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Manque d’effectif dans la police : en Corse les syndicats tirent la sonnette d’alarme


Vincent Marcelli le Mercredi 12 Janvier 2022 à 18:28

Bruno Bartoccetti, secrétaire national Zone Sud de l’Unité SGP Police était à Ajaccio afin de rencontrer ses homologues régionaux ainsi que les différents responsables locaux de la Sécurité Publique. Au coeur du problème, des effectifs réduits comme une peau de chagrin mettant lourdement en question la sécurité des agents et de la population…



De gauche à droite: Bruno Bartoccetti, Pierre Azema et Jean-Louis Vadella - Photo Michel Luccioni
De gauche à droite: Bruno Bartoccetti, Pierre Azema et Jean-Louis Vadella - Photo Michel Luccioni



« C’est un appel au secours que l’on lance ! » Sur un ton ferme, Bruno Bartoccetti, secrétaire national Zone Sud de l’Unité SGP Police explique sa visite dans la Cité Impériale. Il n’est nullement question de courtoisie mais, bien au contraire, de jeter un pavé dans la mare ! « Ce n’est pas la première fois que je viens ici, souligne-t-il, cette fois, j’ai répondu à l’alerte lancée par les représentants de l’Unité SGP Police d’Ajaccio et de l’ensemble de l’île. » 

À ses côtés, Pierre Azema, représentant du personnel, Unité SGP Police du commissariat d’Ajaccio et Jean-Louis Vadella, secrétaire départemental Haute-Corse et régional de l’Unité.
 
Une carence d’une vingtaine d’agents

« À Ajaccio, la situation actuelle est catastrophique en termes d’effectifs, peste Bruno Bartoccetti, Ajaccio totalise moins de 150 agents, tous services confondus, il en manque, à minima 20 et plus d’une trentaine pour assurer au mieux, le service public. » Un service public qui, au contraire, semble pâtir de cette cette carence. « La sécurité des agents mais aussi celle des habitants est remise en question, déplore Pierre Azema, on est dans l’impossibilité de remplir correctement nos missions. »

Pour autant, les différentes mesures gouvernementales de l’actuel quinquennat font état d’une hausse de 10 000 policiers depuis 2017. Une mesure mise en place par Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, pour renforcer les villes dites à forte sensibilité...S’il n’est pas vraiment question de zones de ce type en Corse - quoique les événements de décembre 2015, la rixe de Sisco en 2017 et différentes autres altercations semblent inquiétantes - la Corse et plus particulièrement la ville d’Ajaccio n’ont pu tirer aucun profit de cette mesure. «Sur les trois dernières années, ajoute le représentant du personnel, nous avons enregistré 4 arrivées pour une quinzaine de départs. Résultat, les patrouilles se font à deux, les effectifs sont au plus bas, ce qui est dangereux. On est très inquiet pour l’avenir du service public. »

Pour argumenter les propos et justifier les craintes du Syndicat, Bruno Bartoccetti livre quelques chiffres. « À Béziers qui compte à peu près le même nombre d’habitants qu’Ajaccio, on dénombre 200 agents. À Montpellier, trois fois plus important (220 000 habitants), on en compte près de 550. En outre, il est facile, sur le Continent, de faire appel à d’éventuels renforts si le besoin s’en fait ressentir. La proximité des villes avoisinantes facilite leur accès. En Corse, les renforts viennent de Bastia et il faut compter près de deux heures à un camion pour arriver à Ajaccio »
 
Une situation alarmante

Autre point, souligné cette fois par Jean-Louis Vadella, secrétaire départemental et régional Unité SGP Police, des effectifs qui se réduisent également au niveau des gendarmes mobiles. « On est content qu’ils puissent le cas échéant nous renforcer, explique-t-il, mais les deux compagnies d’Ajaccio et de Bastia sont diminuées de moitié en effectif. Il est vital, pour l’avenir de la profession, de donner plus de moyen à la justice... Entre les procédures, de plus en plus lourdes, les dossiers en attente et les prescriptions, les enquêteurs n’ont pas les moyens de travailler. À cela s’ajoute les détenus hospitalisés qui mobilisent des agents. Tout cela est alarmant. C’est un véritable SOS qui est lancé... »

Pierre Azema se souvient encore de décembre 2015 aux Jardins de l’Empereur. « On était peu nombreux et il a fallu grenader pour sortir du quartier. Aujourd’hui, on n’est pas suffisamment pourvus humainement pour répondre à ce type d’agression. Tout peut arriver... »

Les trois responsables ont rencontré les directions concernées (Sécurité Publique, Paf, Police Judiciaire), une réunion était prévue ce mercredi 12 janvier avec le coordonnateur de la Sécurité Publique afin de faire monter au plus haut, ces revendications. Des réunions avec Laurent Marcangeli, maire d’Ajaccio et Jean-Jacques Ferrara, député de la ère circonscription de la Corse-du-Sud figurent également à l’ordre du jour. « On n’en veut pas aux directions, ajoute Bruno Bartoccetti, on n’a pas anticipé les départs à la retraite et fait au coup par coup pendant des années. Aujourd’hui, nous sommes fatigués d’entendre les élus de la République tenir le même discours depuis 40 ans ! Ils travaillent sur le court terme et sont tous laxistes. »

Jean-Louis Vadella conclut : « On évoque la reconquête républicaine des quartiers. Mais avant de les reconquérir, il faudrait plutôt songer à pas les abandonner. »
 

Photo Michel Luccioni
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