement différentes et que beaucoup de gens souffrent et sont vraiment en difficulté quotidienne, il faut en tenir compte. Un député, ce n'est pas seulement quelqu’un qui se bat pour arracher de l’argent pour sa circonscription, c’est aussi quelqu’un qui doit avoir le souci de façonner une société. Quand je bataille pour le crédit d’impôt Corse, les 60 millions d’euros de la continuité territoriale, il faut que je le fasse, et je le fais. Mais, en même temps, la partie noble de mon travail est ailleurs. Elle est sur la reconnaissance de nos valeurs communes, de la Corse, de son histoire, de sa langue, de ses traditions, de ce qu’il faut préserver comme solidarité sociale, comme sens commun de la vie, de ce que nous ont laissé nos ancêtres. C’est tous ces pions qu’il faut faire avancer en même temps.
- Justement sur les votes concernant la Corse, vous faudra-t-il rebatailler ?
- Sur la Corse, c’est assez simple parce que j’ai traité directement avec Matignon. J’ai obtenu la garantie, en tous cas disons la promesse, qu’on ne toucherait pas aux 60 millions € de rallonge de la dotation de continuité territoriale qui sont indispensables aux transports de la Corse. Ils seront bien inscrits dans le texte de loi. Je pense qu’on ira vers un 49-3 et que ce sera le gouvernement qui, in fine, aura le choix de ce qu’il va inscrire ou pas dans le budget. De cette façon, nous aurons préservé les 60 millions €. J’ai obtenu aussi la promesse que les 4 millions € de la Chambre de commerce (CCI) seront versés. La CCI de Corse ne dépend plus depuis le 1er janvier de CCI France, puisqu’elle a été absorbée par la Collectivité de Corse. L’amendement, que j’ai déposé, demande que les 4 millions € soient versés, non plus à la CCI, puisque ce n’est pas possible, mais à la Collectivité de Corse qui, elle, les reversera à la CCI. Je n’ai, par contre, obtenu aucune garantie sur le crédit d’impôt Corse dont j’avais fait voté la prolongation en décembre dernier. Il fonctionnera jusqu’à décembre 2027, j’avais demandé son prolongement jusqu’en 2030. J’ai redéposé l’amendement tout en étant assez pessimiste, je ne pensais pas réussir, cette fois-ci, à le sauver. Nous avons arbitré, et j’ai gagné un an. Le crédit d’impôt est prolongé jusqu’à décembre 2028. C’est quand même 170 millions € par an pour la Corse.
- Vous évoquez le 49-3, cela veut-il dire que vous ne croyez pas à la possibilité de trouver un accord pour voter le budget ?
- Je n’en sais rien. On verra. Nous avons eu une longue réunion à Bercy mercredi pour essayer de trouver les termes d’un accord. Tout le monde comprend qu’être en déshérence a un coût social et collectif énorme. Il y a dans tous les groupes, excepté les deux groupes extrêmes, la volonté de discuter et d’essayer de trouver des compromis, même chez les Socialistes et les Républicains. C’est pour cela que nous discutons beaucoup, à l’heure actuelle, en Commission des finances, sur chaque article. C’est très long, nous avançons péniblement, mais nous essayons d’avancer de façon justement à sortir un budget. Je pense que nous discuterons tout le week-end. L’examen en séance publique débutera mardi après-midi. Il est difficile de savoir quelle sera la durée des débats, elle sera probablement longue. Si, au final, le budget ne sort pas, on restera sous loi spéciale pendant plusieurs mois, et ce n’est pas bon du tout parce que tout sera bloqué.
- Dans ce cas, seriez-vous favorable à l’activation du 49-3 ?
- Nous avons, avec le groupe LIOT, vu Sébastien Lecornu en privé, et nous lui avons demandé d’activer le 49-3. Les Socialistes et une partie des Républicains ont plaidé aussi dans ce sens. Je lui ai expliqué clairement que, pour nous, c’était une porte de sortie. Bien définir un budget à l’avance, c’est ce que nous sommes en train de faire, mais si, in fine, il n’y a pas d’autres solutions, il faudra passer par un 49-3 qui intègre toutes les décisions communes qui ont été prises par les différents groupes. Lorsque je lui ai parlé, le Premier ministre n’était pas sur cette base-là. Peut-être va-t-il évoluer puisque beaucoup de gens le lui demandent ? On verra bien.
