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Le gouvernement "prêt à aller jusqu’à l’autonomie" de la Corse annonce Gérald Darmanin


La rédaction avec AFP le Mardi 15 Mars 2022 à 22:45

Dans un entretien accordé à Corse-Matin, Gérald Darmanin se dit "prêt à aller jusqu’à l’autonomie" de la Corse. Le ministre de l’Intérieur, qui sera en visite sur l'ile mercredi et jeudi, reconnaît également une "responsabilité de l’État" à propos de l’agression d’Yvan Colonna en prison.



Gérald Darmanin
Gérald Darmanin
"Nous sommes prêts à aller jusqu'à l'autonomie" pour la Corse, a affirmé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin au quotidien Corse-Matin, à la veille de son arrivée dans en Corse, en proie à la violence depuis l'agression en prison d'Yvan Colonna.

Mais le préalable à toute discussion autour du futur statut institutionnel de l'île de Beauté est le retour au calme, a insisté le ministre, qui sera en Corse mercredi et jeudi: "Il ne peut pas y avoir de dialogue sincère en démocratie sous la pression des bombes agricoles et la présence, ou l'omniprésence, des forces de l'ordre", a-t-il déclaré, selon quelques extraits d'un entretien avec le journal publié par celui-ci sur son site internet.

"Nous sommes prêt à aller jusqu'à l'autonomie. Après, la question est de savoir ce qu'est cette autonomie. Il faut qu'on en discute", a précisé le locataire de la place Beauvau dans une interview qui sera publiée en intégralité mercredi 16 mars dans la version papier du journal corse. Cette question institutionnelle "sera logiquement engagée pendant le second mandat" du président Macron, s'il devait être réélu, a-t-il précisé.

Une responsabilité de l'Etat
Dans cet entretien, Gérald Darmanin reconnaît également une part de "responsabilité" de l'Etat dans l'agression d'Yvan Colonna le 2 mars à la maison centrale d'Arles: "Il y a une responsabilité de l'Etat en tant que protecteur des personnes qui sont sous sa responsabilité, en l'occurrence des prisonniers", dit-il, en s'engageant à faire "la vérité sur ce qui est arrivé" au militant indépendantiste dans la prison où il purgeait une peine à perpétuité pour sa participation à l'assassinat du préfet Erignac en 1998 à Ajaccio.


De nouveaux rassemblements ce mardi 
Mardi, avec des rassemblements devant les préfectures, les nationalistes corses ont maintenu la pression sur le gouvernement, dans un contexte toujours explosif illustré par une polémique sur une supposée partialité des pompiers.
Mas la soirée est restée relativement calme, avec quelque 300 personnes réunies à Ajaccio et environ 200 à Bastia, où les manifestants ont incendié un tas de palettes en bois devant la préfecture.
Plus tôt dans la journée, c'est le secrétaire général du syndicat des commissaires de police (SNCP UNSA), David Le Bars, qui avait mis le feu aux poudres, sur Cnews, en accusant des pompiers corses de ne pas être intervenus dimanche pour soutenir des policiers blessés, et ce pour des raisons idéologiques.
Lors de cette manifestation à Bastia en soutien d'Yvan Colonna, qui avait réuni des milliers de personnes, 7.000 selon les autorités, 15.000 selon les organisateurs, les échauffourées avaient rapidement viré à l'émeute. Au point de faire 102 blessés, dont 77 membres de forces de l'ordre, selon le dernier bilan du procureur de Bastia Arnaud Viornery dressé ce mardi 15 mars.
Après deux semaines de grande tension et de violence, la visite du ministre de l'Intérieur est très attendu par des responsables nationalistes qui attendent enfin une "véritable solution politique" pour la Corse.