C’est une découverte majeure pour la compréhension de l’histoire de l’ancienne cité romaine de Mariana. À Lucciana, les fouilles archéologiques menées depuis le début du mois de janvier par l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) sur le site de l’église San Parteo ont permis de mettre au jour ou de confirmer l’existence d’une cinquantaine de sépultures, témoignant d’une occupation funéraire de cette ancienne église paléochrétienne entre la fin de l’Antiquité et le milieu du Moyen Âge.
Menée durant cinq semaines par une équipe de trois à quatre archéologues, cette fouille préventive s’inscrit en amont d’un projet de mise en valeur de l’édifice, porté par la municipalité. « C’est le deuxième maillon de notre parc archéologique avec la cathédrale de la Canonica qui a déjà fait l’objet d’une restauration », explique José Galletti, maire de la commune. « Le même travail est prévu ici avec la mise en place de passerelles à l’intérieur pour mettre en évidence les fouilles réalisées. Le but est de relier les zones pour que les visiteurs, après la visite du musée, puissent s’imprégner de ce qu’était la ville de Mariana. »
Les fouilles ont d’abord permis de vérifier l’état des vestiges déjà mis au jour dans les années 1950 par Geneviève Moracchini-Mazel. « Notre objectif était de faire un constat de l’état des vestiges retrouvés à l’époque, qui avaient été restaurés et stabilisés, tout en augmentant la connaissance sur cet édifice », détaille Patrick Ferreira, responsable de l’opération pour l’Inrap. Les recherches ont ainsi permis de confirmer l’existence d’une église paléochrétienne à trois nefs, dont le plan avait été partiellement établi lors des précédentes fouilles.
Mais c’est surtout autour et à l’intérieur de l’édifice que les fouilles ont livré des surprises. Au moins cinquante sépultures ont été recensées, certaines datant de la fin de l’Antiquité, d’autres du milieu du Moyen Âge. « On était à une quarantaine, et aujourd’hui on en a encore une dizaine de plus, et on sait que ça s’étend encore au-delà du site. Même à l’intérieur de l'édifice, on sait qu'il y a encore des vestiges et notamment des sépultures à découvrir. Ça nous permet de retracer une histoire assez complète entre la fin du IVe siècle et le XIIIe ou XIVe siècle », souligne Patrick Ferreira.
Des questions toujours en suspens
Malgré le nombre de sépultures mises au jour, de nombreuses questions restent aujourd’hui en suspens. « On a une multiplicité d'architectures, au moins cinq ou six différentes : ça va de l’inhumation la plus simple en pleine terre jusqu'à ce qu'on appelle des hyperstructures avec des constructions maçonnées, assez profondes, une technique plus complexe », indique Patrick Ferreira. « Ça pose des questions sur la chronologie, mais aussi sur l'origine parce que certaines tombes sont inédites en Corse, et même dans l'environnement proche comme en Italie, on ne connaît pas forcément ce type d'architecture. »
L’identité des personnes inhumées sur le site reste également inexpliquée. « Il y a la position des morts dans l'église, avec des positions parfois privilégiées, ad sancto, au plus proche du cœur, et d’autres en périphérie. Il y a peu d’études sur San Parteo, qui est un site exceptionnel au niveau architectural et au niveau funéraire, et finalement, il y a encore beaucoup de questions qui se posent sur les sépultures et le cimetière. Mais on peut clairement dire qu’on a quasiment 1 000 ans d’histoire sous nos pieds. »
Le but, pour les archéologues, est de mieux comprendre l’organisation du territoire autour de l’ancienne cité de Mariana. « L’idée des programmes de recherche qu'on a initiés récemment, c'est d'essayer de mieux comprendre comment s'organise le territoire entre le Ve et le XVe siècle : où habitaient les gens, comment ils circulaient, où ils allaient… C'est vrai qu’en partant d’un site archéologique, notamment d’une église, parce que c'est un élément qui marque bien le paysage, on essaye de rayonner de manière un peu plus large et de comprendre comment s'organise le territoire. »
À l’occasion des découvertes effectuées sur le site de l’église San Parteo, l’Inrap organise une journée portes-ouvertes gratuite ce samedi 7 février de 9h à 12h45 et de 14h à 17h sur le chantier « afin de partager au plus grand nombre les découvertes réalisées ». La réservation n'est pas obligatoire, mais elle est conseillée. Pour plus d'informations.
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