- S’il active le 49-3, le Premier ministre ne prend-t-il pas le risque du vote d’une notion de censure ?
- Je crois qu’il y a une majorité à l’Assemblée nationale sur une base de promesse de non-censure. Une partie de l’hémicycle a conscience du désastre que constitue l’instabilité, ne fusse qu’en matière financière, parce que chaque instabilité provoque une augmentation immédiate des taux d’intérêt. Comme je vous l’ai déjà dit, l’endettement de la France atteint 3500 milliards €. Il faut comprendre que le service de la dette est supérieur au budget de la sécurité ou au budget de la justice et est même largement au-dessus du budget des infrastructures. On marche sur la tête ! Les gens, qui visent encore à créer de l’instabilité, sont complètement inconséquents en termes de bien public.
Propos recueillis par Nicole MARI.
- En décembre, il n’y a pas eu d’accord sur le projet de loi de finance 2026. Donc, on est tombé sous le régime de loi spéciale qui permet au gouvernement de gérer les affaires courantes et d’emprunter - ce qui n’est pas très bon d’ailleurs ! -, mais qui ne permet pas d’actualiser le budget. Par exemple, la loi de programmation militaire, qui apparaît comme une nécessité, est gelée, alors qu’elle a été votée. Le barème de l’impôt n’est pas réactualisé, ce qui durcit son poids, surtout pour les gens les plus modestes. C’est pour cela qu’il fallait procéder au plus vite au réexamen du texte. C’est ce que nous faisons depuis jeudi matin en Commission des finances. Fort heureusement, le budget de la sécurité sociale est passé, parce que ça aurait posé d’énormes problèmes au système de santé, notamment au financement des hôpitaux.
- Sur quel texte exactement discutez-vous ?
- Nous examinons le texte qui nous revient du Sénat dans le système dit de l’entonnoir, c’est-à-dire que nous discutons sur les articles sur lesquels il n’y a pas eu d’accord entre les députés et les sénateurs. Comme ce sont les articles les plus nombreux, c’est un travail énorme. Nous avons plus de 600 amendements à examiner et tout le système à revoir : les dettes, les dépenses… En fait, on balaye tout et on recommence tout de zéro. Pour l’instant, le texte propose 535 milliards € de recettes et 673 milliards € de dépenses, c’est-à-dire 138 milliards € de déficit supplémentaire. Et donc on roule tranquillement vers 3500 milliards € d’endettement général. C’est un désastre ! Vu la faiblesse de la croissance économique, le déficit énorme du commerce extérieur de la France, le vieillissement de la population, l’atmosphère de guerre qui règne en Europe et dans le monde, sans oublier l’instabilité, c’est désastreux et ça se paye en termes de taux d’intérêt.
- C’est-à-dire ?
- Je rappelle qu’il y a un an, pour les emprunts à 10 ans, les taux d’intérêt étaient à 2,91 %, ils sont actuellement à 3,57 %. Lorsque ces taux portent sur des sommes colossales, comme c’est le cas avec la dette de la France, nous payons des dizaines de milliards d’impôts, uniquement pour enrichir les fonds de pension américains ou les gens qui détiennent les obligations d’Etat partout dans le monde. Ces impôts ne rapportent rien, ni dans nos écoles, ni aux hôpitaux... Les emprunts à long terme sont passés à 4,5 %, ce qui veut dire que le record de 2011 est battu en termes de taux d’intérêt. C’est vraiment une situation très difficile que nous vivons et que nous avons à examiner. Il s’agit, pour nous, d’essayer, même pas de rééquilibrer, mais de freiner le dérapage. François Bayrou avait imposé 43,8 milliards € d’économie, on constate maintenant que ça ne suffit pas. Le déficit atteint 5,2 % alors que Bruxelles impose 4,9 %. Vu de loin, 0,3 % ne semble pas grave, mais cela veut dire qu’il faut faire encore 9 milliards € d’économie. C’est tout le débat que nous avons : où prendre l’argent ? Comment freiner la déroute ?
- Dans ce contexte, pensez-vous que ces nouvelles discussions pourront aboutir ?
- Il y a, en fait, deux politiques qui s’affrontent classiquement et qui sont difficilement compatibles. D’une part, la politique du courant libéral, majoritaire au Sénat, qui consiste à couper les dépenses, d’autre part, le courant progressiste d’une partie de l’assemblée nationale qui veut une politique de relance. Cet affrontement a fait échouer le budget en décembre. Ces deux approches persistent et les débats sont énormes en Commission des finances.
- Quelle est votre position ?
- Je défends la position du groupe LIOT, c’est-à-dire une politique basée sur la maîtrise d’un certain nombre de dépenses dont la nécessité et l’évidence ne sautent pas aux yeux, par exemple, certaines aides aux entreprises, certaines aides aux ménages employeurs ou encore le financement d’agences qui ne servent strictement à rien… Une politique basée aussi sur la définition que nous avons des rentrées fiscales. Nous avons proposé des amendements de redéfinition du barème de l’impôt qui privilégierait évidemment les gens les plus modestes, une taxe sur l’économie spéculative et financière, une taxe sur les GAFAM. On vient de faire adopter un amendement sur les entreprises qui font plus d'un milliard d’euros de chiffre d'affaires, il a fallu batailler, expliquer… Nous posons également la question des rachats d’actions. En France, les dividendes sont taxés à 30 %, les rachats d’action à zéro. C’est un problème parce que les rachats d’action sont aussi une façon très directe de contourner l’impôt. C’est toute une bataille que nous menons avec le groupe LIOT, comme d’ailleurs nous l’avons mené sur les retraites.
- L’équation ne semble-t-elle pas insoluble ?
- Oui ! Nous sommes dans une situation de contraintes extrêmes. C’est pour cela qu’il faut une politique de moindre mal, qu’il faut essayer de gérer les choses, non pas de façon idéologique, mais avec la volonté d’être rigoureux - parce que, comme je l’ai dit, le dérapage est un désastre collectif – et avec, en même temps, la nécessité d’être solidaire. Il ne faut jamais oublier qu’il y a des situations sociales extrêmement différentes et que beaucoup de gens souffrent et sont vraiment en difficulté quotidienne, il faut en tenir compte. Un député, ce n'est pas seulement quelqu’un qui se bat pour arracher de l’argent pour sa circonscription, c’est aussi quelqu’un qui doit avoir le souci de façonner une société. Quand je bataille pour le crédit d’impôt Corse, les 60 millions d’euros de la continuité territoriale, il faut que je le fasse, et je le fais. Mais, en même temps, la partie noble de mon travail est ailleurs. Elle est sur la reconnaissance de nos valeurs communes, de la Corse, de son histoire, de sa langue, de ses traditions, de ce qu’il faut préserver comme solidarité sociale, comme sens commun de la vie, de ce que nous ont laissé nos ancêtres. C’est tous ces pions qu’il faut faire avancer en même temps.
- Justement sur les votes concernant la Corse, vous faudra-t-il rebatailler ?
- Sur la Corse, c’est assez simple parce que j’ai traité directement avec Matignon. J’ai obtenu la garantie, en tous cas disons la promesse, qu’on ne toucherait pas aux 60 millions € de rallonge de la dotation de continuité territoriale qui sont indispensables aux transports de la Corse. Ils seront bien inscrits dans le texte de loi. Je pense qu’on ira vers un 49-3 et que ce sera le gouvernement qui, in fine, aura le choix de ce qu’il va inscrire ou pas dans le budget. De cette façon, nous aurons préservé les 60 millions €. J’ai obtenu aussi la promesse que les 4 millions € de la Chambre de commerce (CCI) seront versés. La CCI de Corse ne dépend plus depuis le 1er janvier de CCI France, puisqu’elle a été absorbée par la Collectivité de Corse. L’amendement, que j’ai déposé, demande que les 4 millions € soient versés, non plus à la CCI, puisque ce n’est pas possible, mais à la Collectivité de Corse qui, elle, les reversera à la CCI. Je n’ai, par contre, obtenu aucune garantie sur le crédit d’impôt Corse dont j’avais fait voté la prolongation en décembre dernier. Il fonctionnera jusqu’à décembre 2027, j’avais demandé son prolongement jusqu’en 2030. J’ai redéposé l’amendement tout en étant assez pessimiste, je ne pensais pas réussir, cette fois-ci, à le sauver. Nous avons arbitré, et j’ai gagné un an. Le crédit d’impôt est prolongé jusqu’à décembre 2028. C’est quand même 170 millions € par an pour la Corse.
- Vous évoquez le 49-3, cela veut-il dire que vous ne croyez pas à la possibilité de trouver un accord pour voter le budget ?
- Je n’en sais rien. On verra. Nous avons eu une longue réunion à Bercy mercredi pour essayer de trouver les termes d’un accord. Tout le monde comprend qu’être en déshérence a un coût social et collectif énorme. Il y a dans tous les groupes, excepté les deux groupes extrêmes, la volonté de discuter et d’essayer de trouver des compromis, même chez les Socialistes et les Républicains. C’est pour cela que nous discutons beaucoup, à l’heure actuelle, en Commission des finances, sur chaque article. C’est très long, nous avançons péniblement, mais nous essayons d’avancer de façon justement à sortir un budget. Je pense que nous discuterons tout le week-end. L’examen en séance publique débutera mardi après-midi. Il est difficile de savoir quelle sera la durée des débats, elle sera probablement longue. Si, au final, le budget ne sort pas, on restera sous loi spéciale pendant plusieurs mois, et ce n’est pas bon du tout parce que tout sera bloqué.
- Dans ce cas, seriez-vous favorable à l’activation du 49-3 ?
- Nous avons, avec le groupe LIOT, vu Sébastien Lecornu en privé, et nous lui avons demandé d’activer le 49-3. Les Socialistes et une partie des Républicains ont plaidé aussi dans ce sens. Je lui ai expliqué clairement que, pour nous, c’était une porte de sortie. Bien définir un budget à l’avance, c’est ce que nous sommes en train de faire, mais si, in fine, il n’y a pas d’autres solutions, il faudra passer par un 49-3 qui intègre toutes les décisions communes qui ont été prises par les différents groupes. Lorsque je lui ai parlé, le Premier ministre n’était pas sur cette base-là. Peut-être va-t-il évoluer puisque beaucoup de gens le lui demandent ? On verra bien.
- S’il active le 49-3, le Premier ministre ne prend-t-il pas le risque du vote d’une notion de censure ?
- Je crois qu’il y a une majorité à l’Assemblée nationale sur une base de promesse de non-censure. Une partie de l’hémicycle a conscience du désastre que constitue l’instabilité, ne fusse qu’en matière financière, parce que chaque instabilité provoque une augmentation immédiate des taux d’intérêt. Comme je vous l’ai déjà dit, l’endettement de la France atteint 3500 milliards €. Il faut comprendre que le service de la dette est supérieur au budget de la sécurité ou au budget de la justice et est même largement au-dessus du budget des infrastructures. On marche sur la tête ! Les gens, qui visent encore à créer de l’instabilité, sont complètement inconséquents en termes de bien public.
Propos recueillis par Nicole MARI.
-
Incendie d'un bar en Suisse : un des propriétaires, Jacques Moretti, placé en détention préventive
-
Météo - La Corse en vigilance jaune "vents violents"
-
Coupe de France : Sporting-Troyes à Furiani pour une place en 8e de finale
-
Ajaccio : rassemblement de protestation contre l’intervention américaine au Venezuela
-
Un deuxième homme écroué dans l'enquête sur le meurtre de Chloé










Envoyer à un ami
Version imprimable





